Fissure anale : que faire pour être soulagé(e) et quand consulter ?

02 janvier 2021
En cas de fissure anale, adoptez des mesures hygiéno-diététiques pour éviter la constipation. Prenez un médicament local ou oral contre la douleur. Si les symptômes persistent ou s’aggravent malgré tout, consultez votre médecin traitant.

Que faire pour favoriser la cicatrisation d'une fissure anale ?

Pour favoriser la guérison d’une fissure anale, vous pouvez prendre vous-même quelques mesures simples. Généralement, cela suffit pour que la plaie cicatrise, surtout si elle est récente.

En cas de fissure anale, régularisez votre transit intestinal

Lutter contre la constipation est indispensable.

Constipation : changer ses habitudes aux toilettes

  • Allez-y à heure fixe (une demi-heure à une heure après le repas). Après chaque repas, le côlon est animé d’ondes de contractions qui peuvent se traduire par un besoin d’aller aux toilettes. C'est le réflexe gastro-intestinal. Votre organisme s'habituera peu à peu à un horaire régulier.
  • Allez-y dès que vous en avez envie, sans laisser passer le besoin.
  • Prenez votre temps aux toilettes sans pour autant faire trop d'effort pour "pousser".
  • L’utilisation d’un marchepied ou les toilettes "à la turque" favorisent la progression des selles dans le canal anal.

Modifier son alimentation pour ne pas être constipé(e)

  • Consommez des aliments riches en fibres alimentaires pour augmenter la fréquence des selles et améliorer leur consistance. Les fibres ont un effet sur le transit par leur capacité à augmenter l’arrivée d’eau dans le côlon, par un effet stimulant direct sur l’intestin, et/ou par leur fermentation par les bactéries. Cette fermentation peut être à l’origine d’une sensation de ballonnement, de distension abdominale et de gaz.
  • Privilégiez les légumes verts et les fruits frais.
  • Consommez, de façon progressive, du pain ou des biscuits au son ou aux céréales complètes ainsi que de légumineuses.
  • Augmentez progressivement sur deux semaines la quantité de fibres pour ne pas entraîner de douleurs ou un ballonnement et atteindre une consommation de 15 à 40 grammes par jour (25 grammes par jour sont en général suffisants).
  • Évitez les aliments trop gras et trop sucrés.
  • Buvez de l'eau régulièrement et en quantité suffisante pour être bien hydraté(e) (au moins 1,5 litres par jour : eau, soupes, jus de fruits sans sucres ajoutés, etc.) Les eaux riches en magnésium sont recommandées pour leur rôle laxatif.

Plus rarement, il s'agit de lutter contre une alternance d'épisodes de constipation et de diarrhée aiguë, par exemple en cas d'intestin irritable.

Continuez de respecter ces principes après la cicatrisation de la fissure anale : cela aide à prévenir les récidives.

Bouger : un atout indispensable pour lutter contre la constipation

Pour cela, il est important de :

  • pratiquer régulièrement une activité physique de différents types et dans toutes les situations du quotidien : se déplacer, prendre les escaliers, bricoler... L’activité physique doit être régulière pour avoir un effet positif sur la santé. C’est pourquoi il est recommandé de faire de l’exercice au moins cinq jours sur sept, et tous les jours dans l’idéal. L’exercice physique ne se limite pas au sport. Ainsi, il peut prendre des formes multiples, incluant :
    • la marche qui est l'activité physique de base, praticable par un grand nombre de personnes, à tout âge et partout,
    • les activités professionnelles et domestiques (jardinage, bricolage...),
    • et certains loisirs (danse, tennis de table... ),
  • diminuer ses comportements sédentaires car c'est la concomitance de l'augmentation de l'activité physique et de la réduction des temps de sédentarité qui produit les effets les plus bénéfiques sur la santé.

