Fracture de l'extrémité supérieure du fémur : traitement chirurgical

05 mai 2017
Une fracture de l’extrémité supérieure du fémur est une urgence chirurgicale. Le chirurgien peut immobiliser l’os fracturé grâce à du matériel (vis, plaques, etc.) ou poser une prothèse. Des complications peuvent survenir après l’intervention chirurgicale.

Un traitement différent selon l’âge du patient

Chez une personne jeune, le traitement a pour but de consolider la fracture et de préserver la vitalité de la tête fémorale.

Chez une personne âgée, le but est de restaurer son autonomie le plus rapidement possible et d’éviter les complications liées à l’alitement prolongé et à la dégradation de l’état de santé du patient.

La chirurgie répond au mieux à ces impératifs. C’est pourquoi l’intervention est rapidement programmée après le diagnostic.

Il existe différentes techniques pour traiter une fracture de l’extrémité supérieure du fémur. Le choix est fait par le chirurgien orthopédique et l’équipe médicale. Il dépend :

  • du type de fracture ;
  • de l’état de la hanche (présence d’arthrose ou non) ;
  • de l’état de général (âge, maladie chronique, autonomie physique, état psychique) ;
  • du contexte social (la personne vit-elle à domicile ou en maison de retraite, entourée ou seule, etc.)

Le traitement des fractures cervicales, ou fracture du col du fémur

Le chirurgien orthopédique peut choisir entre deux solutions.

Elle consiste à solidariser les deux fragments osseux du fémur fracturé à l’aide de vis ou de plaques. Elle est utilisée dans les fractures pas ou peu déplacées chez les personnes âgées. Elle est aussi souvent préférée chez les personnes jeunes, quel que soit le type de fracture.

Elle remplace un ou plusieurs éléments osseux qui constituent l’articulation de la hanche. Il existe divers types de prothèses :

  • La prothèse totale de hanche
    Elle comporte une pièce fémorale, qui vient s'articuler sur une pièce cotyloïdienne (voir schéma). C’est le même type de prothèse qui est utilisé pour traiter une arthrose de hanche, ou coxarthrose. Elle est posée dans le cas de fractures déplacées, ou sur des hanches déjà touchées par l’arthrose.
  • La prothèse cervico-céphalique
    Seuls la tête et le col du fémur sont remplacés. Ce type de prothèse est préféré chez les patients dont l’articulation n’est pas usée par l’arthrose.
  • La prothèse intermédiaire
    La tête et le col du fémur sont remplacés, et une pièce mobile est insérée en vis-à-vis dans le bassin. Elle permet de diminuer l'usure du par la prothèse fémorale.

Vue de la prothèse dans les os de la hanche

Schéma : prothèse totale de hanche

 

Le traitement des fractures de la région trochantérienne

Ce type de fracture est traité par ostéosynthèse (maintien des os entre eux), utilisant différents matériaux (vis, plaques, clous, etc.)

Votre retour à domicile

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Les complications possibles après l'intervention

Tout est mis en place pour que l'évolution soit favorable et que la personne opérée marche à nouveau le plus rapidement possible. Cependant l’intervention chirurgicale et l’hospitalisation peuvent avoir des complications, plus particulièrement chez la personne âgée.

Elles sont favorisées par l’hospitalisation et l’alitement prolongé :

  • phlébite ;
  • infection pulmonaire ou infection urinaire ;
  • escarres (plaie de la peau liée à sa compression prolongée) ;
  • confusion mentale ;
  • perte d’autonomie ;
  • aggravation d’une maladie déjà existante (exemple : problème cardiaque, aggravation d’un diabète...)

Il arrive que la fracture n’évolue pas favorablement. Plusieurs situations peuvent alors survenir :

  • la pseudarthrose c'est-à-dire la non consolidation de la fracture. Elle nécessite une nouvelle intervention chirurgicale ;
  • la nécrose (destruction) de la tête fémorale. Elle est souvent consécutive à une fracture déplacée du col du fémur. Elle apparaît dans les deux années qui suivent et se traduit par des douleurs de l’aine et une difficulté à marcher de plus en plus importante ;
  • l'infection osseuse ou articulaire. Elle peut se développer rapidement, lorsque la contamination se produit au cours de l’intervention chirurgicale.

La mise en place d’une prothèse est le plus souvent bien tolérée pendant de nombreuses années. Cependant, des complications se développent parfois :

  • la  : la pièce fémorale sort de la cavité de la pièce cotyloïdienne. Cette situation survient en général peu de temps après l’intervention, suite à un mouvement accidentel ;
  • la pièce fémorale se détache de l’os. C'est la complication la plus fréquente, qui se traduit par une reprise des douleurs ;
  • la pièce cotyloïdienne s’use ou se détache.

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Sources
  • Oberlin P, Mouquet MC. Les modalités de prise en charge des fractures du col du fémur en France de 1998 à 2009. Études et résultats - drees. 2011;774:1-8.
  • Ehlinger M, Ducrot G, Adam P, Bonnomet F. Fracture de l'extrémité inférieure du fémur de l'adulte. In : Encyclopédie médico-chirurgicale. Techniques chirurgicales, orthopédie, traumatologie. Elsevier Masson ; 2013. [44-800]
  • National Health service (NHS). Hip fracture. Site internet : NHS choices. Londres ; 2016 [consulté le 7 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Évaluation des prothèses de hanche. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2007 [consulté le 7 octobre 2016]