Fibrillation auriculaire : symptômes, diagnostic, évolution

27 juillet 2018
La fibrillation auriculaire peut rester asymptomatique ou provoquer notamment des palpitations cardiaques. Cette maladie est diagnostiquée par un électrocardiogramme. Des examens complémentaires permettent d’identifier des affections associées ou l’apparition de complications.

Les symptômes de la fibrillation auriculaire

Dans certains cas, aucun symptôme perceptible ne permet d’identifier la fibrillation auriculaire ou atriale.

Elle peut alors :

Parfois, à l’inverse, la fibrillation auriculaire cause des symptômes variés :

Par ailleurs, tous ces symptômes peuvent intermittents.

Diagnostic de la fibrillation auriculaire

La consultation médicale

Le médecin traitant interroge la personne sur ses symptômes, puis il l'examine et prend sa tension artérielle à la recherche d'une hypertension artérielle. L'auscultation cardiaque met en évidence un rythme cardiaque rapide et irrégulier. 

Comment compte-t-on les battements cardiaques ?

Les pulsations du cœur sont facilement perceptibles sur plusieurs parties du corps. Habituellement, le médecin "prend le pouls" au poignet, endroit simple d'accès. Il peut compter les battements plus précisément en auscultant le cœur avec un stéthoscope. En cas de fibrillation auriculaire, cette deuxième méthode est préconisée.

Pour préciser le diagnostic, un électrocardiogramme (ECG) est réalisé.

Si une fibrillation atriale (auriculaire) est diagnostiquée ou suspectée, le patient est adressé à un cardiologue pour compléter le bilan.

Le bilan d'une fibrillation auriculaire

En cas de troubles du rythme cardiaque brefs et inconstants, on effectue un "Holter ECG" : électrocardiogramme impliquant des enregistrements sur 24 heures. Cet examen est pratiqué au moyen d’un petit appareil de la taille d’un baladeur, qui enregistre les pulsations et le rythme du cœur. Le patient porte cet équipement sur lui en poursuivant ses activités habituelles. Cet examen permet de mettre en évidence des épisodes intermittents de fibrillation auriculaire.

Si les examens menés confirment l'existence d’une fibrillation auriculaire, le cardiologue poursuit le bilan avec :

  • des analyses sanguines : dosage hormonal recherchant une hyperthyroïdie, bilan sanguin de risque cardiovasculaire (bilan lipidique, glycémie), bilan de coagulation, rénal... ;
  • une échocardiographie transthoracique complétée si nécessaire par une échocardiographie transoesophagienne : cet examen recherche une éventuelle cause cardiaque à la fibrillation auriculaire, l'existence d'un caillot de sang dans une oreillette et d'une insuffisance cardiaque ;
  • un  électrocardiogramme d'effort (ECG d'effort) si nécessaire ;
  • une polysomnographie en présence d'un syndrome d'apnées du sommeil.
La fibrillation auriculaire reconnue au titre d’affection de longue durée (ALD)

En cas de fibrillation auriculaire, le médecin traitant peut demander, selon certains critères médicaux, une reconnaissance au titre d’affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins en rapport avec cette pathologie sont alors pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie.

Les complications possibles de la fibrillation auriculaire

En l'absence de traitement, la fibrillation auriculaire (atriale) expose à deux types de complications :

  • les complications cardiaques : la fibrillation auriculaire diminue l'efficacité du cœur, qui remplit moins bien son rôle de pompe. Ce phénomène peut être à l’origine d'une insuffisance cardiaque ou de l'aggravation d’une maladie cardiaque associée.
  • les complications thrombo-emboliques : la fibrillation auriculaire favorise la formation de caillots de sang dans les du cœur, qui, projetés dans la circulation artérielle, sont responsables d'une artérielle (obstruction brusque d’une artère, dû à un corps étranger). Les caillots de sang peuvent obstruer les vaisseaux qui irriguent la tête et provoquer un accident vasculaire cérébral ou "AVC" ou migrer dans les vaisseaux irrigant le cœur et provoquer un infarctus du myocarde.
Quand appeler les secours d’urgence ou son médecin ?

Certains symptômes nécessitent d’appeler les secours d’urgence.
Il faut appeler en urgence le 15 (ou le 112 depuis un téléphone portable) :

  • si les palpitations liées à votre fibrillation auriculaire s'accompagnent d'une douleur ou d'une oppression dans votre poitrine, ou de tout autre signe évoquant un infarctus du myocarde ;
  • si vous présentez les symptômes d’un accident vasculaire cérébral.

En revanche, il est préférable de consulter votre médecin traitant :

  • si vous avez des palpitations inhabituelles ou d’apparition récente ;
  • si les troubles du rythme cardiaque liés à votre fibrillation auriculaire sont associés à une faiblesse ou à une fatigue.
Sources
  • European Society of Cardiology (ESC). Guidelines for the management of atrial fibrillation. Site internet : escardio.org. Sophia Antipolis (France) ; 2016 [consulté le 20 mars 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide Parcours de soins. Fibrillation atriale. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 20 mars 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations. Fibrillation auriculaire. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 20 mars 2018]
  • Brembilla-Perrot B. Fibrillation auriculaire. EMC - Cardiologie 2017:1-17 [Article 11-034-A-10]