Gonalgie : consultation médicale et traitements prescrits

21 mars 2017
Si vous ressentez une douleur au genou, essayez d’identifier ses caractéristiques (intensité, circonstances d’apparition, etc.) Observez aussi si vous présentez d’autres symptômes (ex. : blocage ou gonflement du genou). Ces éléments facilitent le diagnostic.

Analyser ses symptômes avant de consulter son médecin

Avant la consultation, il est utile de savoir décrire ses symptômes.

Repérer les caractéristiques de votre gonalgie est important, car cela va permettre de guider votre médecin traitant dans son diagnostic, de l'orienter dans le choix du traitement et d’évaluer son efficacité.

Pour mieux identifier la nature de votre affection, essayez de répondre aux questions suivantes.

Où siège précisément votre douleur du genou ?

Est–elle localisée à l’avant du genou (problème rotulien), sur les côtés (ménisques, ligaments), à l'arrière du genou ou est-elle étendue à tout le genou (possibilité d’une maladie inflammatoire, douleur de la hanche se manifestant jusque dans le genou) ?

Est–ce qu’elle diffuse vers la jambe ou la cuisse ?

Atteint–elle un seul genou, ou les deux ?

Quelle est son intensité ?

Est–elle faible, modérée, importante ou sévère, voire très sévère ou insupportable ? Son intensité varie–t–elle dans le temps ?

Quand survient–elle ?

Si votre douleur apparaît ou augmente à l'effort, à la marche ou en station debout prolongée, on la qualifie de "mécanique". Comme elle survient après un certain temps de mobilisation de l'articulation, elle se manifeste plus volontiers en fin de journée que le matin. Elle est calmée par le repos (position assise ou couchée), et ne vous réveille pas la nuit (sauf si vous changez de position). Par ailleurs, elle ne nécessite pas de long dérouillage matinal (temps requis pour que l’articulation enraidie s’assouplisse après la nuit).

En revanche, quand la douleur est permanente, quand elle vous réveille la nuit, elle est dite "inflammatoire". Elle ne s’estompe pas au repos et demande un dérouillage matinal prolongé (30–45 minutes).

Quand la gonalgie a–t–elle commencé et depuis combien de temps dure–t–elle ?

Le début a–t–il été brutal (sur quelques heures ou jours) ou progressif (sur quelques semaines, voire plusieurs mois) ? Si la douleur date :

  • de moins de trois semaines, elle est dite aiguë ;
  • de trois semaines à trois mois, on la qualifie de subaiguë ;
  • de plus de trois mois, elle devient chronique.

Qu’est-ce qui a déclenché la douleur du genou ?

Les facteurs à l’origine de vos gonalgies peuvent être très variés :

  • traumatisme,
  • effort inhabituel ou surmenage articulaire,
  • faux mouvement,
  • intervention chirurgicale,
  • séance de sport,
  • accroupissement,
  • montée d’escaliers,
  • marche à pied.

La gonalgie entraîne–t–elle une gêne dans les gestes et activités quotidiennes simples ?

Avez–vous mal au genou lorsque vous vous accroupissez, montez un étage, marchez sur une certaine distance ?

Une raideur du genou

Le genou ne peut pas être complètement fléchi ou étendu.

Des blocages du genou

Il en existe de deux types.

  • En cas de vrai blocage, vous pouvez fléchir votre genou mais vous ne pouvez plus étendre de nouveau la jambe. Toutefois, certaines manœuvres vous permettent de débloquer le genou. Qu’ils soient douloureux ou non, ces symptômes sont presque systématiquement le signe d’une lésion d’un ménisque dite "en anse de seau".
  • Le pseudoblocage (ou "faux blocage") correspond à une impossibilité de fléchir le genou à cause de la douleur. Si vous êtes concerné, vous ne pouvez plus ni fléchir ni étendre le genou (ou bien vous restez "bloqué" en extension complète). Ce symptôme se rencontre souvent dans les pathologies de la .

