Le traitement de la fibromyalgie

08 septembre 2017
Pour chaque patient atteint de fibromyalgie, le médecin traitant met en place un traitement spécifique et en assure le suivi. En l’absence d’amélioration rapide, il fait appel à des médecins spécialistes (rhumatologues, neurologues, psychiatres), avec lesquels il travaille en coordination.

L’objectif du traitement

L’origine de la douleur fibromyalgique n’étant pas connue, il n’existe pas de traitement spécifique permettant la guérison.

Le traitement vise essentiellement à soulager les symptômes, qui varient beaucoup d’une personne à l’autre. Il est donc propre à chaque patient. Il est mis en place par le médecin traitant, qui en assure ensuite le suivi.
L’objectif du traitement est aussi :

  • de graduer le traitement en fonction de l’impact des symptômes sur les activités quotidiennes ;
  • d’élaborer une approche personnalisée et partagée avec le patient. Un programme thérapeutique adapté à chaque personne est indispensable ;
  • de favoriser la poursuite ou la reprise rapide d’activité.

Le suivi permet au médecin :

  • de faire le point régulièrement avec le patient et de réévaluer sa situation, en particulier ses capacités fonctionnelles (qualité du sommeil, douleurs, fatigue, anxiété, capacité à travailler, etc.) ;
  • d’évaluer de façon régulière l’utilité de chaque traitement délivré, au regard des bénéfices et des effets indésirables.

Compte tenu des incertitudes qui entourent l’origine du syndrome fibromyalgique, le médecin peut proposer une prise en charge graduée, en fonction des symptômes les plus gênants : douleur, troubles du sommeil ou de l’humeur, etc.

Il est important de rappeler au patient l’état potentiellement réversible et donc transitoire de ce syndrome. Dans la plupart des cas cependant, il n’est pas possible de faire disparaître les symptômes. Mais une prise en charge précoce, dès l’apparition de signes évocateurs, permet de réduire leur impact sur la vie quotidienne. Des solutions sont alors proposées et évaluées avec le patient.

En l’absence d’amélioration rapide, le médecin traitant fait appel à des médecins spécialistes (rhumatologues, neurologues, psychiatres, etc.) avec lesquels il travaille en coordination.

Les différents types de prise en charge

Afin d’améliorer la qualité de vie du patient, une prise en charge globale et personnalisée. Plusieurs traitements sont à envisager ; ils se complètent et la participation du patient est un élément important pour améliorer son état de santé.

Le traitement commun à chaque patient fait appel à la réhabilitation physique, complétée éventuellement par une prise en charge médicamenteuse, voire un soutien psychologique.

La principale prise en charge de la fibromyalgie est l’activité physique, qui permet le reconditionnement musculaire. Ses bénéfices sont multiples, car elle :

  • diminue les douleurs, la fatigue et le stress ;
  • accroit les capacités fonctionnelles ;
  • améliore le sentiment de bien-être.

Le médecin traitant va alors :

  • s’assurer que son patient comprend bien ses symptômes ;
  • travailler avec lui pour renforcer sa motivation à pratiquer une activité physique (sachant que le déconditionnement à l’effort peut générer encore davantage de douleur) ;
  • lui donner des conseils pour un bon équilibre entre les périodes d’activités et celles de repos, et pour restaurer une meilleure hygiène de vie.

Idéalement, la reprise progressive ou la poursuite de l’activité physique est adaptée aux recommandations standard : pratiquer une activité quotidienne adaptée, pendant au moins 30 minutes. La pratique est essentielle et chaque patient doit le faire selon ses moyens.

En accord avec le patient, le médecin peut établir un programme de réentrainement, tenant compte de ses capacités : natation, marche, vélo d’appartement, exercices d’étirement ou d’aérobie sous surveillance, etc. Au début, les séances sont courtes, puis leur durée, leur intensité et leur fréquence augmentent progressivement.

