Sommaire : Gonalgie (douleur du genou)

Gonalgie : consultation médicale et traitement

Si vous avez mal au genou, essayez d’identifier les caractéristiques de la douleur (intensité, circonstances d’apparition, etc.) Observez aussi si vous présentez d’autres symptômes (ex. : fièvre, blocage ou gonflement du genou). Ces éléments facilitent la recherche de la cause des gonalgies et le choix du traitement.

Analyser ses symptômes avant de consulter son médecin

Analyser la douleur du genou (gonalgie)

Si vous avez mal au genou, il est important de repérer les caractéristiques de votre gonalgie, car cela va permettre de guider votre médecin traitant dans son diagnostic, de l'orienter dans le choix du traitement et d’évaluer son efficacité.

Pour mieux identifier la nature de votre affection, essayez de répondre aux questions suivantes.

Où siège précisément votre douleur du genou ?

Est–elle localisée à l’avant du genou (problème rotulien), sur les côtés (ménisques, ligaments), à l'arrière du genou ou est-elle étendue à tout le genou (possibilité d’une maladie inflammatoire, douleur de la hanche se manifestant jusque dans le genou) ?

Est–ce qu’elle diffuse vers la jambe ou la cuisse ?

Atteint–elle un seul genou, ou les deux ?

D'autres articulations sont-elles douloureuses ?

Quelle est son intensité ?

Est–elle faible, modérée, importante ou sévère, voire très sévère ou insupportable ? Son intensité varie–t–elle dans le temps ?

Quand survient–elle ?

Si votre douleur du genou apparaît ou augmente à l'effort, à la marche ou en station debout prolongée, on la qualifie de mécanique. Comme elle survient après un certain temps de mobilisation de l'articulation, elle se manifeste plus volontiers en fin de journée que le matin. Elle est calmée par le repos (position assise ou couchée), et ne vous réveille pas la nuit (sauf si vous changez de position). Par ailleurs, elle ne nécessite pas de long dérouillage matinal (temps requis pour que l’articulation enraidie s’assouplisse après la nuit).

En revanche, quand la douleur du genou est permanente, quand elle vous réveille la nuit, elle est dite inflammatoire. Elle ne s’estompe pas au repos et demande un dérouillage matinal prolongé (30–45 minutes).

Quand la gonalgie a–t–elle commencé et depuis combien de temps dure–t–elle ?

Le début a–t–il été brutal (immédiat, sur quelques heures ou jours) ou progressif (sur quelques semaines, voire plusieurs mois) ?

Qu’est-ce qui a déclenché la douleur du genou ?

Les facteurs à l’origine de vos gonalgies peuvent être très variés :

  • traumatisme ou accident de sports ;
  • effort inhabituel ou surmenage articulaire 
  • faux mouvement ;
  • intervention chirurgicale ;
  • accroupissement répété le plus souvent dans le cadre professionnel ;
  • montée d’escaliers ;
  • marche à pied.

La gonalgie entraîne–t–elle une gêne dans les gestes et activités quotidiennes simples ?

Il vous est impossible de poser le pied par terre.

Vous avez mal au genou lorsque vous vous accroupissez, montez un étage, marchez sur une certaine distance.

Analyser les symptômes accompagnant la douleur du genou

Une raideur du genou

Le genou ne peut pas être complètement fléchi ou étendu.

Des blocages du genou

En cas de vrai blocage, vous pouvez fléchir votre genou mais vous ne pouvez plus étendre de nouveau la jambe. Toutefois, certaines manœuvres vous permettent de débloquer le genou. Qu’ils soient douloureux ou non, ces symptômes sont presque systématiquement le signe d’une lésion d’un ménisque dite "en anse de seau".

Le pseudoblocage (ou faux blocage) correspond à une impossibilité de fléchir le genou à cause de la douleur. Si vous êtes concerné, vous ne pouvez plus ni fléchir ni étendre le genou (ou bien vous restez bloqué en extension complète). Ce symptôme se rencontre souvent dans les maladies de la .

Une instabilité du genou et des dérobements

Vous avez une impression de genou qui lâche avec un risque de chute imminente, par exemple quand vous descendez des escaliers. Ce signe peut être révélateur d’une maladie des ligaments (entorse), des muscles ou de la rotule.

