Les symptômes et le diagnostic du glaucome

16 juin 2017
Le plus souvent, le glaucome évolue silencieusement. La gêne visuelle ou des douleurs de l'œil n’apparaissent que tardivement. L’ophtalmologiste établit le diagnostic grâce à plusieurs examens. Ceux-ci permettent d’évaluer l’état du nerf optique et de mesurer la pression intraoculaire.

Les symptômes du glaucome chronique

Le glaucome, dans sa forme chronique à angle ouvert, est une maladie fréquente qui se développe au début sans douleur ou tout autre signe. C’est pourquoi son diagnostic est souvent posé lors d’un examen ophtalmologique pour un autre motif (myopie, presbytie...) Il peut également être diagnostiqué lors d'examens de suivi chez une personne présentant des facteurs de prédispositions au glaucome.

Quand consulter un ophtalmologiste ?

Je dois consulter un ophtalmologiste si je présente des facteurs de risque pour le glaucome :

Plus largement, à partir de 40 ans, il est conseillé de faire contrôler ses yeux régulièrement. Ceci permet de dépister deux maladies oculaires fréquentes : le glaucome et la DMLA.

Cependant des symptômes peuvent être révélateurs d’un glaucome déjà évolué :

  • douleurs au niveau des yeux ;
  • brouillard visuel intermittent ;
  • baisse de la vision, notamment sur les côtés. La vision centrale est normale, mais elle est perturbée tout autour, comme si on regardait dans un tunnel.

Vision normale

Photo : vue normale d'un jardin d'enfants

Vision altérée par un glaucome

Photo : vue dégradée d'un jardin d'enfants

Savoir repérer les signaux de malvoyance

Avant qu’une personne atteinte de glaucome ait pris conscience de sa maladie, certains signes de malvoyance peuvent alerter son entourage.

Soyez attentif à tout changement de comportement d’un de vos proches, surtout s’il s’agit d’une personne âgée :

  • il a tendance à limiter ses activités, abandonnant même ses préoccupations favorites ;
  • il ne regarde plus la télévision ou s’en rapproche de plus en plus ;
  • il a une façon inhabituelle de regarder en face de lui en tournant la tête de côté ;
  • il n’achète plus son journal, ne lit plus ;
  • il se montre irritable ;
  • il ne cuisine plus ;
  • il ne sort plus ;
  • il ne prend plus sa voiture la nuit ;
  • il porte des vêtements tâchés sans s’en rendre compte alors qu’il était soigné auparavant ;
  • il est devenu maladroit ;
  • son attitude vis-à-vis de la lumière a changé: à l’intérieur, il n’allume plus les lampes et tire les rideaux ou au contraire il a besoin de lumière pour les activités de près tandis qu’à l’extérieur, il est souvent ébloui et porte des lunettes de soleil ;
  • il utilise les loupes ou les lunettes de son entourage et aucune ne lui convient ;
  • il a tendance à ne plus retrouver ses objets et ne reconnaît plus les personnes qu’il croise.

Il arrive qu’un diagnostic de dépression ou de maladie d’Alzheimer soit posé, à tort. La présence d’un ou de plusieurs de ces signes doit donc conduire à une consultation ophtalmologique.

Le diagnostic du glaucome

S’il suspecte un glaucome, l’ophtalmologiste pratique un examen clinique et des explorations complémentaires.

Quatre examens sont réalisés :

  • mesure de la pression intraoculaire, par tonométrie ;
  • observation de la tête du nerf optique (appelée papille optique) par ophtalmoscopie (fond d’œil) ou par cohérence optique (ou OCT) ;
  • examen de l’angle d’écoulement du liquide intraoculaire (ou humeur aqueuse) par gonioscopie ;
  • évaluation du champ visuel. Cet examen met en évidence le retentissement des lésions du nerf optique et sa progression. Le glaucome se caractérise en effet par une atteinte progressive et irréversible du champ visuel, d’abord périphérique (sur les côtés et près du nez ) et longtemps non perçue. La perte du champ visuel peut s’étendre ensuite vers la partie centrale.

Des examens radiologiques peuvent être parfois utiles, comme l’IRM en particulier.

Hypertension intraoculaire (ou hypertonie) oculaire n’est pas synonyme de glaucome

Toutes les hypertensions intraoculaires ne provoquent pas de glaucome.

Certains glaucomes primitifs à angle ouvert se développent avec une pression intraoculaire dans les limites de la normalité (on parle de glaucome à pression normale).

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Dépistage et diagnostic précoce du glaucome – Problématique et perspectives en France. Site internet : HAS. Saint-Denis La plaine (France) ; 2006 [consulté le 30 mai 2017]
  • Collège des ophtalmologistes universitaires de France. Glaucome chronique. Site internet : Campus d'ophtalmologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2013 [consulté le 30 mai 2017]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Le glaucome. Site internet : Inserm. Paris ; 2013 [consulté le 30 mai 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Tomographie du segment postérieur de l'œil par scanographie à cohérence optique. Site internet : HAS. Saint-Denis La plaine (France) ; 2007 [consulté le 30 mai 2017]
  • Sentis V, Nguyen G, Soler V, Cassagne M. Patients âgés et glaucome. NPG (neurologie-psychiatrie gérontologie). 2016;16 (92):73-82