Fibrillation auriculaire ou atriale : définition et facteurs favorisants

02 janvier 2021
La fibrillation auriculaire (ou atriale) est un trouble du rythme cardiaque qui accélère le cœur et le fait battre de manière irrégulière. Son apparition est favorisée par le vieillissement et la présence d'une pathologie cardiaque (HTA, maladie des valves cardiaque...), d'une obésité, d'un syndrome d'apnée du sommeil obstructive...

Qu’est-ce qu’une fibrillation auriculaire ou atriale ?

La fibrillation auriculaire, aussi appelée fibrillation atriale, est un trouble du rythme cardiaque.

En temps normal, et cardiaques se contractent sous l’effet d’une impulsion électrique, au rythme régulier de 60 à 100 battements par minute (au repos).

La fibrillation auriculaire est définie par une activité électrique anarchique et rapide du muscle des (cavités supérieures du cœur), qui se traduit par la contraction désordonnée et inefficace de ces , suivie par la contraction irrégulière er rapide des (tachyarythmie).

En cas de fibrillation auriculaire, les impulsions électriques trop fréquentes et inefficaces des oreillettes provoquent :

  • des contractions des très rapides et saccadées (400 à 600 par minute), au point que cette partie du cœur semble immobile ;
  • une stagnation du sang dans les qui se contractent mal, en particulier dans l’oreillette gauche, lieu de formation de caillots de sang. Ces caillots ou thrombus peuvent être propulsés dans une artère et entraîner un accident vasculaire cérébral ;
  • une accélération de la contraction des , situés sous les . Les se mettent aussi à battre vite et irrégulièrement au rythme de 150 battements par minute (on parle de tachyarythmie). Ils sont moins efficaces et le débit cardiaque baisse, pouvant être responsable d'une insuffisance cardiaque.

 La fibrillation auriculaire ou atriale peut :

  • survenir par épisodes, qui durent parfois plusieurs jours, entre lesquels le rythme du cœur est régulier ;
  • être permanente (l’irrégularité des contractions cardiaques est alors constante).

Fibrillation atriale (auriculaire) : qui est concerné ?

Elle concerne 1 % de la population générale, mais surtout la population âgée (plus de 10 % des plus de 80 ans).

20 à 30 % des AVC (accidents vasculaires cérébraux) sont secondaires à une fibrillation auriculaire.

Vidéo : Mécanisme de survenue de la fibrillation auriculaire et symptômes

[Cette animation 3D explique les troubles du rythme cardiaque et le traitement de cette pathologie. Elle est réalisée par Blausen Medical.]

Le cœur est un muscle qui se contracte selon un rythme régulier pendant toute la durée de notre vie. Chaque battement est stimulé par un signal électrique généré par le système de conduction du cœur.

Un cœur normal bat 60 à 100 fois par minute. Parfois, suite à un problème au niveau du système de conduction, le cœur bat trop rapidement, trop lentement ou encore de manière anarchique et irrégulière.

Un examen dénommé électrocardiogramme, ou ECG, permet de mesurer et d'enregistrer l'activité électrique du cœur. Chez les personnes dont le rythme cardiaque est normal, le signal électrique emprunte un trajet spécifique à travers le cœur.

Le signal électrique démarre normalement dans le nœud sinusal de Keith et Flack, ou nœud sino-auriculaire (SA), situé dans l'oreillette droite, excitant les fibres musculaires sur son passage. Le nœud sino-auriculaire déclenche la contraction des oreillettes, ce qui provoque le passage du sang dans les ventricules.

Le signal électrique se propage ensuite à travers le nœud d'Aschoff-Tawara, ou nœud auriculo-ventriculaire (AV), pour atteindre enfin les ventricules. Ce signal déclenche alors la contraction des ventricules activant la pompe cardiaque pour envoyer le sang dans les poumons et dans le corps.