Si les règles d'hygiène et de diététique ne suffisent pas, il est possible de recourir, en complément, à des médicaments laxatifs disponibles sans ordonnance. Il existe différents types de laxatifs avec des propriétés différentes. Par ailleurs, certains laxatifs possèdent des contre-indications et des recommandations particulières. Demandez conseil à votre pharmacien pour définir le type de laxatif le plus adapté à votre situation.

Soulagez vos douleurs dues à la fissure anale

Pour atténuer les douleurs dues à une fissure anale, vous pouvez employer deux types de médicaments.

Crèmes, pommades à usage anal et suppositoires

Ces traitements locaux ont des propriétés anesthésiantes, cicatrisantes ou anti-inflammatoires. Les crèmes et pommades s’appliquent une à quatre fois par jour, sur l’anus et le canal anal. Les suppositoires s’utilisent une à trois fois par jour, en fonction des douleurs ressenties.

Des suppositoires lubrifiant le canal anal peuvent être utilisés pour faciliter le passage des selles dans le canal anal lors de la .

Ces traitements locaux peuvent être appliqués après un bain de siège chaud afin de détendre le anal, en évitant toute toilette agressive. Utilisez également un savon au neutre plus adapté  et moins irritant que les savons parfumés. Après la toilette, séchez correctement la zone sans frotter avec du papier toilette doux et sans parfum.

Demandez conseil à votre pharmacien.

Antalgiques par voie orale

Afin de soulager la douleur, vous pouvez utiliser l’un des deux types de médicaments antalgiques suivants :

  • le paracétamol qui est à privilégier : cet antalgique peut être consommé même pendant la grossesse ou l’allaitement. Sa sécurité d’emploi ne doit cependant pas faire oublier les cas où il est contre-indiqué : allergie au paracétamol et insuffisance hépatique. Vous devez être certain que la prise de cet antalgique n’aura pas de conséquences sur votre organisme,
  • un anti-inflammatoire non stéroïdien, appelé "AINS". Certains AINS, comme l’ibuprofène, sont disponibles sans ordonnance pour le traitement des douleurs passagères. Ces médicaments comportent cependant plus de risques d’utilisation que le paracétamol et de contre_indications d'utilisation. Ne dépassez pas 5 jours d'automédication lors de la prise d'AINS pour douleur. Ne prenez pas deux AINS ensemble.

Pour une meilleure efficacité, prenez un médicament le plus tôt possible, idéalement dès le début de la douleur.

Règles à respecter en cas d’automédication

Si vous entreprenez un traitement médicamenteux sans prescription médicale, voici quelques conseils à suivre :

  • suivez bien la posologie recommandée par la notice (dose maximale quotidienne autorisée, quantité et fréquence des prises, intervalle minimum entre deux prises) pour éviter un surdosage toxique ou une accoutumance au produit ;
  • évitez d'associer ou d'alterner des antalgiques de compositions différentes (sauf avis médical contraire) ;
  • n'utilisez pas un médicament si vous présentez l’une des contre-indications précisées dans la notice.

    Quand consulter un médecin en cas de fissure anale ?

    Consultez votre médecin traitant si :

    • la douleur reste importante alors que vous avez appliqué les conseils précédents ;
    • la plaie ne cicatrise pas au bout d’un mois ;
    • la plaie présente des suintements ;
    • la constipation persiste ou s’aggrave ;
    • les saignements (rectorragies) sont importants ou répétés ;
    • vous avez de la fièvre ;
    • la fissure récidive ;
    • vous présentez une maladie chronique : diabète, VIH, ...

    Si vous avez pris un antalgique, indiquez à votre médecin le médicament utilisé, la dose administrée et la fréquence des prises.

    • Société nationale française de colo-proctologie (SNFCP). La fissure anale. Site internet : SNCP. Paris ; 2018 [consulté le 22 avril 2020]
    • National Health service (NHS). Anal fissure. Site internet : NHS. Londres ; 2018 [consulté le 22 avril 2020]
    • Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE). Fissure anale. Site internet : SNFGE. Paris ; 2018 [consulté le 22 avril 2020]