Un gonflement du genou ou gros genou

Ce symptôme est dû soit à un épanchement de synovie () dans l’articulation, soit à un hygroma (inflammation d’une bourse séreuse).

Cet épanchement est-il accompagné de fièvre ?

La consultation en cas de gonalgie

Votre médecin traitant commence par vous interroger sur les caractéristiques de votre douleur du genou et les circonstances de son apparition, les signes éventuels qui l’accompagnent (fièvre, douleurs multiples, etc.), vos traitements en cours et l'impact des gonalgies sur votre activité professionnelle ou vos loisirs.

Un examen debout (si cela est possible)

Il  recherche une éventuelle boiterie lors de la marche et un déséquilibre dans la posture debout, trouble qui peut être dû à une déviation de l’axe de la jambe :

  • sur le côté, il s’agit d’un genu varum (genou proéminent vers l'extérieur) ou d’un genu valgum (genou proéminent vers l'intérieur) ;
  • vers l’avant, on parle de genu flexum (la personne garde les genoux un peu fléchis) ;
  • vers l’arrière, il s’agit d’un genu recurvatum. Rarement pathologique, cette déviation se rencontre surtout chez les femmes, lorsqu’elles présentent une hyperlaxité ligamentaire (élasticité exagérée des ligaments).

Anomalies des axes de la jambe : genu varum et genu valgum

Schéma représentant deux déviations de l’axe de la jambe : le genou varum, où les jambes sont déviées vers l’intérieur et le genou valgum, où les jambes sont déviées vers l’extérieur

Un examen en position couchée

L’inspection, la palpation et diverses manœuvres permettent de repérer, le cas échéant :

  • un épanchement dans l’articulation du genou ;
  • une tuméfaction (gonflement survenant par exemple en cas d’inflammation de la bourse séreuse à l’avant du genou, ou hygroma) ;
  • des mouvements anormaux du genou (différents de la flexion et de l’extension habituellement permis par les genoux), liés par exemple à des lésions des ligaments ;
  • une mobilité réduite (ex. : difficultés à allonger complètement la jambe)...

Votre médecin peut être amené à demander un avis spécialisé auprès d’un rhumatologue (médecin spécialiste des maladies des os et des articulations) ou d’un chirurgien orthopédiste (chirurgien spécialiste des os, articulations, ligaments, tendons et muscles).

Douleurs du ou des genou(x) et activité professionnelle

Dans certaines conditions de travail et d'exposition, les gonalgies peuvent bénéficier d'une reconnaissance en Maladie Professionnelle.
Si vous pensez que vos douleurs de genou sont liées à votre activité professionnelle, parlez-en à votre médecin traitant.

Les examens complémentaires en cas de gonalgies

Le choix des examens complémentaires dépend de l'origine probable de vos douleurs du genou, identifiée lors de l’examen clinique.

Les examens choisis permettent de mettre en évidence les lésions du genou en cause dans la survenue des gonalgies.

Les radiographies du genou

Les radiographies faites en position debout, dites « en charge » (le poids du corps appuie sur les genoux) vont permettre d’étudier la structure osseuse ou encore la présence de calcifications anormales (dépôt de calcium dans les tissus par exemple), de visualiser des signes d’arthrose, une fracture, voire une autre atteinte osseuse, un épanchement, des anomalies de l’alignement des os.

Elles permettent le plus souvent d’identifier la cause de la douleur au genou sans qu’il soit nécessaire de recourir à une autre imagerie.

Le plus souvent, elles n'ont pas besoin d'être renouvelées, même si les gonalgies reviennent.

Pas de radiographie chez la femme enceinte ou susceptible de l'être

Bien que l'irradiation due aux radiographies du genou soit très faible, la réalisation de radiographies chez la femme enceinte, ou susceptible de l’être, est limitée aux cas d'urgence, par principe de précaution.

Consultez les informations en langage « facile à lire et à comprendre » (FALC) sur la radio et le déroulement de l’examen, en téléchargeant la bande dessinée La radio (PDF), réalisée par l’association CoActis Santé dans le cadre de son projet SantéBD.

La ponction intra-articulaire en urgence en cas de suspicion d'arthrite infectieuse du genou

Cette intra-articulaire est effectuée, en urgence en milieu hospitalier, si une arthrite infectieuse du genou est suspectée, car le traitement antibiotique doit être mis en route sans délai.

