Les symptômes et le diagnostic de l'épilepsie

04 avril 2017
L’épilepsie se manifeste de différentes manières. Pour établir le diagnostic, le médecin examine le patient et interroge son entourage. D’autres examens sont prescrits pour définir le type de crise (électroencéphalogramme, analyses biologiques, etc.)

Quels sont les symptômes les plus fréquents ?

Les signes de la maladie varient selon la nature des crises.

Selon la localisation du foyer épileptogène (zone cérébrale où se produit la crise épileptique), les symptômes diffèrent. Il peut s’agir de :

  • secousses musculaires incontrôlées et localisées à un bras ou la moitié du corps par exemple (dites "mouvements tonico-cloniques" ou convulsions) ;
  • hallucinations sensorielles : visuelles, auditives, gustatives (mauvais goût) ou olfactives (mauvaise odeur) ;
  • fourmillements, picotements ou sensations anormales au niveau d'une main par exemple ;
  • déviations de la tête et des yeux ou gesticulations anormales et répétées.

Lorsque ces crises partielles restent sans perte de conscience, elles sont dites "simples". À l’inverse, elles sont qualifiées de "complexes" si la personne perd connaissance. Dans ce cas, le patient ne conserve aucun souvenir de l’épisode (amnésie).

La manifestation la plus typique est la crise tonico-clonique intéressant le corps entier. Accompagnée d’une perte de connaissance complète, elle comprend trois phases :

  1. La phase tonique s’étend sur 1 à 2 minutes. Elle consiste en une contraction de tous les muscles, provoquant parfois une morsure de la langue.
  2. La phase clonique dure environ 20 secondes. Elle se caractérise par des séries de contractions musculaires diffuses et irrégulières, avec un blocage de la respiration.
  3. La phase résolutive correspond à un relâchement musculaire complet. La respiration devient bruyante (ronflement). Parfois, on observe aussi une perte d’urines.

Ce type de crise dure au total quelques minutes (moins de dix) et peut occasionner une chute, voire des blessures. Après ce genre d’épisode, la personne reprend conscience très progressivement, sans aucun souvenir des événements.

Dans certains cas, les crises généralisées se manifestent différemment, par :

  • des mouvements dits "myocloniques" ou épilepsie myoclonique juvénile : il s'agit de secousses musculaires bilatérales et symétriques survenant en pleine conscience chez l'adolescent, favorisées par une nuit de sommeil écourtée, un réveil brusque ou une exposition à la lumière forte ;
  • une atonie (chute du tonus musculaire), causant un tassement de la personne sur elle-même ;
  • des absences, qui touchent le plus souvent les enfants et durent 10 à 20 secondes en général. Durant ces épisodes, la personne concernée interrompt brutalement son activité. Son regard devient fixe, et elle ne répond plus aux sollicitations de son entourage. Après la crise, elle redevient active, avec une amnésie complète de son absence.

Comment réagir en cas de crise d’épilepsie ?

Si une crise se déclare chez une personne de votre entourage, appliquez les conseils suivants :

  • allongez le malade sur le côté en position latérale de sécurité et ménagez de l’espace autour de lui ;
  • protégez sa tête en la plaçant sur un objet souple (ex. : coussin, vêtement plié) ;
  • desserrez ses vêtements au niveau de la ceinture ou du col ;
  • laissez le patient au même endroit pendant toute la durée de la crise, sauf en cas de danger immédiat ;
  • ne tentez pas d’empêcher les mouvements convulsifs ;
  • ne mettez rien dans la bouche du malade et ne lui donnez pas à boire.

Par ailleurs, contactez les secours d’urgence si :

  • la crise dure plus de cinq minutes ;
  • elle se répète, sans retour à la normale dans l'intervalle ;
  • le patient reste inconscient plus de dix minutes.

Position latérale de sécurité

Schéma : position latérale de sécurité (525px)

Comment est établi le diagnostic d’épilepsie ?

La maladie pouvant se présenter sous différentes formes, le diagnostic est souvent délicat à poser, voire tardif.

La consultation médicale se déroule en plusieurs étapes :

  1. Le médecin interroge les personnes qui ont assisté à la crise épileptique, le cas échéant : circonstances de survenue du malaise, description la plus précise des manifestations, traitement pris habituellement par la personne.
  2. Il examine le patient pour déceler éventuellement :
    • des signes de traumatisme (ex. : contusions liées à une chute, morsure de la langue) ;
    • des symptômes généraux (fièvre, manifestations neurologiques révélant une atteinte localisée du cerveau) ;
    • des troubles neurologiques, une morsure de la langue, une confusion après la crise...

