La consultation médicale et les soins en cas d’enrouement

04 avril 2017
Si vous souffrez d’enrouement pendant plus d’une semaine, une consultation chez un oto-rhino-laryngologiste (ORL) est nécessaire. Ce praticien examine en détail vos cordes vocales et votre larynx. Ensuite, il vous prescrit un traitement adapté (anti-inflammatoires, rééducation orthophonique, etc.)

Comment se déroule le bilan médical pour une dysphonie ?

Si la dysphonie persiste plus d'une semaine ou en présence de certains symptômes anormaux, votre médecin traitant vous adresse à un oto-rhino-laryngologiste (ORL). Il commence par vous interroger sur vos symptômes et habitudes de vie (consommation d’alcool et/ou de tabac, profession, etc.), puis il vous examine.

Ensuite, le médecin réalise, à son cabinet, un examen indolore permettant de visualiser les cordes vocales et le larynx : la laryngoscopie indirecte. Pour cela, le médecin porte une source lumineuse sur le front et introduit un petit miroir spécifique, dit "laryngien", au fond de la gorge pour observer le larynx et les cordes vocales. Le médecin peut demander à son patient d'émettre des sons pour examiner la mobilité des cordes vocales.

Selon la cause suspectée de l’enrouement, d’autres examens peuvent vous être prescrits pour affiner le diagnostic, par exemple :

  • un bilan phoniatrique, c’est-à-dire une étude du fonctionnement des cordes vocales, réalisée par un phoniatre (spécialiste des troubles de la voix) ;
  • une laryngoscopie directe complétée par des biopsies en cas de lésions ;
    La laryngoscopie directe est réalisée au cabinet du médecin à l'aide d'un endoscope souple (tube mince et flexible). Au préalable, le médecin vaporise un anesthésiant au fond de la gorge afin d'éviter les réflexes nauséeux. Le médecin porte une source lumineuse brillante sur son front afin de bien éclairer le fond de la gorge et introduit l'endoscope par une narine. Il observe ainsi la gorge, le larynx et les cordes vocales.
  • des radiographies ;
  • un scanner ;
  • une IRM.

Les traitements prescrits pour un enrouement

Si vous souffrez d’une dysphonie, l’arrêt du tabac et la baisse de consommation d’alcool sont systématiquement conseillés. L’ORL vous encourage aussi à éviter certains facteurs de risque (environnement sonore très bruyant, pollution atmosphérique ou chimique).

Les autres soins recommandés dépendent de l’origine de la dysphonie.

Le traitement consiste à reposer la voix et à prendre des anti-inflammatoires par voie générale et locale (aérosols), notamment des corticoïdes. Si l’infection est bactérienne, des antibiotiques sont prescrits.

Une mise au repos et une rééducation de la voix chez un autre spécialiste (orthophoniste) sont nécessaires. Pour éviter les récidives, vous pouvez aussi prendre plusieurs mesures utiles :

  • contrôlez votre stress en utilisant par exemple la respiration abdominale (mobilisant les muscles abdominaux) ;
  • humidifiez l’air de votre domicile pour éviter un dessèchement de la gorge ;
  • évitez de crier, de toussoter continuellement ou de passer une nuit blanche, afin de ne pas fatiguer vos cordes vocales ;
  • ne prenez pas de nouveaux médicaments sans l’avis de votre médecin traitant, en raison de leurs effets secondaires possibles sur la voix.

Le traitement des nodules repose le plus souvent sur une rééducation orthophonique, qui peut suffire à faire disparaître les lésions. Si celles-ci persistent, le médecin envisage avec vous une microchirurgie, pour améliorer votre voix. Cette intervention consiste à retirer les nodules au bistouri ou au rayon , d’un geste très précis, au cours d’une laryngoscopie directe. Cette opération, courante et rapide, est aussi prescrite pour l’ablation de polypes et granulomes.

Selon la cause de votre affection, le médecin vous prescrit un traitement adapté. Ce dernier est souvent complété par une rééducation chez l’orthophoniste, qui a plusieurs objectifs :

  • corriger la voix ;
  • diminuer les fausses-routes alimentaires (inhalation de particules ou liquides qui auraient dû rejoindre l’œsophage) ;
  • augmenter l’efficacité de la toux (dont le rôle naturel est de protéger les voies aériennes en cas d’inhalations de particules ou gaz irritants, et d’éliminer les sécrétions produites notamment par les bronches).

En cas d’inflammation chronique du larynx, quelques mesures peuvent être conseillées :

Vous êtes pris en charge par une équipe pluri-disciplinaire. Le plus souvent, ce cancer est traité par la chirurgie, complétée par la radiothérapie et la chimiothérapie.

Sources
  • Faculté de médecine de Grenoble. Diagnostic d’une dysphonie. Site internet : sante.ujf-grenoble.fr. Grenoble (France) ; 2003 [consulté le 21 juin 2016]
  • Collège français d’ORL. Trouble aigu de la parole – Dysphonie. Site internet : umvf.univ-nantes.fr. Paris ; 2011 [consulté le 21 juin 2016]
  • MedlinePlus. Hoarseness. Site internet : nlm.nih.gov. Bethesda (États-Unis) ; 2014 [consulté le 21 juin 2016]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La voix : ses troubles chez les enseignants. Site internet : Inserm. Paris ; 2006 [consulté le 21 juin 2016]
  • Société canadienne du cancer. Laryngoscopie. Site internet : cancer.ca. Toronto (Canada) ; 2016 [consulté le 21 juin 2016]