Les traitements prescrits en cas d’endométriose

22 novembre 2017
Pour diminuer la douleur et les lésions de l’endométriose, différents médicaments peuvent être prescrits. Dans certains cas, une intervention chirurgicale est proposée pour retirer les lésions. Un soutien psychologique est parfois nécessaire.

Les traitements médicamenteux de l’endométriose douloureuse

Pour atténuer les douleurs liées à la maladie, le médecin prescrit des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Afin de réduire les lésions d’endométriose qui sont hormono-dépendantes et qui évoluent selon le cycle menstruel, le médecin prescrit des médicaments qui provoquent l'arrêt des règles (). Grâce à la suppression des règles et donc la disparition des saignements au niveau des lésions d’endométriose, les douleurs s’atténuent ou disparaissent et les lésions régressent. Cependant, certaines lésions comme les adhérences, les endométriomes (situés au niveau de l’ovaire), les lésions fibreuses cicatricielles sont insensibles aux hormones et ne régressent pas grâce à ce traitement.

Ces médicaments sont :

  • Les progestatifs et contraceptifs oraux

Il s’agit de progestatifs (oraux ou à action prolongée) ou de certains contraceptifs œstroprogestatifs utilisés en continu qui suppriment les règles. Ces médicaments peuvent être utilisés d'emblée ou en relais des traitements analogues de la gonadolibétine (GnRH).

  • Les analogues de la gonadoliberine (GnRH)

Ces médicaments empêchent la production d’hormones gonadotropes, qui stimulent les et provoquent par conséquent une baisse du taux d’œstrogènes (hypo-œstrogénie). Il s’en suit la suppression des règles () et simultanément la disparition des saignements au niveau des lésions d’endométriose.

Ces médicaments sont prescrits sur une durée de 3 à 6 mois, voire un an selon les molécules, afin de mettre les au repos.

Ils présentent des effets secondaires (bouffées de chaleur, sécheresse cutanée, déminéralisation osseuse ou ostéoporose, liés à l’hypo-œstrogénie qu'ils induisent. Ceux-ci peuvent être corrigés par l'add-back therapy (réintroduction d’un peu d’œstrogènes dans l’organisme, sous contrôle médical), recommandée au-delà de 3 mois de traitement.

  • Le danazol

Il est rarement utilisé en raison de ses effets secondaires importants (ex. : augmentation de la pilosité).

Les autres traitements de l'endométriose

Dans certains cas, les symptômes de l’endométriose peuvent aussi être soulagés par d’autres traitements que les médicaments.

Enfin, une prise en charge par un psychologue peut se révéler utile et améliorer les résultats du traitement médical :

  • quand les douleurs altèrent la qualité de vie et ont des répercussions psychologiques ;
  • à l’inverse, lorsque des facteurs psychologiques augmentent le ressenti douloureux.

Une intervention chirurgicale est programmée en concertation avec plusieurs spécialistes : gynéco-obstétricien, urologue (spécialiste de l’appareil urinaire), chirurgien digestif, etc. Cette opération est recommandée :

  • en cas d’ douloureuse, sous réserve qu’elle apporte plus d’avantages (ex. : diminution des douleurs) que d’inconvénients (ex. : incontinence, baisse de la fertilité) ;
  • systématiquement en cas d'endométriome (lésion d’endométriose au niveau de l’ovaire).

L’intervention permet dans un premier temps de faire le point sur l’étendue et la nature des lésions d’endométriose. Puis, elle consiste à détruire les lésions (par coagulation ou vaporisation au ) ou à les retirer (exérèse). Elle est réalisée le plus souvent sous . Toutefois, en cas d’ profonde ou étendue, une laparotomie (ouverture de la paroi abdominale) peut être nécessaire. La difficulté chirurgicale est aussi amplifiée en présence de petites lésions disséminées.

Après l’opération, en cas de récidive des douleurs, des médicaments sont prescrits.

À noter : Avant d'être opéré(e), une consultation est obligatoire auprès d'un médecin anesthésiste. Un bilan sanguin n'est pas toujours nécessaire avant l'intervention chirurgicale. Parlez-en à votre médecin.

Sources
  • L. Remoue, R. Fauvet. Endométriose génitale et extragénitale. EMC – AKOS (Traité de Médecine) 2007:1-11 [Article 3-1340]
  • National Health service (NHS). Endometriosis. Site internet : NHS Choices. Londres ; 2015 [consulté le 22 novembre 2017]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Endométriose. Site internet : Inserm. Paris ; 2013 [consulté le 22 novembre 2017]
  • Closon F, Brichant G, Tebache L, Pinzauti S, Nisolle M. L'endométriose de l'adolescente. Médecine thérapeutique / Médecine de la reproduction, gynécologie et endocrinologie. 2013;15(3):228-33
  • Mueller M, Imboden S. Endomériose. Forum Med Suisse 2017;17(32):654-659
  • Association Française de Formation Médicale Continue en Hépato-Gastro-Entérologie. Comment faire le diagnostic d’une endométriose rectosigmoïdienne ? Site internet : FMC-HGE. Paris ; 2013 [consulté le 22 novembre 2017]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge de l’endométriose. Site internet : CNGOF. Paris ; 2006 [consulté le 22 novembre 2017]
  • Académie nationale de chirurgie. Apports du traitement médical et des investigations paracliniques dans le traitement chirurgical de l’endométriose. Site internet : Académie nationale de chirurgie. Paris ; 2010 [consulté le 22 novembre 2017]
  • Roman H, Bourdel N, Rigaud J, Delavierred D, Labat JJ, Sibert L. Endométriose et douleurs pelvipérinéales chroniques. Prog Urol. 2010;20(12):1010-18.