Fracture de la jambe : surveillance et reprise des activités

20 août 2021
En cas de fracture de la jambe, l’équipe médicale assure un suivi rigoureux après l’hospitalisation, en collaboration avec le patient. Des examens et des analyses permettent de contrôler l’efficacité des soins et de la rééducation.

Quelle surveillance médicale après une fracture de la jambe ?

Après une fracture de la jambe, le médecin traitant, le chirurgien et le kinésithérapeute assurent une surveillance pour :

  • vérifier l’absence de signe infectieux (fièvre, écoulement purulent par la cicatrice…) ;
  • rechercher :
    • des signes de phlébite (douleur et gonflement du mollet) voire d'embolie pulmonaire ;
    • la présence d'un hématome du mollet ;
    • un défaut de cicatrisation de la peau en cas de fracture ouverte ou une infection de la plaie ;
  • vérifier l’efficacité du traitement préventif anticoagulant par des analyses de sang de contrôle ;
  • contrôler la bonne consolidation des os fracturés par des examens radiologiques ;
  • évaluer la mobilité de la jambe lors de la rééducation.

Respecter les prescriptions pour une consolidation de la fracture de jambe

Vous avez eu une fracture de la jambe : vous pouvez contribuer au bon déroulement de votre suivi médical, en appliquant les conseils suivants :

  • prenez régulièrement vos anticoagulants. Si vous devez réaliser des soins dentaires ou médicaux sans rapport avec votre fracture, indiquez que vous prenez ce type de médicaments ;
  • n’arrêtez jamais un traitement sans en parler à votre médecin. Parlez lui aussi des éventuels effets indésirables des médicaments que vous prenez. Il existe en effet des moyens de les atténuer ou de les prévenir ;
  • signalez à votre médecin toute fièvre ou toute douleur survenant au niveau du mollet ;
  • faites toutes les analyses sanguines prescrites ;
  • suivez régulièrement les séances de rééducation par kinésithérapie.

Le travail et la reprise des activités physiques après une fracture de la jambe

Si vous avez une activité professionnelle, un arrêt de travail vous est prescrit. Sa durée est adaptée à votre cas, selon plusieurs critères :

  • la localisation et la gravité de la fracture de la jambe ;
  • votre état général ;
  • le traitement choisi : orthopédique ou chirurgical ;
  • l’existence ou non de complications ;
  • la durée et les conditions de transport ;
  • la nature de la profession exercée. L’arrêt est plus court en cas d’activité sédentaire. La reprise peut se faire dès que votre médecin traitant vous autorise la position assise prolongée. En cas d’activité physique, la reprise est plus tardive, surtout lorsque la station debout et la marche sont difficiles.

Ainsi, pour une simple fracture du péroné traitée orthopédiquement, un arrêt de travail d'une semaine peut suffire si la personne exerce une profession sédentaire et cet arrêt peut durer 11 semaines si sa profession est très physique.

Une fracture du tibia et du péroné, traitée par un plâtre ou chirurgicalement par un clou centromédullaire ou une plaque, peut nécessiter un arrêt de travail de 4 semaines en cas de travail sédentaire et jusqu'à environ 21 semaines en cas de travail physique lourd.

Le traitement des fractures de la jambe par fixateur externe est long, conduisant le plus souvent à un arrêt de 5 à 8 mois selon le type d'activité professionnelle et l'évolution.

Dans tous les cas, parlez à votre médecin de vos conditions de travail (transports, activités manuelles, etc.). Il pourra vous orienter vers votre médecin du travail pour une visite de pré-reprise. Cette consultation permet d'évaluer votre aptitude aux fonctions que vous exercez et de proposer si nécessaire :

  • des mesures spécifiques (ex. : installation d’un poste adapté) ;
  • une reprise temporaire à temps partiel pour motif thérapeutique.

Pour tout arrêt de travail supérieur à 30 jours, une visite auprès du médecin du travail est obligatoire dans un délai de huit jours après votre retour en entreprise.

Par ailleurs, ne reprenez vos activités sportives et de loisir que lorsque votre médecin traitant ou votre chirurgien vous y autorise.

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