Des séances de peuvent aider les patients qui estiment qu’il est difficile de se reconditionner seul à l’effort. L’eau chaude améliore en effet la tolérance aux exercices physique, aide à la relaxation et possède un rôle antalgique.

Le médecin donne également des conseils d’hygiène de vie : le sommeil, l’alimentation, etc.

Le médicament n’est pas forcément la première réponse à apporter dans le traitement de la fibromyalgie. C’est au médecin généraliste d’en décider, selon les symptômes et le retentissement sur la vie quotidienne du patient.

Les antalgiques sont donc prescrits en seconde intention ; ils sont à réserver aux personnes chez qui les traitements non médicamenteux n’ont pas suffi à améliorer significativement la qualité de vie.

Tenant compte des effets secondaires importants des médicaments sur ce syndrome, le médecin traitant doit peser, avec le patient, les bénéfices apportés par le traitement et ses effets indésirables.

Les médicaments pouvant être prescrits sont :

  • les antalgiques de niveau II, comme le tramadol ;
  • les antiépileptiques à visée antalgique (prégabaline ou gabapentine). Ces médicaments ont des effets indésirables : nausées, somnolence, vertiges, prise de poids. Et il faut prêter attention à la conduite automobile ;
  • les antidépresseurs à faible dose et ayant une double action. La duloxétine a un effet antalgique ; l’amitryptiline agit sur les douleurs et les troubles du sommeil.

Le médecin peut conseiller à son patient une prise en charge psychologique quand cela se révèle nécessaire. Cette aide est proposée au cas par cas.

La prise en charge pluridisciplinaire

L’avis d’un médecin spécialiste (rhumatologue, médecin exerçant dans une structure de prise en charge de la douleur, etc.) dans le traitement du patient atteint de fibromyalgie est nécessaire si :

  • l’ensemble des démarches thérapeutiques entreprises n’apporte pas assez de bénéfices au bout de 4 à 6 mois ;
  • le patient a d’emblée de sévères limitations dans ses activités quotidiennes.

Cette prise en charge pluridisciplinaire a lieu le plus souvent en établissement de santé. Elle associe :

  • la poursuite des exercices physiques, de la réadaptation à l’effort et des interventions pour maintenir l’activité physique hors contexte de soins ;
  • une éducation thérapeutique du patient pour lui apprendre à gérer sa douleur, sa fatigue. Ces séances lui permettent de savoir comment organiser ses activités, comment utiliser les médicaments, etc. ;
  • un soutien à la poursuite ou à la reprise des activités ; professionnelles. Ceci se fait en lien avec le médecin du travail ;
  • des thérapies comportementales et cognitives, proposées au cas par cas.

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Sources
  • Goutte J, Maindet-Dominici C, Cathébras P. Syndrome fibromyalgique. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2016:1-8 [Article 6-0512]
  • Encyclopédie Orphanet grand public. La fibromyalgie. Site internet : Orphanet. Paris ; 2006 [consulté le 17 juillet 2017]
  • American College of Rheumatology. Fibromyalgia. Site internet : American College of Rheumatology. Atlanta (Etats-Unis) ; 2017 [consulté le 17 juillet 2017]
  • National health service (NHS) Choices. Fibromyalgia. Site internet : NHS Choices. London ; 2016 [consulté le 17 juillet 2017]
  • Haute autorité de santé (HAS). Rapport d’orientation - Syndrome fibromyalgique de l’adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2010 [consulté le 17 juillet 2017]
  • Société française de rhumatologie (SFR). Comment diagnostiquer la fibromyalgie ? Site internet : SFR. Paris ; 2016 [consulté le 17 juillet 2017]
  • Macfarlane GJ, Kronisch C, Dean LE, Atzeni F, Häuser W, Fluß E & Al. EULAR revised recommendations for the management of fibromyalgia. Ann Rheum Dis 2016;0:1–11.
  • Haute autorité de santé (HAS). Fibromyalgie de l'adulte : favoriser une prise en charge précoce et graduée. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2011 [consulté le 17 juillet 2017]