Glaucome : quel traitement ?

Il existe plusieurs traitements du glaucome : collyre, laser, chirurgie... Ils ont pour but de protéger le nerf optique en réduisant la pression intra-oculaire. Ils permettent ainsi de limiter l’évolution de la maladie. Toutefois, s’il y a une perte d’acuité visuelle au moment du diagnostic, celle-ci est irréversible.

Les objectifs du traitement du glaucome

Actuellement, il n’existe pas de traitement qui permette de guérir le glaucome.

Dans ce contexte, la prise en charge consiste à :

  • stabiliser la maladie en abaissant la pression intraoculaire jusqu’à une valeur cible, fixée en fonction du stade de la maladie, seul facteur accessible au traitement ;
  • préserver aussi bien la qualité visuelle que la qualité de vie des personnes, ainsi que leur bien-être ;
  • améliorer la qualité de vie si la vue est altérée ;
  • assurer un suivi à vie.

Le traitement est défini par l’ophtalmologiste, médecin spécialiste de l’œil. Il dispose de trois stratégies thérapeutiques.

Glaucome chronique : le traitement médicamenteux en première intention

Celui-ci consiste en l’ d’un ou plusieurs collyres dans les yeux.

Plusieurs classes de médicaments peuvent être utilisées seules et éventuellement associées entre elles :

  • les ,
  • les bêtabloquants,
  • les inhibiteurs de l’anhydrase carbonique, etc.

Ces gouttes diminuent la pression intraoculaire en réduisant la sécrétion de l’humeur aqueuse, ou en facilitant son élimination. Elles doivent être appliquées à heure régulière, à vie et sans interruption.

Le premier traitement par collyre

Il comporte un seul principe actif

Un collyre à base de prostaglandines est le plus souvent prescrit en première intention (exemples : latanoprost, travoprost, bimatoprost) à raison d'une seule goutte le soir.

La tolérance générale des analogues des prostaglandines est excellente, mais ces collyres peuvent causer une irritation oculaire. Au bout de quelques mois de traitement, ils peuvent entraîner une modification de la coloration de l' (qui apparaît plus sombre) et accélérer la pousse des cils.

Un collyre bêtabloquant peut également être prescrit en première intention sauf contre-indication (timolo par exemple). Il est prescrit à raison d'une goutte matin et soir (il existe également des formes à libération prolongée, prescrites une fois par jour).

Les autres collyres sont prescrits en première intention en cas de contre-indication aux bêtabloquants ou d'intolérance aux prostaglandines.

Le traitement par collyre en seconde intention

Le médecin peut être amené à prescrire plusieurs collyres en cas d'efficacité insuffisante d'un seul principe actif.
Dans le cas où plusieurs collyres sont associés pour le traitement, il faut faire attention à ne pas mettre deux collyres différents en même temps dans l’œil. Un temps d’attente de 15 minutes est généralement recommandé. Reportez-vous à la notice de chaque médicament où les informations précises sont fournies.

C'est pourquoi le médecin privilégie l’usage de combinaisons fixes (un seul collyre avec deux principes actifs) de façon à favoriser l’adhésion au traitement.

En cas d'effets indésirables, n'hésitez pas à en parler à votre médecin.

Glaucome : le laser dans un second temps

Le traitement par peut être nécessaire en première intention mais le plus souvent, il est prescrit lorsque le traitement médicamenteux ne fonctionne plus. La pression intraoculaire reste alors élevée. Dans ce cas, le médecin peut proposer un traitement par laser du glaucome, qui est réalisé au cabinet.

La trabéculoplastie au laser consiste à réaliser une photocoagulation sélective de l'angle iridocornéen, ce qui entraîne un meilleur écoulement de l'humeur aqueuse au niveau du trabéculum.

Les résultats ne sont généralement pas définitifs. L'efficacité étant temporaire, un suivi ophtalmologique est indispensable. Il peut être nécessaire de renforcer ou de reprendre le traitement par collyre quelques mois ou quelques années plus tard.

Vidéo : Le traitement du glaucome par laser

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Glaucome : le traitement chirurgical en dernier recours

Si le glaucome résiste aux précédents traitements et si la vue continue à baisser, une chirurgie peut être envisagée.

L’opération du glaucome est réalisée soit en structure ambulatoire (le patient entre et sort de l’hôpital le même jour) soit après une courte hospitalisation.

Les techniques utilisée sont la trabéculectomie ou la sclérectomie profonde non perforante. L’intervention chirurgicale consiste à créer une nouvelle voie d'évacuation de l’humeur aqueuse pour maintenir une pression normale dans l'œil. L’intervention stoppe la progression du glaucome, mais ne permet pas de récupérer les capacités visuelles perdues.

D'autres techniques existent et ont le même principe d'action : mise en place de valves de drainage, chirurgie micro-invasive.

Il faut savoir que tous les traitements du glaucome augmentent le risque de développer une cataracte. C’est particulièrement vrai pour les traitements chirurgicaux.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Diagnostic et prise en charge de l’hypertonie oculaire et du glaucome primitif à angle ouvert - Recommandation. Site internet : HAS. Saint-Denis La plaine (France) ; 2022 [consulté le 11 mai 2022]
  • Collège des ophtalmologistes universitaires de France. Glaucome chronique. Site internet : Couf. Paris ; 2021 [consulté le 11 mai 2022]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Le glaucome. Site internet : Inserm. Paris ; 2017 [consulté le 11 mai 2022]
  • Sentis V, Nguyen G, Soler V, Cassagne M. Patients âgés et glaucome. NPG (neurologie-psychiatrie gérontologie). 2016;16 (92):73-82
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