Préparer sa sortie d'hôpital : la vie au quotidien

12 septembre 2017
Chez les personnes âgées, la sortie de l’hôpital après une intervention chirurgicale pour fracture du col du fémur doit être anticipée. Le retour à domicile peut nécessiter des aménagements et des démarches administratives. Chez les personnes plus jeunes, la reprise des activités après fracture de l'extrémité supérieure du fémur est progressive.

Personnes âgées : faciliter le retour à domicile

La sortie de l’hôpital doit être préparée le plus tôt possible après l’intervention chirurgicale pour fracture du col du fémur. En effet, des aménagements matériels et des aides à domicile sont souvent nécessaires aux personnes âgées. Pour les aider, l’Assurance Maladie peut proposer différents types d’aides financières.

Le retour sur le lieu de vie habituel d’une personne âgée est possible, mais nécessite parfois des aménagements :

  • installation de la chambre en rez-de-chaussée ;
  • acquisition d'un réhausseur pour la lunette des WC ;
  • pose de barres d’appui dans les toilettes et la salle de bain ;
  • mise en place de sols antidérapants ;
  • achat ou la location de matériel spécialisé (lit médicalisé, déambulateur, etc.) ;
  • mise en place d’une télé-assistance.

Des personnes aptes à vous aider dans votre quotidien sont souvent nécessaires, au moins dans les premiers temps après la sortie d’établissement. Elles accomplissent des tâches telles que le portage des repas, l’aide à la toilette…

Pour faciliter le retour à domicile, il existe aussi deux types d’aides financières possibles :

  • l’Aide au retour à domicile après hospitalisation (ou ARDH) ;
  • le Plan d'action personnalisé.

Ce dispositif permet de bénéficier d’une prise en charge :

  • des aides humaines (ex : aide-ménagère, transport accompagné, dépannage à domicile, accueil de jour, soins pédicures, etc.) ;
  • des aides techniques (ex : téléalarme, téléphone adapté, rampe, tapis antidérapant, rehausseur de WC, barre d'appui, siège de salle de bains, etc.).

Il est à noter que L’ARDH est attribuable sous conditions de ressources et réservée aux personnes :

  • de plus de 65 ans ;
  • qui relèvent du régime général de l'Assurance Maladie ;
  • titulaires d'une pension vieillesse de la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT).

Pour constituer un dossier avant votre sortie de l’hôpital et obtenir des précisions, adressez-vous à l'assistante sociale de l'établissement de santé où vous êtes hospitalisé.

Le service social de l'hôpital réalise alors une évaluation globale de vos besoins. Il transmet ensuite l'information au service social de la CARSAT. Si l'ARDH vous est accordée, la prise en charge durera 3 mois au maximum. Dans le mois qui suit la demande, le service social de la CARSAT effectue une visite à votre domicile afin de réajuster, si nécessaire, le dispositif.

Il s'adresse, sous certaines conditions, aux personnes :

  • âgées d'au moins 55 ans ;
  • à la retraite, qui relèvent du régime général de l'Assurance Maladie ;
  • nécessitant un soutien du fait de leur âge, de leur santé, de leurs ressources et de leurs conditions de vie à domicile.

Cette aide financière concerne des services très diversifiés (aide au ménage, téléalarme, portage de repas, accompagnements divers, etc.)

Lorsque le retour est impossible, des solutions d’hébergements sont envisageables : établissements de soins de suite et de réadaptation, de soins de longue durée, maisons de retraite, etc.

Vous renseigner sur vos droits à une aide financière

Pour connaître vos droits à une aide financière et les organismes qui les proposent, vous pouvez vous renseigner auprès du Centre Communal d’Actions Sociales (CCAS) de votre mairie.

Vous pouvez également vous informer sur le portail national d’information pour les personnes âgées et leurs proches qui vous renseigne sur les aides, les démarches et les interlocuteurs à contacter.

Personnes plus jeunes : reprise du travail et des activités

Pour les personnes plus jeunes encore très actives, la reprise des activités est progressive.

Pour faciliter votre rétablissement, adoptez de nouvelles habitudes de vie, si nécessaire :

  • si une prothèse de hanche vous a été posée, évitez de vous asseoir sur des sièges bas, ne vous accroupissez pas et ne croisez pas les jambes pour diminuer le risque de de prothèse ;
  • poursuivez l'arrêt du tabac que votre chirurgien et l'anesthésiste vous auront recommandé au moment de l'intervention chirurgicale ;
  • évitez une consommation excessive d'alcool qui favorise les complications post-opératoires ;
  • si vous êtes en surpoids, c'est le moment de prendre les mesures nécessaires. Ainsi, vous préserverez dans le temps votre prothèse de hanche ou vous préserverez votre articulation coxo-fémorale (si vous avez subi une ostéosynthèse).

Si vous avez une activité professionnelle, un arrêt de travail est la règle. Sa durée est adaptée à votre cas et dépend :

  • de l’existence ou non de complication post-opératoire ;
  • de votre état général ;
  • de votre travail : la reprise des activités professionnelles est plus rapide en cas d’activité sédentaire, en moyenne après un à deux mois de repos. En cas de travail physique, la reprise est plus tardive surtout lorsque la station debout et la marche sont nécessaires à l’activité professionnelle et lorsque le poste de travail ne peut pas être temporairement adapté.

Parlez à votre médecin traitant de votre profession et des conditions dans lesquelles vous travaillez (transport, activité manuelle...).

Il peut vous orienter vers votre médecin du travail pour une visite de pré-reprise. Cette visite permet d'évaluer votre aptitude au poste de travail que vous occupez et de proposer des mesures adaptées ou une reprise d’activité à temps partiel pour motif thérapeutique, si nécessaire.

À votre retour en entreprise, après un arrêt de travail supérieur à trente jours, une visite de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire dans un délai de huit jours.

Si vous avez bénéficié de la pose d’une prothèse de hanche, après votre retour à domicile, reprenez progressivement votre vie normale en respectant les conseils et exercices initiés pendant votre séjour à l’hôpital ; vous limiterez ainsi le risque de présent pendant les 3 premiers mois environ.

La marche en terrain plat est possible dès que vous vous en sentez capable.

La conduite automobile est possible après 6 semaines environ.

Ne reprenez pas vos activités sportives et de loisir sans en avoir eu l’autorisation de votre chirurgien. En général, une prothèse de hanche permet la pratique de la majorité des sports de loisirs (cyclisme, natation, golf...) en dehors des sports de contact (football, handball, judo, karaté...) et des activités violentes telles que le ski nautique… Parlez-en à votre chirurgien. En général, la reprise des activités sportives et de loisir est possible après le troisième mois et doit être progressive.

Sources
  • Oberlin P, Mouquet MC. Les modalités de prise en charge des fractures du col du fémur en France de 1998 à 2009. Études et résultats - drees. 2011;774:1-8.
  • National Health service (NHS). Hip fracture. Site internet : NHS choices. Londres ; 2016 [consulté le 12 septembre 2017]
  • Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Arrêt de travail – Arthroplastie de la hanche par prothèse totale après avis de la HAS. Site internet : ameli.fr. Paris ; déc 2012 [consulté le 12 septembre 2017]
  • Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique. Les suites opératoires et les précautions à prendre après l’implantation d’une prothèse de hanche ou de genou. Site internet : SOFCOT. Paris ; 2016 [consulté le 12 septembre 2017]