La fibrillation auriculaire est un type d'arythmie ou d'anomalie du rythme cardiaque provoqué par des signaux électriques désorganisés provenant des oreillettes. Cette perturbation du rythme cardiaque porte atteinte à l'orchestration des contractions normales, coordonnées entre les oreillettes et les ventricules, compromettant la capacité du cœur à envoyer efficacement le sang dans le corps.

Chez les personnes atteintes de fibrillation auriculaire, l'activité électrique du nœud sino-auriculaire est désorganisée et très rapide, ce qui provoque une contraction anarchique des oreillettes. Ces contractions irrégulières ne permettent pas de remplir correctement les ventricules avec le sang, ce qui entraîne aussi une irrégularité des contractions ventriculaire.

La fréquence cardiaque peut atteindre jusqu'à 100 à 175 battements par minute ou plus. La fibrillation auriculaire peut provoquer un évanouissement, une sensation de faiblesse et conduire à la formation de caillots de sang ou à d'autres complications.

Cette pathologie se traite par médication ou chirurgie. Chez certains patients, la pose d'un pacemaker (stimulateur cardiaque) s'avère nécessaire afin de réguler le rythme cardiaque.

© Blausen Medical

Les facteurs favorisant la fibrillation auriculaire

Une fibrillation auriculaire ou atriale peut survenir sans cause apparente. Cependant, le vieillissement et une prédisposition familiale en favorisent la survenue.
D'autres facteurs sur lesquels on peut agir sont fréquemment présents : obésité, problèmes cardiaques, apnée du sommeil...

L'âge : le premier facteur de risque de fibrillation auriculaire

Le risque de développer une fibrillation augmente avec l'âge et il est encore plus important si un parent du premier degré (père ou mère, frère ou sœur) a présenté une FA.

L'obésité, le diabète et le syndrome métabolique, facteurs de risque de la fibrillation auriculaire

Le syndrome métabolique, l'obésité et le diabète sont des facteurs de risque bien établis.

Une personne est atteinte de syndrome métabolique lorsqu’elle présente une obésité abdominale (c’est-à-dire un tour de taille > à 94 cm chez les hommes et > à 80 cm chez les femmes) associée à au moins 2 des facteurs suivants :

Les maladies cardiaques, souvent en cause dans la fibrillation auriculaire

Sont le plus souvent responsables de fibrillation auriculaire ou atriale :

L'apnée du sommeil et autres maladies respiratoires

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil semble être un facteur de risque et de mauvaise réponse au traitement s'il n'est pas bien pris en charge.

Une fibrillation auriculaire peut survenir au cours d'une maladie pulmonaire : pneumonieembolie pulmonaire...

Des habitudes de vie

Le tabagisme, une consommation excessive d'alcool et la pratique des sports de grande endurance (marathon par exemple) prédisposent à la fibrillation auriculaire.

Certaines maladies chroniques

Les maladies comme l'hyperthyroïdie (production excessive d’hormones thyroïdiennes) ou la maladie rénale chronique, en raison des troubles du métabolisme qu'elle entraîne, peuvent être en cause.

 

Qu'est-ce qui peut déclencher une fibrillation des du cœur ?

La fibrillation auriculaire survient rarement de manière isolée.

Une consommation exces­sive d’alcool, une prise de drogues, un épisode de fièvre, une électrisation, une intervention chirurgicale ou une activité physique intensive en excès... peuvent la déclencher.

  • European Society of Cardiology (ESC). Guidelines for the management of atrial fibrillation. Site internet : escardio.org. Sophia Antipolis (France) ; 2020 [consulté le 16 décembre 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide Parcours de soins. Fibrillation atriale. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 16 décembre 2020]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations. Fibrillation auriculaire. Site internet : HAS. Saint–Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 16 décembre 2020]
  • Brembilla-Perrot B. Fibrillation auriculaire. EMC - Cardiologie 2017:1-17 [Article 11-034-A-10]
  • Collège national des enseignants de cardiologie. Société française de cardiologie. ECN 2019. Fibrillation atriale. Éditions Elsevier Masson. Issy-les-Moulineaux (France)