Cette démarche poursuit plusieurs objectifs :

  • éliminer d’autres diagnostics possibles (syncope ; attaque de panique ; migraine; convulsions fébriles de l’enfant ; crises convulsives liées à l’alcool, à une substance toxique ; malaise dû à une , à un trouble anxieux ; etc. ;
  • déterminer les caractéristiques de l’épilepsie (atteinte partielle ou généralisée, fréquence et nature des crises, âge de début, etc.) ;
  • rechercher une cause éventuelle de la maladie ;
  • définir son évolution possible, en fonction du profil du patient (âge, état général, existence d’une comorbidité).

Les examens complémentaires

Pour préciser le diagnostic, le médecin peut prescrire divers examens.

Il s’agit d’une courbe représentant les signaux électriques émis par le cerveau (ou "ondes"). Ce tracé est enregistré à l’aide d’électrodes (capteurs) placées sur le cuir chevelu. Il aide à préciser :

  • le type d’épilepsie ;
  • la localisation d’un éventuel foyer épileptogène.

Sur cette courbe, le médecin recherche des séries d’ondes pointues et très rapprochées, caractéristiques de l’épilepsie (suivies ou non d’ondes plus amples). Les EEG enregistrés au cours d’une crise sont les plus typiques. Toutefois, l’enregistrement peut être programmé à la suite, ou à distance, d’une crise, car les signes de la maladie perdurent parfois sur l'EEG entre deux épisodes (on parle de "persistance intercritique").

Pour certains types d’épilepsie, survenant pendant le sommeil, l’EEG peut aussi être effectué quand le patient dort. Un enregistrement vidéo de la personne est réalisé simultanément. Cela permet de mettre en parallèle les symptômes de la maladie et l’activité électrique cérébrale.

L’électroencéphalogramme contribue à définir la cause de l’épilepsie, afin de prescrire le traitement le mieux adapté au patient. Cependant, un EEG ne suffit pas à confirmer le diagnostic, car :

  • chez certains épileptiques, les courbes obtenues restent normales ;
  • les anomalies relevées sur le tracé sont parfois liées à d’autres pathologies (ex. : AVC).

En fonction des signes cliniques et des résultats de l’électroencéphalogramme, la cause de l’épilepsie est parfois recherchée grâce à :

  • des analyses biologiques sanguins (à la recherche d'un syndrome inflammatoire, d'une , de la présence d'un produit toxique ou d'alcool par exemple) ;
  • une IRM (ou à défaut un scanner, aussi appelé tomodensitométrie) du cerveau. Cet examen est d’ailleurs systématique en cas d’épilepsie partielle de l’adulte. Si nécessaire, il est réalisé en urgence (par exemple pour localiser une éventuelle après un AVC).
La prise en charge comme affection de longue durée de l'épilepsie sévère

Si vous êtes atteint d’épilepsie sévère, votre médecin traitant peut demander la reconnaissance de votre maladie comme affection de longue durée (ALD). Si elle est acceptée, les examens et les soins en rapport avec votre épilepsie sont pris en charge à 100 %, sur la base des tarifs de l’Assurance Maladie.

Pour en savoir plus sur vos droits en cas d’ALD, consulter l'article dans la rubrique « Droits et démarches ».

N° d’Urgence Médicale

Samu : 15 Pompiers : 18 Appel d'urgence européen : 112
Ces numéros sont gratuits et peuvent être appelés d'un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile même bloqué ou sans crédit.
Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Épilepsie. Site internet : Inserm. Paris ; 2012 [consulté le 23 septembre 2016]
  • Collège des enseignants en neurologie (CEN). Épilepsies de l'enfant et de l'adulte. Site internet : Collège des enseignants en neurologie. Paris ; 2014 [consulté le 23 septembre 2016]
  • Le Reste PJ, Biraben A. Étiologie des épilepsies. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris) – Neurologie. 2011;17-044-C-90
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide ALD médecin – Épilepsie grave. Site internet : Haute Autorité de santé. Paris ; 2007 [consulté le 23 septembre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Épilepsies graves. Actes et prestations. Site internet : Haute Autorité de santé. Paris ; 2016 [consulté le 23 septembre 2016]
  • Société française de Neurologie. Prise en charge d'une première crise d'épilepsie de l'adulte. Site internet : Société française de Neurologie. Paris ; 2014 [consulté le 23 septembre 2016]
  • Rheims S, Ryvlin P. Épilepsie de l’adulte. Rev Prat. 2010;60(10):1461-1467.
  • Plouin P. Épilepsies de l’enfant. Rev Prat. 2012;62(10):1369-1414.