Une instabilité du genou et des dérobements

Vous avez une impression de "genou qui lâche" avec un risque de chute imminente, par exemple quand vous descendez des escaliers. Ce signe peut être révélateur d’une pathologie des ligaments, des muscles ou de la .

Un gonflement du genou ou "gros genou"

Ce symptôme est dû soit à un de synovie ( ) dans l’articulation, soit à un hygroma (inflammation d’une bourse séreuse).

La consultation en cas de gonalgie

Votre médecin traitant commence par vous interroger sur les caractéristiques de votre douleur et les circonstances de son apparition, les signes éventuels qui l’accompagnent et votre activité professionnelle.

Ensuite, il vous examine dans plusieurs postures.

Le médecin recherche un trouble statique (déséquilibre dans la posture debout) qui peut être dû à une déviation de l’axe de la jambe :

  • sur le côté, il s’agit d’un genu varum (genou proéminent vers l'extérieur) ou d’un genu valgum (genou proéminent vers l'intérieur) ;
  • vers l’avant, on parle de genu flexum (la personne garde les genoux un peu fléchis) ;
  • vers l’arrière, il s’agit d’un genu recurvatum. Rarement pathologique, cette déviation se rencontre surtout chez les femmes, lorsqu’elles présentent une hyperlaxité ligamentaire (élasticité exagérée des ligaments).

Anomalies des axes de la jambe : genu varum et genu valgum

Schéma : les différents axes de la jambe

 

Le médecin recherche une éventuelle boiterie.

L’inspection, la palpation et diverses manœuvres permettent de repérer, le cas échéant :

  • un dans l’articulation ;
  • une tuméfaction (gonflement survenant par exemple en cas d’inflammation de la bourse séreuse à l’avant du genou, ou hygroma) ;
  • des mouvements anormaux (différents de la flexion et de l’extension habituellement permis par les genoux), liés par exemple à des lésions des ligaments ;
  • une mobilité réduite (ex. : difficultés à allonger complètement la jambe) ;
  • des lésions des ménisques.

Les examens complémentaires prescrits en cas de gonalgies

Ils dépendent de la cause de vos douleurs, identifiée lors de l’examen clinique.

Elle permet d’étudier la structure osseuse ou encore la présence de calcifications anormales (dépôt de calcium dans les tissus).

Il sert aussi à l’analyse de la structure osseuse.

Elle est prescrite pour l’observation des ligaments, des bourses synoviales, des muscles, des cartilages et des os.

Elle est également utile pour étudier les ligaments, les bourses synoviales et les muscles, et pour rechercher un éventuel .

Elle consiste à prélever le liquide présent dans le genou, en cas d’épanchement ou si le médecin suspecte une arthrite (inflammation des articulations). Effectué dans des conditions d’hygiène strictes, le prélèvement est suivi de l’analyse du liquide (couleur, viscosité, présence éventuelle de cristaux ou de germes, etc.)

Une du genou à la fois diagnostique (bilan des lésions) et thérapeutique (chirurgie des ménisques, des ligaments…) peut également être pratiquée.

Par ailleurs, votre médecin peut être amené à demander un avis spécialisé auprès d’un rhumatologue (médecin spécialiste des maladies des os et des articulations) ou d’un chirurgien orthopédiste (chirurgien spécialiste des os, articulations, ligaments, tendons et muscles).

Le traitement en cas de gonalgie

Votre médecin vous prescrit des soins qui contribueront à atténuer vos douleurs.

Selon la cause de vos gonalgies, la prise en charge peut être médicale (ex. : prescription de médicaments) ou chirurgicale.

Sources
  • Faculté de Médecine de Grenoble – Gaudin P. Conduite à tenir devant un genou douloureux non traumatique. Site internet : Université Joseph Fourier de Grenoble. La Tronche (France) ; 2005 [consulté le 27 septembre 2015]
  • Revue médicale suisse. Gonalgies : quelle imagerie ? Site internet : Revue médicale suisse. Chêne–Bourg (Suisse) ; 2013 [consulté le 27 septembre 2015]