Les symptômes et le bilan d'une entorse du genou

02 janvier 2021
Douleurs du genou, craquement, sensation de déboitement et d'instabilité, gonflement et impossibilité de poser le pied par terre sont des symptômes d'entorse du genou. Quelques mesures immédiates permettent de les atténuer. L'examen du médecin confirme le diagnostic.

Les symptômes de l'entorse du genou

Les symptômes d'une entorse du genou sont généralement :

  • un craquement du genou lors de l'accident ;
  • une douleur violente, ressentie comme une déchirure ;
  • une sensation de déboîtement, l'impression que le genou part sur le côté puis revient en place ;
  • une sensation d'instabilité du genou ;
  • un gonflement du genou.

Ces signes peuvent s'accompagner d'une boiterie ou d'une impossibilité à s'appuyer sur la jambe et à marcher.

Les symptômes ne sont pas toujours présents (le genou, par exemple, peut ne pas gonfler) et ne sont pas proportionnels à la sévérité des lésions et donc à la gravité de l'entorse. Ainsi, la douleur peut être modérée lors d'une entorse grave et intense lors d'une entorse bénigne du genou.

Vidéo : Lésions du ligament croisé antérieur du genou et symptômes

[Cette animation 3D explique les facteurs de lésions du ligament croisé antérieur dans le genou et leurs symptômes. Elle est réalisée par Blausen Medical.]

Le ligament croisé antérieur, ou LCA, se situe au centre du genou, le long du ligament croisé postérieur, ou LCP.

Ces ligaments sont étroitement enroulés autour du fémur et du tibia de la jambe, de manière à se croiser en plein milieu du genou, ce qui évite à l'articulation de se déplacer trop en avant ou trop en arrière.

Les lésions du ligament croisé antérieur sont généralement liées aux activités sportives. Toutefois, une déchirure, un étirement ou une rupture d'un ligament croisé antérieur peuvent être consécutifs à un effort physique répété, comme un pivotement ou une torsion excessive du genou.

Les lésions des ligaments croisés antérieurs provoquent généralement un gonflement, une raideur et une douleur. Dans de nombreux cas, un craquement reconnaissable peut être entendu lors du traumatisme.

© Blausen Medical

Entorse du genou : que faire dans l'immédiat ?

Entorse du genou : les gestes immédiats

  • Arrêtez immédiatement l'activité ou le sport en cours : la lésion ligamentaire du genou peut s'aggraver.
  • Mettez votre genou au repos en évitant tout appui sur la jambe concernée.
  • Refroidissez votre genou avec de l'eau fraîche ou de la glace pour diminuer l'inflammation. Ne mettez pas la glace directement sur la peau pour éviter la sensation de « brûlure » provoquée par le froid. Par exemple, disposez la glace dans un linge propre avant de la poser sur le genou. Vous pouvez renouveler l'opération chez vous, toutes les quatre heures, pendant un à deux jours.
  • Posez un bandage sans trop serrer le genou.
  • Surélevez votre jambe si le genou a tendance à gonfler.

Consultez un médecin, le jour même, si les symptômes sont inquiétants.

Si la gêne est très modérée (absence de sensation d'instabilité ou de déboîtement), vous pouvez patienter un à deux jours, en appliquant les conseils simples décrits ci-dessus. Si les symptômes persistent, consultez votre médecin traitant.

J'ai un traumatisme du genou : j'applique le protocole GREC

Dès les premiers symptômes, j'adopte les 4 règles du protocole :

  • Glace.
  • Repos.
  • Élévation de la jambe.
  • Compression.

Entorse du genou : comment lutter contre la douleur ?

Si vous avez mal, vous pouvez prendre un médicament pour soulager la douleur : paracétamol ou anti-inflammatoire non stéroïdien.

Le paracétamol

Il peut être consommé même pendant la grossesse ou l’allaitement.
Sa sécurité d’emploi ne doit cependant pas faire oublier les cas où il est contre-indiqué : allergie au paracétamol et insuffisance hépatique. Vous devez être certain que la prise de cet antalgique n’aura pas de conséquences sur votre organisme. Le paracétamol doit être consommé à la plus petite dose et le moins longtemps possible.

Appliquez les conseils suivants :

  • Commencez par la dose la plus faible possible soit 500 mg, pour un adulte.
  • Respectez :
    • la dose maximale par prise : 1 g par prise maximum,
    • l’intervalle entre les prises : au moins 4 à 6 h,
    • la dose maximale par jour : ne dépassez pas 3 g /jour, sauf avis contraire du médecin. Chez les adultes de moins de 50 kg, il est impératif de consulter la notice pour connaître la dose maximale recommandée en fonction de son poids,
    • l'absence de consommation d’alcool pendant le traitement.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens

La prise d’AINS n’est pas toujours sans risque. Les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens ont de nombreuses contre-indications d'utilisation et des effets secondaires fréquents. 

Dans tous les cas d'automédication, il faut vous reporter à la notice du médicament ou demander conseil à votre pharmacien. 

S’il est nécessaire, le traitement doit respecter les règles suivantes :

  • Utilisez un seul AINS à la dose minimale efficace. Ne prenez pas en même temps plusieurs médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens.
  • Ne dépassez pas 5 jours de traitement contre la douleur.
  • Arrêtez le traitement dès la disparition des symptômes.

Le diagnostic de l'entorse du genou

Le diagnostic d'entorse du genou est essentiellement clinique. Les examens complémentaires sont surtout utilisés pour éliminer une éventuelle fracture ou décider de l'utilité d'une intervention chirurgicale.

Le personne blessée explique les circonstances de survenue de l'accident et les symptômes qu'elle ressent : douleurs du genou, instabilité..

L'examen clinique analyse de la marche (boiterie, évitement de l'appui sur le membre blessé).

Il permet, en général, de poser un diagnostic précis des lésions des ligaments du genou. Il porte en particulier sur :

  • l'analyse de la mobilité du genou et la recherche d'une mobilité anormale (laxité du genou),
  • la recherche d'un à l'intérieur de l'articulation du genou,
  • la recherche d'un hématome (d'un « bleu ») sur le trajet des ligaments latéraux..

Les examens complémentaires nécessaires en cas de traumatisme du genou :

  • Des radiographies des genoux permettent de confirmer qu'il n'y a pas de fracture osseuse associée ou d'arrachement osseux à l'extrémité d'un ligament.
  • D'autres examens peuvent être prescrits en fonction des situations particulières, en particulier une IRM qui analyse l'état des ligaments (un ou des ligaments sont-ils fissurés ou rompus ?), des cartilages et des ménisques.

  • Lustig S, Servien E, Parratte S, Demey G, Neyret P. Lésions ligamentaires récentes du genou de l'adulte. EMC - Appareil locomoteur 2013;8(1):1-17 [Article 14-080-A-20]
  • National Health service. Sprains and strains. Site internet : NHS. Londres ; 2018 [consulté le 14 décembre 2020]
  • Collège français des chirurgiens orthopédistes et traumatologues et Collège français de chirurgie pédiatrique. Boisrenoult P. Lésions péri-articulaires et ligamentaires du genou. ECN 2017. Ellipses Éditions Marketing. Paris
  • Rousseau R, Kajetanek C, Khiami F. Genou traumatique aux urgences. Traité de médecine AKOS, 2018;21(3):1-7. Elsevier Masson SAS
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et complications infectieuses - Point d'information du 18 avril 2019. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 15 décembre 2020]