Le traitement de l'endométriose

22 mars 2021
Pour diminuer la douleur et les lésions d’endométriose, différents médicaments peuvent être prescrits. Dans certains cas, une intervention chirurgicale est proposée pour retirer les lésions. Un soutien psychologique est parfois nécessaire.

Les traitements médicamenteux de l’endométriose douloureuse

Quand mettre en route un traitement d' ?

La mise en route d'un traitement n’est recommandée que lorsque l' affecte la vie quotidienne ou le fonctionnement d’un organe.

Afin de réduire les lésions d’endométriose qui sont hormono-dépendantes et qui évoluent selon le cycle menstruel, le médecin prescrit des médicaments qui provoquent l'arrêt des règles ( ). Grâce à la suppression des règles et donc la disparition des saignements au niveau des lésions d’endométriose, les douleurs s’atténuent ou disparaissent et les lésions régressent.

Cependant, certaines lésions comme les adhérences, les endométriomes (situés au niveau de l’ovaire), les lésions fibreuses cicatricielles sont insensibles aux hormones et ne régressent pas grâce à ce traitement.

Le choix des médicaments pour traiter une

Fixé en concertation avec la jeune femme, il tient compte des contre-indications des médicaments, de leurs effets indésirables possibles et de l'état de santé de la personne.

Un traitement hormonal de première intention

La contraception œstroprogestative : certains contraceptifs œstroprogestatifs utilisés en continu suppriment les règles.

La pose d'un système intra-utérin au lévonorgestrel (stérilet ou dispositif intra-utérin).

Un traitement hormonal de deuxième intention

La contraception microprogestative orale au désogestrel.

L'implant à l'étonogestrel. Il s'agit d'un implant sous-cutané, de longue durée d'action, libérant un et assurant une contraception efficace.

L’acétate de chlormadinone (Lutéran). La Haute Autorité se santé précise qu'en l’absence de données récentes, la place de l’acétate de chlormadinone (Lutéran) dans le traitement de l’endométriose ne peut pas être précisée. Si vous êtes ou avez été traitée par ce médicament, parlez-en à votre médecin.

 Progestatifs Lutényl et Lutéran : mise en garde de l'Agence nationale de sécurité du médicament

Il existe un risque augmenté de méningiome (tumeur, le plus souvent bénigne, des méninges, enveloppes du cerveau et de la moelle épinière) associé à l’utilisation d’acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques) et d’acétate de chlormadinone (Lutéran et génériques).

Si vous prenez l'un de ces médicaments, parlez-en à votre médecin.

 Les analogues de la gonadoliberine (GnRH). Ces médicaments empêchent la production d’hormones gonadotropes, qui stimulent les et provoquent par conséquent une baisse du taux d’œstrogènes (hypo-œstrogénie). Il s’en suit la suppression des règles ( ) et simultanément la disparition des saignements au niveau des lésions d’endométriose.
Ces médicaments sont prescrits sur une durée de 3 à 6 mois, au maximum d'un an. Ils présentent des effets secondaires (bouffées de chaleur, sécheresse cutanée, déminéralisation osseuse ou ostéoporose, liés à l’hypo-œstrogénie qu'ils induisent. Ceux-ci sont corrigés par l'add-back therapie : réintroduction d’un peu d’œstrogènes dans l’organisme, sous contrôle médical, prescrite avant le 3ème mois de traitement.

Le diénogest (hormone dont l'action est proche de celle de la ).

Calmer les douleurs d'

La prise en charge de la douleur est adaptée à chaque patiente et associe les traitements hormonaux, éventuellement la chirurgie et un traitement antalgique.

Les douleurs sont liées au processus inflammatoire, à l'irritation de terminaisons nerveuses et à l'immobilité des tissus à visée antalgique par réaction aux douleurs. 

Pour atténuer les douleurs liées à l' , le médecin prescrit des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Les anti-inflammatoires non stéroïdiens ne doivent pas être utilisés en cas de contre-indications, ni au long cours en raison de leurs effets secondaires gastriques et rénaux. S’il est nécessaire, le traitement doit respecter les règles suivantes et être pris sur avis médical :

  • Utiliser l’AINS à la dose minimale efficace.
  • Ne pas dépasser 5 jours de traitement contre la douleur.
  • Arrêter le traitement dès la disparition des symptômes.

D'autres médicaments agissent sur les douleurs de l' , comme les antidépresseurs utilisés à visée antalgique.

Des thérapies non médicamenteuses sont souvent utiles pour améliorer la qualité de vie et lutter contre la douleur, en complément de la prise en charge médicale :

  • l’acupuncture,
  • l’ostéopathie (thérapie manuelle non manipulative, telle que la fasciathérapie),
  • le yoga,
  • l'hypnose.

Le traitement chirurgical de l'endométriose

Une intervention chirurgicale peut être nécessaire. Elle est alors programmée en concertation avec plusieurs spécialistes : gynéco-obstétricien, urologue (spécialiste de l’appareil urinaire), chirurgien digestif, etc.

Cette opération est recommandée :

  • en cas d’ douloureuse, d'infertilité avec désir de grossesse et selon les organes atteints par l' , sous réserve que la chirurgie apporte plus d’avantages (ex. : diminution des douleurs, amélioration de la fécondité) que d’inconvénients (ex. : incontinence urinaire) ;
  • en cas d'endométriome (lésion d’endométriose au niveau de l’ovaire).

L’intervention permet dans un premier temps de faire le point sur l’étendue et la nature des lésions d’endométriose. Puis, elle consiste à détruire les lésions (par coagulation ou vaporisation au ) ou à les retirer (exérèse). La difficulté chirurgicale est augmentée par la présence de petites lésions disséminées. La chirurgie est réalisée le plus souvent sous cœlioscopie, technique qui facilite les suites opératoires et limite les adhérences.

En cas d’ profonde ou étendue, une laparotomie (ouverture de la paroi abdominale) peut être nécessaire et l'intervention est longue. Parfois l’ablation d une lésion digestive basse du rectum nécessite la mise en place d'une poche de dérivation des matières fécales pendant 1 à 2 mois.

Après l’opération, un traitement hormonal (contraception œtroprogestative, système intra-utérin au lévonorgestrel) est prescrit, en l'absence de désir de grossesse, pour réduire le risque de récidive douloureuse (en l'absence de désir de grossesse).

À noter : Avant d'être opéré(e), une consultation est obligatoire auprès d'un médecin anesthésiste.

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