Vivre avec une épaule douloureuse chronique

16 mai 2017
Si vous souffrez d'une épaule douloureuse chronique, suivez bien les conseils donnés par les professionnels de santé et adoptez les gestes qui ne déclenchent pas les douleurs. Si vous avez une activité professionnelle, échangez avec votre médecin sur les mesures à prendre.

Le suivi médical en cas d'épaule douloureuse chronique

Essayez d'adopter les conseils suivants si vous souffrez de douleurs chroniques de l'épaule :

  • faites-vous suivre régulièrement par votre médecin traitant tant que la guérison n'est pas complète ;
  • respectez bien le traitement, y compris la rééducation, qui vous a été prescrit pour prévenir les complications ;
  • appliquez les conseils donnés par le chirurgien si vous venez d'être opéré ;
  • l’immobilisation totale de l’épaule n’est pas recommandée sauf dans les jours qui suivent une opération chirurgicale.

La vie quotidienne avec une épaule douloureuse

Jour après jour, ménagez votre épaule et adaptez votre activité professionnelle si nécessaire.

Épargnez votre épaule chaque jour

Voici quelques conseils pour ménager votre épaule douloureuse :

  • évitez les mouvements du bras répétitifs ou prolongés au-dessus de l'horizontal, les mouvements brusques, les postures et situations qui augmentent les douleurs ;
  • évitez de porter de lourdes charges ;
  • pour ne pas avoir mal la nuit, ne dormez pas sur l'épaule douloureuse. Dormez sur le dos ou sur le côté opposé et positionnez confortablement le membre concerné par les douleurs en le posant, si nécessaire, sur un oreiller placé sous l'avant-bras ;
  • pour vous habiller, enfilez vos vêtements en commençant par l'épaule douloureuse. Faites-vous aider pour toutes les fermetures situées dans le dos : agrafe de soutien-gorge par exemple ;
  • supprimez les activités sportives nocives pour votre épaule (sports de lancer ou à risque de chute).

Si vous exercez une activité professionnelle

Parlez à votre médecin traitant de votre activité professionnelle : travail sédentaire ou physique, port de charges ou non, élévation de charges au-dessus du plan des épaules… Tous ces renseignements lui sont utiles pour sa prescription de repos.

Ainsi, des douleurs chroniques mais bénignes peuvent ne pas nécessiter d’arrêt de travail.

Dans les autres cas, votre médecin traitant vous prescrit un arrêt de travail. Sa durée peut être très variable. Elle dépend :

  • de l’étendue des lésions ;
  • du côté atteint (bras dominant ou non) ;
  • de la nature de votre travail (sédentaire ou physique, avec ou sans port de charges…) ;
  • et de la nature du traitement, médical ou chirurgical.

Pour une simple et un travail sédentaire ne sollicitant pas l'épaule, un arrêt de travail de moins d’une semaine peut être suffisant.

En cas de traitement chirurgical d’une rupture des tendons, et un travail très physique nécessitant le port de lourdes charges, un arrêt de travail de six mois peut être nécessaire.

Si votre médecin traitant vous a prescrit un arrêt de travail, il peut vous orienter vers votre médecin du travail pour une visite de pré-reprise. Cette visite permet d'évaluer votre aptitude au poste de travail que vous occupez et de proposer des mesures adaptées, si nécessaire : adaptation du poste, reclassement professionnel...

Si votre travail est à l’origine des lésions de votre épaule, votre médecin traitant vous aide dans vos démarches de reconnaissance de maladie professionnelle.

À votre retour en entreprise, si votre arrêt a duré plus de trente jours, une visite de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire dans un délai de huit jours.

Comment déclarer une maladie professionnelle ?

Dans certaines conditions, les tendinites de l'épaule peuvent être reconnues comme une maladie professionnelle (Tableau 57 : de la coiffe des rotateurs).

Une fois votre demande déposée, la reconnaissance de maladie professionnelle est acceptée si les conditions prévues par le tableau 57 sont respectées, à savoir :

  • diagnostic confirmé ;
  • exposition au risque reconnue pendant une durée précisée ;
  • respect des délais prévus pour la déclaration ;
  • respect de la liste des travaux ou gestes professionnels pour cette maladie.

Si certaines conditions ne sont pas réunies, le dossier doit être examiné par le Comité régional de reconnaissance d'une maladie professionnelle (CRRMP).

Sources
  • Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Arrêt de travail - Épaule - Rupture des tendons de la coiffe des rotateurs, après avis de la HAS. Site internet : ameli.fr. Paris ; 2011 [consulté le 17 mai 2016]
  • Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Arrêt de travail - Épaule - Tendinopathie de la coiffe des rotateurs, après avis de la HAS. Site internet : ameli.fr. Paris ; 2011 [consulté le 17 mai 2016]
  • Srour F, Barette G, Loubiere M. Rééducation de l'épaule douloureuse non opérée, non instable. EMC - Kinésithérapie-Médecine physique-Réadaptation 2015;11(3):1-21 [Article 26-208-G-10]