La consultation et le traitement de l’entorse de la cheville

16 mai 2017
La prise d’antalgiques calme la douleur et réduit l'inflammation. En cas d’entorse importante, la cheville doit être immobilisée de manière partielle ou totale. Des séances de rééducation peuvent être proposées par le médecin.

La consultation pour une entorse de la cheville

Il est important pour le médecin de déterminer :

  • le type d’entorse que vous avez : quel(s) ligament(s) est (sont) atteint(s) ;
  • la gravité de l’entorse (simple élongation ou rupture) ;
  • les lésions associées (par exemple une fracture ou un arrachement osseux).

C’est avant tout par l’interrogatoire et par l’examen de votre cheville qu’il peut faire le diagnostic. Il se base sur :

  • le mécanisme de la torsion du pied ;
  • la notion de craquement audible au moment de l’entorse ;
  • l’intensité de la douleur avec capacité de poursuivre ou non ses activités ;
  • l’existence de zones douloureuses précises ;
  • l’importance et la localisation de l’œdème et de l’ecchymose (hématome).

Il recherche également certains signes en faveur d’une rupture ligamentaire ou de lésions associées.

Ce n’est qu’en cas de suspicion de fracture que des radiographies sont nécessaires.

Dans la grande majorité des cas, il est inutile de pratiquer un scanner, une IRM ou une échographie dans le cas d’une entorse récente de la cheville.

En cas de douleurs et de gonflement important, il peut être difficile pour le médecin d'évaluer le type et la gravité de votre entorse. Il peut être amené à vous revoir au bout de 3 à 5 jours pour vous réexaminer. Un traitement d’attente est mis en place, reposant souvent sur :

  • le repos relatif avec appui autorisé en fonction de la douleur ;
  • l'utilisation de cannes anglaises lors des déplacements ;
  • l’application de glace plusieurs fois par jour en protégeant la peau ;
  • la compression soit par un bandage élastique ou par une attelle avec compartiments gonflables ;
  • la surélévation du membre lésé lors de position assise ou couchée.

Le traitement de l'entorse de la cheville

La première étape indispensable avant tout traitement est de faire un diagnostic précis lésionnel (quel type d’entorse ; quel ligament est atteint) car le choix du traitement va en dépendre.

Photo : patient victime d'une entorse de la cheville

Le traitement de l'entorse de la cheville a différents objectifs :

  • calmer la douleur, réduire l'inflammation et prévenir la phlébite en cas d'entorse grave ou d'antécédents de thromboses ;
  • permettre la cicatrisation de la lésion en immobilisant l'articulation en bonne position, par des méthodes qui dépendent de la gravité de l'entorse ;
  • restaurer à terme les fonctions de l'articulation de la cheville avec une rééducation précoce pour vous permettre de reprendre normalement vos activités quotidiennes et sportives.

La contention

Sa durée est variable selon la gravité de l’entorse et l’évolution de la douleur et de l’œdème. Elle peut se faire par :

  • une chevillière élastique ;
  • des bandes élastiques collées, contention adhésive (strapping) effectuée par le médecin ;
  • une orthèse (ou attelle) semi rigide stabilisatrice ou rigide préfabriquée ;
  • une botte plâtrée ou en résine effectuée par le médecin (de moins en moins utilisée).

Les antalgiques ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens

Pour vous soulager, les applications locales d’anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent également être utilisées.

La rééducation fonctionnelle

Le kinésithérapeute utilise diverses méthodes :

  • de lutte contre la douleur et l’œdème ;
  • de mobilisation précoce pour récupérer la mobilité et éviter la raideur ;
  • de renforcement musculaire ;
  • en dernière phase dès que la douleur le permet des méthodes d’amélioration de la stabilité pour renforcer les réflexes de rattrapage pour éviter l’instabilité source de récidive (travail proprioceptif).

Le nombre de séances préconisés est de 10 pour une entorse récente. La rééducation n’est pas systématique, et se propose en fonction des besoins estimés par le médecin.

Un traitement anticoagulant est indispensable pour éviter les phlébites, si vous êtes complètement immobilisé ou si vous avez déjà eu une .

Dans les entorses bénignes, l’utilisation de glace ou d’un traitement local anti-inflammatoire non stéroïdien, une contention simple (élastique, adhésive) peuvent suffire. Une contention par orthèse semi-rigide peut également être prescrite.

En cas d'entorse moyenne, un traitement associant une orthèse semi-rigide (ou une contention adhésive) et un bandage élastique (pendant quatre à six semaines) est recommandé. Cette contention facilite la reprise de la marche de façon précoce et en toute sécurité, le plus souvent associée à de la rééducation fonctionnelle qui peut être débutée précocement.

Lors d'une entorse grave, à côté du traitement classique comportant une immobilisation totale par botte plâtrée ou en résine pendant 45 jours, un traitement dit fonctionnel est de plus en plus souvent proposé avec une reprise plus précoce de l’appui complet sous couvert d’une orthèse rigide ou semi-rigide qui permet la reprise de la marche avec rééducation fonctionnelle appropriée.

La chirurgie est exceptionnelle et est réservée aux entorses graves chez des jeunes sportifs de haut niveau ou en cas d'autres lésions associées.

Suite à votre intervention chirurgicale, l'Assurance Maladie peut vous accompagner pour préparer au mieux votre retour à domicile.

Un conseiller de l’Assurance Maladie organise votre suivi médical auprès des professionnels de santé de ville de votre choix (masseur kinésithérapeute et/ou infirmier(e) et facilite vos démarches administratives.

Sources
  • T. Bauer, P. Hardy. Entorses de la cheville. EMC - Appareil locomoteur 2011:1-10 [Article 14-089-A-10]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations pour les pratiques de soin : rééducation de l'entorse externe de la cheville. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2000 [consulté le 7 janvier 2013]
  • Leroy H, Renolleau AS. Conduite à tenir devant une entorse de la cheville. Site internet : Université de Nantes – Médecine. Nantes (France) ; 2012 [consulté le 19 juin 2015]
  • Rédaction Minerva. Traitement d'une première entorse de la cheville. Minerva. 2007;6(6):92-4.
  • Assal M, Crevoisier X. Entorse aiguë de la cheville : quelle immobilisation ? Rev Med Suisse. 2009;5(212):1551-4.