Fibromes utérins : traitements et méthodes thérapeutiques

17 mai 2017
Actuellement, aucun traitement médical ne fait disparaître définitivement les fibromes de l'utérus. Toutefois, certains médicaments peuvent réduire les symptômes. Lorsque ces symptômes sont importants (hémorragies, infertilité...), un traitement chirurgical peut aussi être envisagé.

Le traitement choisi pour soigner les fibromes dépend de plusieurs facteurs :

  • l’âge et le désir de grossesse ;
  • l’importance des symptômes ;
  • le type de fibromes (nombre, volume, localisation) ;
  • l’état général de la patiente.

Les différents types de traitements

Selon les cas, les fibromes utérins peuvent être traités de diverses manières.

L’abstention thérapeutique et la surveillance

Lorsque les fibromes utérins n’entraînent pas de symptômes, on ne les traite pas. Une surveillance médicale suffit. Les fibromes de ce type régressent ensuite, habituellement après la ménopause.

Un traitement médicamenteux

Selon les cas, le médecin peut proposer à sa patiente un .

  • Des progestatifs sont prescrits. Ils diminuent les saignements abondants entre ou pendant les règles. Cependant, ils ne modifient pas le volume du ou des fibromes. Le peut être donné par voie orale sur une partie du cycle menstruel ou par voie intra-utérine grâce à un dispositif intra-utérin (stérilet) au lévonorgestrel.
  • Des médicaments analogues de la gonadolibérine (GnRH) sont parfois indiqués dans le cas de fibromes très volumineux, ou entraînant des saignements à l’origine d’une anémie. Ils peuvent être prescrits pendant quelques mois pour réduire le volume des fibromes. Toutefois, comme ils ont un effet temporaire, on ne les utilise qu’avant une intervention chirurgicale destinée à enlever ces tumeurs bénignes ou dans l’attente de la disparition spontanée des symptômes lors de la ménopause.
  • Des médicaments diminuant les saignements en agissant sur la coagulation comme l'acide tranexamique.
  • Enfin, certains traitements antalgiques peuvent aider à diminuer les douleurs pelviennes (dans la partie inférieure du bassin).

Un traitement chirurgical

Une intervention chirurgicale est nécessaire lorsque le utérin est responsable d’hémorragies, de douleurs très importantes, d’infertilité ou en cas de fibromes jugés trop volumineux. Selon le nombre de fibromes, leur localisation et leur taille, le chirurgien choisit entre deux techniques différentes :

  • La myomectomie consiste à retirer le ou les fibromes tout en conservant l'utérus. Ainsi, une grossesse ultérieure reste possible. En revanche, de nouveaux fibromes peuvent apparaître après l’opération, ce qui survient dans 20 % des cas environ.
  • L’ est l'ablation de l’utérus. Elle est totale ou subtotale et dans ce cas, le col de l'utérus est conservé.

Que l’utérus soit conservé ou non, le chirurgien peut intervenir de trois façons :

  • en ouvrant la paroi abdominale (laparotomie) ;
  • par . La chirurgie par voie cœlioscopique nécessite de fragmenter le (c'est le morcellement) afin de pouvoir le retirer, morceau par morceau, par de très petites ouvertures de la paroi abdominale. L'Agence Nationale de la Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) recommande de limiter le morcellement aux fibromes non suspects d'être cancéreux lors de l'évaluation pré-opératoire. En effet, le morcellement de la tumeur en vue de son extraction favorise la dissémination dans l'organisme de cellules potentiellement malignes ;
  • par les voies naturelles (c’est-à-dire par le vagin) avec si nécessaire (par exemple pour une myomectomie).
Avant l'intervention chirurgicale

Le chirurgien vous explique le type d'opération envisagé, si nécessaire à l’aide d’un schéma. Il vous informe aussi sur les suites opératoires, la convalescence et la reprise de vos activités. Il recueille votre consentement, afin que le traitement choisi soit le plus adapté à votre situation. N’hésitez pas à lui poser des questions.
L'anesthésiste vous informe du mode d'anesthésie envisagée, soit générale soit locorégionale (réalisée seulement pour la région du corps concernée). 

L’embolisation

L’embolisation artérielle peut être proposée en alternative à la chirurgie si la patiente n’a pas de désir de grossesse.

Cette intervention consiste à obstruer certaines artères qui vascularisent le par l'injection d’un produit, sous contrôle radiologique. Elle est réalisée par un radiologue interventionnel (formé spécialement pour diagnostiquer et traiter des maladies sous contrôle radiologique).

À la suite de l’intervention, le n’est plus vascularisé et diminue de volume progressivement. Cela contribue à atténuer les symptômes ressentis.

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Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Implants d’embolisation artérielle (pour fistule artérioveineuse, tumeur, anévrisme) : Indications en dehors de la topographie cranioencéphalique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2011 [consulté le 7 décembre 2016]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Tuméfaction pelvienne chez la femme - Fibrome. Site internet : Université médicale virtuelle francophone - Campus gynécologie obstétrique. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 7 décembre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Myomectomie vaginale. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 7 décembre 2016]
  • Agence Nationale de Sécurité du Médicaments et des Produits de Santé. Morcellement par cœlioscopie et ablation chirurgicale de fibromes utérins : Avertissement aux Etats-Unis et rappel des recommandations de l’ANSM - Point d'Information du 30 mars 2015. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 7 décembre 2016]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Actualisation de la prise en charge des myomes - Recommandations. Site internet : CNGOF. Paris ; 2011 [consulté le 7 décembre 2016]