Les traitements prescrits en cas d’endométriose

20 septembre 2018
Pour diminuer la douleur et les lésions de l’endométriose, différents médicaments peuvent être prescrits. