Symptômes, diagnostic et évolution de la gale

26 avril 2017
La gale se manifeste essentiellement par des démangeaisons et des lésions cutanées de grattage. Le diagnostic de la gale est établi lors d’une consultation médicale. Bien traitée, la gale évolue vers la guérison avec persistance parfois de démangeaisons pendant 2 à 4 semaines.

Quels sont les symptômes de la gale ?

Les signes typiques de la gale surviennent après la période d’incubation. Cette dernière est de trois semaines en moyenne mais peut être de 1 à 6 semaines en fonction de l’importance de l’infestation. En cas de ré-infestation, elle est seulement de 1 à 3 jours.

Les principaux symptômes révélateurs de la gale sont des démangeaisons et des lésions cutanées.

Ce prurit est dû à une réaction allergique au sarcopte et à ses déjections. Il épargne en général le visage et le dos. Les démangeaisons sont souvent plus prononcées la nuit. Le fait que plusieurs personnes dans l’entourage du patient se grattent est évocateur de gale avec contamination collective. Ce prurit intense provoque des lésions de la peau appelées lésions de grattage.

Elles sont striées ou peuvent ressembler à des lésions d'eczéma (rougeurs, croûtes). Elles sont localisées sur les zones du corps atteintes par le parasite :

  • entre les doigts des mains ;
  • à l’avant des poignets ;
  • sur les coudes et les avant-bras ;
  • au niveau du nombril ;
  • à l’intérieur des cuisses ;
  • au niveau des organes génitaux chez l’homme et des mamelons chez la femme ;
  • sur les fesses.

Dans la gale commune, le dos, le cou et le visage sont épargnés. En cas de gale profuse ou hyperkératosique, les lésions s'étendent à l'ensemble du corps, y compris au dos.

Les sillons scabieux sont des lésions sinueuses, filiformes qui apparaissent sur la peau. Ils mesurent quelques millimètres de long. Leur tracé en courbes correspond aux galeries faites par les femelles, dans lesquelles elles pondent leurs œufs. Ils sont visibles surtout entre les doigts et à l’avant des poignets.

Les vésicules perlées sont de petites ampoules translucides surmontant une rougeur de la peau. Elles se situent à l’extrémité des sillons scabieux et renferment l’acarien une fois qu’il a pondu ses œufs. On les observe surtout entre les doigts.

Les nodules scabieux sont de petites lésions rouges ou violacées, causant des démangeaisons. Ils sont dus à une réaction immuno-allergique (mécanisme de défense du corps lié à une hypersensibilité) face au parasite. Ils se trouvent surtout sur les zones génitales de l’homme. Les nodules scabieux peuvent mettre plusieurs mois à disparaître.

Une rougeur cutanée (érythrodermie) associée à des lamelles épidermiques qui se détachent de la peau et à des croûtes, dans la gale hyperkératosique. L’atteinte du visage est fréquente.

Quelques particularités de la gale chez le nourrisson

Les lésions sont souvent plus diffuses et contrairement à l’adulte, la gale chez le nourrisson peut atteindre le visage. L'enfant peut présenter des nodules scabieux dans la région des aisselles et sur le thorax. Des lésions vésiculeuses et pustuleuses sont souvent présentes sur la paume des mains et la plante des pieds. Elles sont responsables de fortes démangeaisons.

Le diagnostic de la gale

Surtout, ne tentez jamais de vous soigner vous-même sans diagnostic médical préalable. En effet, si vous ne souffrez pas vraiment de gale, les produits scabicides (qui tuent le parasite) pourraient causer des effets secondaires et augmenter vos symptômes. Il est donc important de consulter votre médecin en cas de suspicion de gale.

Pour établir son diagnostic, votre médecin traitant vous examine. Il vous interroge pour savoir s'il y a dans votre entourage des cas de gale ou des personnes qui se grattent. L'examen de la peau peut être facilité par l'utilisation d'un dermatoscope, petit appareil grossissant.
Si nécessaire, votre médecin peut également demander un examen parasitologique après avoir fait un prélèvement sur la peau en raclant une vésicule perlée et un sillon non gratté. L'examen au microscope permet de visualiser le sarcopte, les œufs ou les larves. Mais l'absence du parasite à l'examen n'exclut pas le diagnostic. 
Si le diagnostic de gale est posé et concerne un adulte, le médecin peut demander des examens à la recherche d'infections sexuellement transmissibles (la gale étant considérée comme une IST).

L’évolution de la gale

Plusieurs types d’évolution sont possibles.

La gale guérit grâce à un traitement bien suivi. Un prurit persiste généralement durant 2 semaines après la fin du traitement. Cela ne signifie pas forcément que les médicaments utilisés ont été inefficaces. Le besoin de grattage résulte en effet d’une allergie aux parasites et se manifeste même s’ils sont morts. Les parasites ne seront éliminés qu’après renouvellement complet de l’épiderme, au bout de six semaines.

De plus, les démangeaisons peuvent avoir d’autres causes que la gale :

  • une irritation cutanée liée au traitement ;
  • un eczéma de contact ;
  • une acarophobie (peur d’être encore infecté par les parasites).

Toutefois, en cas de démangeaisons intenses, consultez votre médecin pour vérifier que le traitement a bien agi. Si nécessaire, il vous prescrira aussi un traitement contre le prurit.

En raison du grattage, une surinfection bactérienne (impétigo) peut survenir si vous êtes atteint par la gale.

Par ailleurs, si les symptômes persistent plus de 15 jours après la fin du traitement, cela signifie que le parasite est toujours présent. Cette absence de guérison peut avoir différentes causes :

  • une résistance du sarcopte au médicament utilisé ;
  • un traitement insuffisant ou mal suivi ;
  • une réinfestation par le parasite.

Consultez votre médecin traitant qui vous prescrira un nouveau traitement.

Sources
  • Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Survenue d’un ou plusieurs cas de gale. Conduite à tenir. Site internet : HCSP. Paris ; 2012 [consulté le 17 janvier 2017]
  • Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Sarcoptes scabiei : agent de la gale. Site internet : INRS. Paris ; 2013 [consulté le 17 janvier 2017]
  • Société française de dermatologie. La gale. Site internet : Dermato-info.fr. Paris ; 2015 [consulté le 17 janvier 2017]
  • Collège national des enseignants de dermatologie. Ectoparasitoses cutanées : gale et pédiculose. Site internet : Campus de dermatologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2010 [consulté le 17 janvier 2017]