Reconnaître un érythème fessier du nourrisson

16 avril 2018
Votre bébé a les fesses rouges et irritées ? Il a probablement un érythème fessier. Frottement de la couche, macération et irritation sont les principaux facteurs favorisants. Les soins en viennent à bout et évitent la surinfection, le plus souvent par un champignon : le candida albicans.

Localisation et symptômes de l'érythème fessier

L'érythème fessier du nourrisson est une dermite du siège due à une irritation de la peau. Il peut être présent dès la troisième semaine de vie et c’est entre 6 et 12 mois qu’il est le plus fréquent.

L’érythème fessier survient souvent lorsque le nourrisson acquiert la position assise par accentuation du frottement avec la couche. Il apparaît alors sur les zones convexes du siège qui sont en contact avec les couches.

Les fesses sont rouge vif et l'érythème fessier dessine comme un W qui recouvre l'intérieur des cuisses, les fesses et le pubis. Les plis sont épargnés.

Les fesses sont rouges et la rougeur est d'abord sèche puis suintante, avec ou sans petits boutons (papules). En l'absence de traitement, l'érythème fessier peut évoluer jusqu'à une peau à vif, douloureuse accompagnée de fissures ou d'ulcérations.  Il s’étend sur les le bas de l' et dans les replis cutanés des cuisses et des fesses du bébé.

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Les facteurs favorisant l'érythème fessier

Le contact prolongé des fesses du bébé avec les selles et l'urine a un effet irritant. La peau des fesses du bébé perd sa fonction de barrière, elle devient perméable aux substances irritantes. C'est alors que les fesses deviennent rouges.

Plusieurs facteurs favorisent la survenue d'un érythème fessier :

  • l'ammoniaque des urines,
  • l'hyperacidité des selles surtout en cas de diarrhée,
  • les frottements de la couche (certaines couches contiennent des composants irritatifs),
  • l'utilisation de couches peu absorbantes (couches lavables en particulier),
  • un changement de couches insuffisamment fréquent (la chaleur, l'humidité et la à l'intérieur des couches favorise la survenue d'un érythème fessier),
  • l'utilisation pour la toilette du siège de produits de soins irritants : lingettes imprégnées de lotion ou produits de toilette inadaptés,
  • un nettoyage du siège insuffisant ou incomplet.

L'évolution de l'érythème fessier

Grâce aux soins d'hygiène, l’érythème fessier guérit en quelques jours.

En l’absence de traitement, la colonisation par un champignon, le , est possible, surtout si les selles sont acides et si la est importante.

Cette mycose cutanée du siège se manifeste par une atteinte des plis (intertrigo) de l'aine ou des fesses : ces plis sont rouge vif, fissuérs et recouverts d'un enduit blanchâtre. De petites pustules en périphérie des lésions peuvent être présentes. Ces lésions évoluent vite et grandissent par leurs bords. Un muguet, au niveau de la bouche, peut être associé.

Les mycoses peuvent également atteindre les muqueuses

La mycose buccale atteint la langue et l'intérieur des joues. Elle est particulièrement fréquente chez le nourrisson et on l'appelle couramment "muguet". Il apparaît sous forme de plaques blanches "caséeuses" sur la langue, à l’intérieur des joues, sur les gencives et sur le palais.

Sources
  • Société canadienne de pédiatrie. L'érythème fessier. Site internet : Soins de nos enfants. Ottawa (Ontario) ; 2017 [consulté le 26 janvier 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Avis de la Commission de la transparence : Aloplastine. Site internet : HAS. Saint Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 26 janvier 2018]
  • Better Health Channel. Nappy rash. Site internet : Better Health Channel. Victoria (Australie) ; 2016 [consulté le 26 janvier 2018]
  • Benoist G, Bourrillon A. Pathologies les plus fréquentes chez le nourrisson âgé de 1 à 9 mois. EMC - AKOS (Traité de Médecine) 2013;8(4):1-17 [Article 8-0280].
  • Lagiera L, Mazereeuw-Hautierc J, Raffina D, Benetond N, Lorettea G, Maruania A, sous l’égide de la Société française de dermatologie pédiatrique. Les dermites du siège du nourrisson. Annales de dermatologie et de vénéréologie. 2015; 142:54-61