Fibrome utérin : quel traitement ?

15 octobre 2020
Actuellement, aucun traitement médical ne fait disparaître définitivement les fibromes de l'utérus. Toutefois, certains médicaments peuvent réduire les symptômes. Lorsque ces symptômes sont importants (hémorragies, infertilité...), un traitement chirurgical peut aussi être envisagé.

Fibrome de l'utérus : le choix du traitement

Le traitement choisi pour traiter les fibromes dépend de plusieurs facteurs :

  • l’âge et le désir de grossesse ;
  • l’importance des symptômes et l'existence de complications ;
  • le type de fibromes (nombre, volume, localisation) ;
  • l’état général de la patiente.

Pour vous informer sur les différents traitements et vous aider à échanger avec le médecin, préparez votre consultation grâce à : Mon-Fibrome.fr

Les différents traitements des fibromes de l'utérus

Pas de traitement mais une surveillance du ou des fibromes

Lorsque les fibromes utérins n’entraînent pas de symptômes, on ne les traite pas. Une surveillance médicale suffit. Les fibromes de ce type régressent ensuite, habituellement après la ménopause.

de l'utérus : un traitement médicamenteux symptomatique

Selon les cas, le médecin peut proposer à sa patiente un .

  • Des progestatifs peuvent être prescrits : acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques) et d’acétate de chlormadinone (Lutéran et génériques). Ils diminuent les saignements abondants entre ou pendant les règles. Cependant, ils ne modifient pas le volume du ou des fibromes. Le peut être donné :
    • par voie orale sur une partie du cycle menstruel,
    • ou par voie intra-utérine grâce à un dispositif intra-utérin (stérilet) au lévonorgestrel.
Progestatifs : mise en garde de l'Agence nationale de sécurité du médicament

Il existe un risque augmenté de méningiome (tumeur, le plus souvent bénigne, des méninges, enveloppes du cerveau et de la moelle épinière) associé à l’utilisation d’acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques) et d’acétate de chlormadinone (Lutéran et génériques).

Si vous prenez l'un de ces médicaments, parlez-en à votre médecin.

  • Des médicaments analogues de la gonadolibérine (GnRH) en injections intramusculaires ( Décapeptyl®, Enantone®, Gosereline®, Gonapeptyl®) sont parfois indiqués dans le cas de fibromes très volumineux, ou entraînant des saignements à l’origine d’une anémie. Ce traitement bloque l’action d’une hormone de la reproduction, l’hormone libératrice des gonadotrophines, et freine la production d’œstrogènes.
    Ce traitement peut être prescrit pendant quelques mois (6 au maximum) pour réduire le volume des fibromes. Toutefois, comme il a un effet temporaire, on ne l'utilise :
    • qu’avant une intervention chirurgicale destinée à enlever le utérin,
    • dans l’attente de la disparition spontanée des symptômes lors de la ménopause.

Des effets secondaires, dus à la baisse de production des œstrogènes, sont souvent présents : bouffées de chaleur, céphalées, irritabilité, prise de poids, sécheresse vaginale, fatigue, troubles de l’humeur...

L'ulipristal ne doit plus être utilisé

Un modulateur des récepteurs de la , l’ulipristal (Esmya) permettait de réduire la taille du .

En raison de la survenue de problèmes hépatiques très graves, l'autorisation de mise sur le marché de l'ulipristal est suspendue depuis mars 2020. Ce médicament ne doit plus être utilisé et vous devez interrompre votre traitement :

  • Votre médecin vous a normalement contacté depuis cette date afin d’organiser avec vous un changement de traitement. Il doit également vous avoir prescrit un bilan hépatique.
  • S’il vous reste des boites d’Esmya, ne les utilisez pas et rapportez les à votre pharmacien.
  • De manière générale, les troubles hépatiques observés survenant pendant le traitement, et quelquefois dans les semaines suivant l’arrêt, consultez en urgence face à tout symptôme anormal survenant même après l'arrêt du traitement : perte d'appétit, de poids, nausées et vomissements, fatigue inhabituelle, jaunissement de la peau ou du blanc des yeux, urines très foncées, douleurs abdominales...
  • Des médicaments pour diminuer les saignements en agissant sur la coagulation comme l'acide tranexamique.
  • Enfin, certains traitements antalgiques peuvent aider à diminuer les douleurs pelviennes (dans la partie inférieure du bassin).

La chirurgie pour de l'utérus

Une intervention chirurgicale est nécessaire lorsque le utérin est responsable d’hémorragies, de douleurs très importantes, d’infertilité ou en cas de fibromes jugés trop volumineux. Selon le nombre de fibromes, leur localisation et leur taille, le chirurgien choisit entre deux techniques différentes :

  • La myomectomie consiste à retirer le ou les fibromes tout en conservant l'utérus. Ainsi, une grossesse ultérieure reste possible. En revanche, de nouveaux fibromes peuvent apparaître après l’opération, ce qui survient dans 20 % des cas environ.
  • L’ est l'ablation de l’utérus. Elle est totale ou subtotale et dans ce cas, le col de l'utérus est conservé.

Que l’utérus soit conservé ou non, le chirurgien peut intervenir de trois façons :

  • en ouvrant la paroi abdominale (laparotomie) ;
  • par cœlioscopie. La chirurgie par voie cœlioscopique nécessite de fragmenter le (c'est le morcellement) afin de pouvoir le retirer, morceau par morceau, par de très petites ouvertures de la paroi abdominale. L'Agence Nationale de la Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) recommande de limiter le morcellement aux fibromes non suspects d'être cancéreux lors de l'évaluation pré-opératoire. En effet, le morcellement de la tumeur en vue de son extraction favorise la dissémination dans l'organisme de cellules potentiellement malignes ;
  • par les voies naturelles (c’est-à-dire par le vagin) avec si nécessaire (par exemple pour une myomectomie).
Avant l'intervention chirurgicale

Le chirurgien vous explique le type d'opération envisagé, si nécessaire à l’aide d’un schéma. Il vous informe aussi sur les suites opératoires, la convalescence et la reprise de vos activités. Il recueille votre consentement, afin que le traitement choisi soit le plus adapté à votre situation. N’hésitez pas à lui poser des questions.
L'anesthésiste vous informe du mode d'anesthésie envisagée, soit générale soit locorégionale (réalisée seulement pour la région du corps concernée). 

de l'utérus : l’embolisation artérielle

L’embolisation des artères utérines peut être proposée en alternative à la chirurgie du .

Si la jeune femme porteuse d'un fibrome a un désir de grossesse, elle doit être informée que cette technique peut avoir un impact sur sa fertilité, même si le risque d'infertilité est faible.

Cette intervention consiste à obstruer certaines artères qui vascularisent le utérin par l'injection d’un produit, sous contrôle radiologique.

Elle est réalisée par un radiologue interventionnel (formé spécialement pour diagnostiquer et traiter des maladies sous contrôle radiologique) et ne nécessite qu'une anesthésie locale des points de .

À la suite de l’intervention, le n’est plus vascularisé et diminue de volume progressivement. Cela contribue à atténuer les symptômes ressentis.

Vidéo : L'embolisation des artères utérines

© Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

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