Fracture de la jambe : surveillance et reprise des activités

En cas de fracture de la jambe, l’équipe médicale assure un suivi rigoureux après l’hospitalisation, en collaboration avec le patient. Des examens et des analyses permettent de contrôler l’efficacité des soins et de la rééducation.

Quelle surveillance médicale après une fracture de la jambe ?

Après une fracture de la jambe, le médecin traitant, le chirurgien et le kinésithérapeute assurent la surveillance.

Ils recherchent la présence d'une complication :

  • symptômes de phlébite (douleur et gonflement du mollet) voire d'embolie pulmonaire ;
  • hématome ou gonflement du mollet ;
  • signes infectieux (fièvre, écoulement purulent par la cicatrice) ou retard de cicatrisation de la peau en cas de fracture ouverte.

Ils vérifient l’efficacité du traitement préventif anticoagulant par des analyses de sang de contrôle.

Ils contrôlent la bonne consolidation des os fracturés par des examens radiologiques et évaluent la mobilité de la jambe lors de la rééducation.

Respecter les prescriptions pour une consolidation de la fracture de jambe

Les soins après fracture de jambe

Les soins permettent d'assurer le rétablissement sans complications et la reprise de ses activités.

Calmer les douleurs

Un traitement antalgique si besoin vous est prescrit pour améliorer votre confort et favoriser la reprise de la marche.

Prévenir les phlébites

Un traitement anticoagulant est nécessaire. Les anticoagulants utilisés sont administrés par voie sous-cutanée (héparine de bas poids moléculaire ou fondaparinux). Ce traitement prévient les phlébites et les embolies pulmonaires. Pour les personnes qui avaient un traitement par voie orale (dabigatran, rivaroxaban ou apixaban) avant l'intervention, celui-ci est repris après l'arrêt du traitement par héparine. Il est important de bien suivre les prescriptions médicales. 

Si vous devez réaliser des soins dentaires ou médicaux sans rapport avec votre fracture, indiquez que vous prenez ce type de médicaments.

Éviter la déminéralisation des os

Votre médecin peut vous prescrire de la vitamine D et du calcium pour favoriser la consolidation. Il peut mettre en route un traitement de l'ostéoporose pour prévenir la survenue d'une autre fracture, si vous présentez des risques.

Participer à son rétablissement

Si vous avez été opéré, suivez les conseils concernant les soins post-opératoires (pansements de la zone opérée, ablation des fils ou agrafes, injections d'anticoagulants...)

Ne prenez pas de médicaments en automédication. Ils pourraient avoir des interactions avec votre traitement en cours. Demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Parlez lui aussi des éventuels effets indésirables des médicaments que vous prenez. Il existe en effet des moyens de les atténuer ou de les prévenir.

N’arrêtez jamais un traitement sans en parler à votre médecin.

Consultez-le si vous présentez des symptômes inhabituels (fièvre, douleur, brûlures urinaires, toux, gonflement du mollet, etc.)

Participez activement à la rééducation.

Le travail et la reprise des activités physiques après une fracture de la jambe

Si vous avez une activité professionnelle, un arrêt de travail vous est prescrit. Sa durée est adaptée à votre cas, selon plusieurs critères :

  • la localisation et la gravité de la fracture de la jambe ;
  • votre état général ;
  • le traitement choisi : orthopédique ou chirurgical ;
  • l’existence ou non de complications ;
  • la durée et les conditions de transport ;
  • la nature de la profession exercée. L’arrêt est plus court en cas d’activité sédentaire. La reprise peut se faire dès que votre médecin traitant vous autorise la position assise prolongée. En cas d’activité physique, la reprise est plus tardive, surtout lorsque la station debout et la marche sont difficiles.

Ainsi, pour une simple fracture du péroné traitée orthopédiquement, un arrêt de travail d'une semaine peut suffire si la personne exerce une profession sédentaire et cet arrêt peut durer 11 semaines si sa profession est très physique.

Une fracture du tibia et du péroné, traitée par un plâtre ou chirurgicalement par un clou centromédullaire ou une plaque, peut nécessiter un arrêt de travail de 4 semaines en cas de travail sédentaire et jusqu'à environ 21 semaines en cas de travail physique lourd.

Le traitement des fractures de la jambe par fixateur externe est long, conduisant le plus souvent à un arrêt de 5 à 8 mois selon le type d'activité professionnelle et l'évolution.

Dans tous les cas, parlez à votre médecin de vos conditions de travail (transports, activités manuelles, etc.). Il pourra vous orienter vers votre médecin du travail pour une visite de pré-reprise. Cette consultation permet d'évaluer votre aptitude aux fonctions que vous exercez et de proposer si nécessaire :

  • des mesures spécifiques (ex. : installation d’un poste adapté) ;
  • une reprise temporaire à temps partiel pour motif thérapeutique.

Pour tout arrêt de travail supérieur à 30 jours, une visite auprès du médecin du travail est obligatoire dans un délai de huit jours après votre retour en entreprise.

Par ailleurs, ne reprenez vos activités sportives et de loisir que lorsque votre médecin traitant ou votre chirurgien vous y autorise.

  • Caisse Nationale de l'Assurance. Arrêt de travail. Fracture du tibia et/ou de la fibula. Après avis de la Haute Autorité de santé. Site internet : ameli.fr. Paris ; 2012 [consulté le 24 février 2023]
  • Bertani A, Mathieu L, Rongiéras F, Chauvin F. Fractures de jambe de l'adulte. EMC - Appareil locomoteur 2016;11(2):1-20 [Article 14-086-A-10].
  • Métaizeau J-D, Denis D. Actualités dans les fractures de jambe chez l'enfant. Conférences d'enseignement 2018. Elsevier Masson
  • National Health service. Broken leg. Site internet : NHS. Londres ; 2021 [consulté le 23 février 2023]
  • Warvreille G. Traumatisé des membres. ECN 2020. Orthopédie Traumatologie. 7ème édition actualisée. MED-LINE Éditions.
  • Kohlprath R, Assal M, Uçkay I, Holzer N, Suva D, Hoffmeyer P. Fractures ouvertes de la diaphyse tibiale chez l'adulte : prise en charge chirurgicale et complications. Rev Med Suisse. 2011;7:2482-2488
  • Recommandations formalisées d’experts. Prévention de la maladie thromboembolique veineuse postopératoire. Actualisation 2011. Annales Françaises d'Anesthésie et de Réanimation. 2011;(30):947-951
Cet article vous a-t-il été utile ?
Pourquoi cet article ne vous a pas été utile ?
Le champ avec astérisque (*) est obligatoire.