D'autres examens dans un deuxième temps dans certaines gonalgies

Les examens demandés vont dépendre des résultats des radiographies, de l’évolution des symptômes et de l’examen clinique effectué par le médecin.

L'IRM du genou

L'IRM est prescrite plus spécifiquement pour l’observation des ligaments, des ménisques, des bourses synoviales, des muscles et des cartilages.

En cas d'arthrose, l'IRM n'est pas utile. En effet, le résultat de l’IRM n’aura pas d’influence sur le traitement proposé par votre médecin. De plus, l’IRM ne peut pas être réalisée debout, contrairement aux radiographies.

Des images à l'IRM sans relation avec les douleurs du genou

Des lésions méniscales, de plus en plus fréquentes lorsqu'on prend de l'âge ou présentes en cas d'arthrose du genou, sont souvent retrouvées en IRM.
Or, ces lésions ne sont pas nécessairement en lien avec la douleur ressentie et leur présence ne fera pas changer le traitement proposé par votre médecin. Elles ne nécessitent qu’exceptionnellement d’être opérées.

Le scanner du genou

Le scanner sert aussi à l’analyse de la structure osseuse. Pour l'étude de l'articulation, le scanner peut nécessiter l'injection dans l'articulation du genou d'un produit de contraste (il s'agit d'un arthro-scanner).

L'échographie du genou

Elle est également utile pour étudier les ligaments, les bourses synoviales et les muscles, et pour rechercher un éventuel épanchement.

Lors de cet examen, certaines anomalies constatées comme la présence d'un kyste poplité ne nécessitent pas de traitement.

La ponction intra-articulaire du genou

Elle consiste à prélever le liquide présent dans le genou (épanchement), dans des conditions d’hygiène strictes.

Le liquide est analysé (couleur, viscosité, présence éventuelle de cristaux ou de germes, etc.)

La ponction du genou est généralement peu douloureuse.

Il est important que vous signaliez au médecin si vous avez de la fièvre ou une autre infection, si vous prenez un traitement pour fluidifier le sang (médicament anticoagulant ou anti-agrégant plaquettaire) ou si vous avez des allergies.

Le traitement en cas de gonalgie

Des médicaments antalgiques pour soulager les gonalgies

Votre médecin vous prescrit des médicaments antalgiques, en l'absence de contre-indications, qui contribueront à atténuer vos douleurs :

  • du paracétamol en première intention ;
  • des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS (ibuprofène ou kétoprofène par exemple) sur de courtes durées. Chacun de ces médicaments doit être administré seul. Ne prenez pas des AINS différents au cours du traitement. Respectez les doses et la durée du traitement.

Un traitement médical

Ce traitement dépend de la cause des gonalgies :

  • prescription de médicaments par voie orale (par exemple, traitement d'une goutte, d'une polyarthrite rhumatoïde) ;
  • intra-articulaire de médicaments ;
  • prescription de kinésithérapie et d'une activité physique adaptée ;
  • port de semelles orthopédiques ou d'une orthèse, etc.

Un traitement chirurgical

La décision thérapeutique est prise par un chirurgien orthopédique :

Qu'est-ce qu'une arthroscopie du genou ?

L'arthroscopie du genou est à la fois diagnostique (bilan des lésions) et thérapeutique (chirurgie des ménisques, des ligaments…)

Elle consiste à réaliser deux petites incisions, l'une sur la face interne, l'autre sur la face externe du genou.
Par la première ouverture, le chirurgien introduit un tube de fibres optiques et peut ainsi visualiser sur un écran l’intérieur de l’articulation. Le chirurgien vérifie également l’état de l'articulation (ligaments, ménisque, cartilages...)
Le second orifice sert à insérer de petits instruments pour réparer, si possible, les lésions observées.
Les avantages de l’ résident dans l’absence de cicatrice et dans des suites postopératoires plus courtes et plus simples que la chirurgie classique (dite ouverte). Néanmoins, cela reste une véritable intervention pratiquée au bloc opératoire, sous anesthésie.

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  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et complications infectieuses - Point d'information du 20 mai 2020. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2020 [consulté le 28 juin 2022]
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