Que faire en cas d’érysipèle ?

19 juillet 2021
L'apparition d'un érysipèle conduit impérativement à une consultation médicale. Un traitement antibiotique est nécessaire et doit s’accompagner d’une surveillance. En cas de santé fragile, la consultation devient urgente.

Une consultation médicale sans tarder en cas d’érysipèle

Dès l’apparition des premiers symptômes d’un érysipèle, il faut consulter son médecin traitant car un traitement antibiotique est indispensable. Il est nécessaire de bien suivre le traitement prescrit pendant toute sa durée, sans l’interrompre, même si les symptômes ont disparu. De plus, il est important d’adopter les gestes de surveillance, à savoir :

  • La prise régulière de la température et l'évaluation de la douleur, Sous traitement antalgique, la fièvre et la douleur régressent en 48h. Le paracétamol est utilisé en première intention. Il est impératif de ne pas prendre d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ; ils sont contre-indiqués car ils favorisent la diffusion de l’infection. Cette contre-indication doit être bien respecter pour éviter toutes complications.
  • Le contrôle du placard cutané inflammatoire. Grâce au traitement antibiotique, il régresse lentement et ne doit pas grossir.

Quelles sont les situations urgentes en cas d’érysipèle ?

La consultation devient urgente en cas de risque d’érysipèle grave. Ceci peut se produire lorsque l'état de santé du malade est fragile, ce qui est le cas si :

  • il est diabétique ;
  • il a une insuffisance cardiaque ;
  • il est atteint d’obésité ;
  • il est immunodéprimé ;
  • il présente des symptômes d’infection grave comme une fièvre très élevée ou anormalement basse, un état général très mauvais, une chute de tension artérielle, une faiblesse générale, etc.

Il est aussi urgent de consulter lorsque l’érysipèle évolue mal :

  • il s’étend largement en quelques heures ;
  • la douleur est intense ;
  • il n'est plus possible de bouger le membre affecté (jambe, bras) ;
  • des taches bleues (cyaniques) apparaissent au niveau du placard cutané, la peau crépite au toucher ou le malade n'a plus de sensibilité au niveau de la lésion, l’induration (durcissement) s’étend bien au-delà de l’érysipèle, des zones de nécrose apparaissent ;
  • les signes locaux s’aggravent dans les 48h malgré l’instauration, par le médecin traitant, d’une antibiothérapie adaptée.

  • Belmin J, Chassagne P, Friocourt P, Gonthier R Jeandel C & al. Gériatrie - Chapitre 76 : Dermatologie. 3e éd. Paris: Elsevier;2019:671-90.
  • Société française de dermatologie. L’érysipèle. Site internet : société française de dermatologie. Paris ; 2019 [consulté le 12 juillet 2021]
  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales. Infections cutanéomuqueuses et des phanères, bactériennes, mycosiques de l’adulte et de l’enfant. UE6 n° 152 - 6e éd. Site internet : Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales. Issy-les-Moulineaux (France) : 2020 [consulté le 12 juillet 2021]
  • Haute autorité de santé (HAS). Prise en charge des infections cutanées bactériennes courantes – Synthèse de la recommandation de bonne pratique. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2019 [consulté le 12 juillet 2021]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et complications infectieuses graves - Point d'information du 25 mai 2020. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2020 [consulté le 12 juillet 2021]