Fibromes utérins : quel traitement ?

16 janvier 2019
Actuellement, aucun traitement médical ne fait disparaître définitivement les fibromes de l'utérus. Toutefois, certains médicaments peuvent réduire les symptômes. Lorsque ces symptômes sont importants (hémorragies, infertilité...), un traitement chirurgical peut aussi être envisagé.

Fibrome de l'utérus : le choix du traitement

Le traitement choisi pour traiter les fibromes dépend de plusieurs facteurs :

  • l’âge et le désir de grossesse ;
  • l’importance des symptômes ;
  • le type de fibromes (nombre, volume, localisation) ;
  • l’état général de la patiente.

Les différents traitements des fibromes de l'utérus

Pas de traitement mais une surveillance du ou des fibromes

Lorsque les fibromes utérins n’entraînent pas de symptômes, on ne les traite pas. Une surveillance médicale suffit. Les fibromes de ce type régressent ensuite, habituellement après la ménopause.

de l'utérus : un traitement médicamenteux symptomatique

Selon les cas, le médecin peut proposer à sa patiente un .

  • Des progestatifs sont prescrits. Ils diminuent les saignements abondants entre ou pendant les règles. Cependant, ils ne modifient pas le volume du ou des fibromes. Le peut être donné par voie orale sur une partie du cycle menstruel ou par voie intra-utérine grâce à un dispositif intra-utérin (stérilet) au lévonorgestrel.
  • Des médicaments analogues de la gonadolibérine (GnRH) sont parfois indiqués dans le cas de fibromes très volumineux, ou entraînant des saignements à l’origine d’une anémie. Ils peuvent être prescrits pendant quelques mois pour réduire le volume des fibromes. Toutefois, comme ils ont un effet temporaire, on ne les utilise qu’avant une intervention chirurgicale destinée à enlever ces tumeurs bénignes ou dans l’attente de la disparition spontanée des symptômes lors de la ménopause.
  • Un modulateur des récepteurs de la , l’ulipristal (Esmya) permet de réduire la taille du . En raison du risque d'atteinte hépatique grave, l'ulipristal peut être utilisé :
    • en traitement séquentiel (en cures) des symptômes modérés à sévères des fibromes utérins, seulement chez les femmes en âge de procréer qui ne sont pas éligibles à un traitement chirurgical,
    • en traitement pré-opératoire des symptômes modérés à sévères des fibromes utérins chez les femmes adultes en âge de procréer (un seul cycle de traitement jusqu'à 3 mois).
      Ce traitement est contre-indiqué en cas d'anomalies du bilan hépatique. Pour toute femme prenant ce médicament, un bilan hépatique mensuel est indispensable pour repérer une anomalie du fonctionnement du foie.
      Si vous êtes sous ulipristal, signalez à votre médecin tout symptôme anormal : perte d'appétit, de poids, nausées et vomissements, fatigue inhabituelle, jaunissement de la peau ou du blanc des yeux, urines très foncées, douleurs abdominales...
  • Des médicaments diminuant les saignements en agissant sur la coagulation comme l'acide tranexamique.
  • Enfin, certains traitements antalgiques peuvent aider à diminuer les douleurs pelviennes (dans la partie inférieure du bassin).

La chirurgie pour de l'utérus

Une intervention chirurgicale est nécessaire lorsque le utérin est responsable d’hémorragies, de douleurs très importantes, d’infertilité ou en cas de fibromes jugés trop volumineux. Selon le nombre de fibromes, leur localisation et leur taille, le chirurgien choisit entre deux techniques différentes :

  • La myomectomie consiste à retirer le ou les fibromes tout en conservant l'utérus. Ainsi, une grossesse ultérieure reste possible. En revanche, de nouveaux fibromes peuvent apparaître après l’opération, ce qui survient dans 20 % des cas environ.
  • L’ est l'ablation de l’utérus. Elle est totale ou subtotale et dans ce cas, le col de l'utérus est conservé.

Que l’utérus soit conservé ou non, le chirurgien peut intervenir de trois façons :

  • en ouvrant la paroi abdominale (laparotomie) ;
  • par cœlioscopie. La chirurgie par voie cœlioscopique nécessite de fragmenter le (c'est le morcellement) afin de pouvoir le retirer, morceau par morceau, par de très petites ouvertures de la paroi abdominale. L'Agence Nationale de la Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) recommande de limiter le morcellement aux fibromes non suspects d'être cancéreux lors de l'évaluation pré-opératoire. En effet, le morcellement de la tumeur en vue de son extraction favorise la dissémination dans l'organisme de cellules potentiellement malignes ;
  • par les voies naturelles (c’est-à-dire par le vagin) avec si nécessaire (par exemple pour une myomectomie).
Avant l'intervention chirurgicale

Le chirurgien vous explique le type d'opération envisagé, si nécessaire à l’aide d’un schéma. Il vous informe aussi sur les suites opératoires, la convalescence et la reprise de vos activités. Il recueille votre consentement, afin que le traitement choisi soit le plus adapté à votre situation. N’hésitez pas à lui poser des questions.
L'anesthésiste vous informe du mode d'anesthésie envisagée, soit générale soit locorégionale (réalisée seulement pour la région du corps concernée). 

de l'utérus : l’embolisation artérielle

L’embolisation artérielle peut être proposée en alternative à la chirurgie du si la patiente n’a pas de désir de grossesse.

Cette intervention consiste à obstruer certaines artères qui vascularisent le utérin par l'injection d’un produit, sous contrôle radiologique. Elle est réalisée par un radiologue interventionnel (formé spécialement pour diagnostiquer et traiter des maladies sous contrôle radiologique).

À la suite de l’intervention, le n’est plus vascularisé et diminue de volume progressivement. Cela contribue à atténuer les symptômes ressentis.

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