Définition et facteurs favorisants de la goutte

20 septembre 2018
La goutte est une maladie chronique fréquente qui résulte de dépôts de microcristaux d’acide urique dans les articulations et les tissus environnants. L’âge, l’association à d’autres maladies chroniques, les habitudes alimentaires et le surpoids font partie des principaux facteurs favorisants.

Qu’est-ce que la goutte ?

La goutte est une maladie chronique due à la présence d’un excès d’acide urique dans le sang ; on parle d’hyperuricémie. Des microcristaux d’acide urique peuvent alors se déposer dans les articulations et les tissus qui l’entourent, créant une inflammation ou arthropathie inflammatoire. La goutte se manifeste par la survenue de poussés inflammatoires articulaires appelées « crises de goutte ».

La goutte fait partie des arthropathies microcristallines, également appelées rhumatismes microcristallins. Il existe d’autres arthropathies de ce type comme la chondrocalcinose et l’apatite dues à des dépôts de cristaux contenant du calcium.

La goutte : une maladie fréquente

La goutte est l’arthropathie inflammatoire la plus fréquente dans les pays occidentaux. Le nombre de personnes atteintes de cette maladie est estimé à 0,9 % de la population française en 2013. Ce nombre augmente avec l’âge et les hommes sont plus affectés que les femmes.

Goutte : un excès d’acide urique dans le sang (hyperuricémie)

L’acide urique est issu de la dégradation des purines présentes dans de nombreux aliments (aliments riches en protides, alcool, bière, boissons sucrées…). Il est ensuite éliminé par les reins, dans les urines.

La goutte résulte d’une augmentation anormale et chronique du taux d’acide urique dans le sang, qui s’explique par un apport alimentaire élevé en purines et surtout par un défaut d’élimination par les reins de l’acide urique.

Lorsque la concentration en acide urique excède la limite de solubilité, des cristaux d’acide urique (urate de sodium) se forment et se déposent dans les articulations et autour d’elles.

Ces dépôts d’acide urique dans les articulations ne sont toutefois pas toujours responsables de symptômes de goutte. Mais dans certains cas, ils entraînent une réaction inflammatoire se traduisant par la crise de goutte.

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Les facteurs favorisant la survenue de la goutte

Les facteurs de risques de la goutte sont multiples. Ils peuvent être génétiques, liés à l’âge ou encore aux comportements alimentaires et/ou sédentaires, voire être en lien avec une autre maladie ou la prise de certains médicaments.

Prédisposition génétique et goutte

Les cas de goutte peuvent être plus fréquents dans certaines familles. La goutte est alors due à un défaut d’élimination de l’acide urique (90 % des cas) lié génétiquement à des mutations.

Un apport excessif en purines aggrave le problème.

Âge et sexe de la personne

Avant 65 ans, la goutte est 4 fois plus fréquente chez l’homme que chez la femme et 3 fois plus fréquente après 65 ans.

Cependant, au cours de ces 20 dernières années, la fréquence de la goutte a doublé chez les femmes. En général, la goutte débute 10 ans plus tard chez la femme que chez l’homme et survient après la ménopause. Toutefois, les femmes ayant une ménopause précoce (avant 45 ans) peuvent présenter une goutte à un plus jeune âge.

Une alimentation riche en purines en cause dans la goutte

Les purines sont dégradées et éliminées dans les urines sous forme d’acide urique. Elles sont présentes dans l’alcool, la bière, les boissons sucrées riches en fructose, ou encore dans les aliments riches en protides tels que la viande (viande rouge, abats comme les ris de veau, la cervelle et le foie, la charcuterie) ou certains poissons (anchois, hareng). Une alimentation riche en purines favorise l'élévation du taux d'acide urique sanguin.

Certaines maladies chroniques en cause dans la goutte

Certaines pathologies favorisent l’apparition de la goutte :

La goutte peut aussi être favorisée en cas de renouvellement accéléré des cellules comme par exemple, en cas de cancer du sang ou de psoriasis.

Qu’est-ce que le syndrome métabolique ?

Une personne est atteinte du syndrome métabolique lorsqu’elle présente une obésité abdominale (un tour de taille > à 94 cm chez les hommes et > à 80 cm chez les femmes) et au moins 2 des facteurs suivants :

  • un taux élevé de triglycérides. Il est alors égal ou supérieur à 1,7 mmol/L, l’équivalent de 150 mg/dL.
  • un faible taux de cholestérol HDL, aussi appelé « bon » cholestérol. Il est alors inférieur à 1,03 mmol/L (40 mg/dL) chez un homme et à 1,29 mmol/L (50 mg/dL) chez une femme.
  • une hypertension artérielle. La tension artérielle, également appelée « pression » artérielle, est supérieure ou égale à 130 mmHg pour la pression artérielle systolique et à 85 mmHg pour la pression artérielle diastolique.
  • un taux élevé de glycémie veineuse. À jeun, ce taux est alors égal ou supérieur à 5,6 mmol/L (100 mg/L). C’est le diabète de type 2.

Prise de certains médicaments

Les médicaments diminuant l’élimination par les reins de l’acide urique peuvent être à l’origine de la goutte. C’est le cas de certains ou antihypertenseurs, l’acide acétylsalicylique à faible dose, la cyclosporine, le tacrolimus, les médicaments antituberculeux, etc.

Sources
  • Forster A, Krebs A. Arthropathies microcristallines – partie 1: goutte. Forum médical suisse. 2017;17(17):387–390
  • Collège français des enseignants de rhumatologie (CFER). Arthropathie microcristalline. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Paris, 2017 [consulté le 16 août 2018]
  • Chalès G, Coiffier G, Albert JD. Goutte. EMC - Appareil locomoteur 2017;12(3):1-20 [Article 14-270-A-10]
  • Bardin T. Estimation de la prévalence de la goutte en France en 2013 : résultat d’une enquête en population générale. 26e congrès français de rhumatologie 1er - 3 décembre 2013 [consulté le 16 août 2018]
  • Richette P, Doherty M, Pascual E, Barskova V, Becce F & al. 2016 updated EULAR evidence-based recommendations for the management of gout. Ann Rheum Dis. 2017;76:29-42 doi:10.1136/annrheumdis-2016-209707
  • Richette P, Bardin T. Épidémiologie de la goutte. La Lettre du Rhumatologue • No 384 - septembre 2012 [consulté le 16 août 2018]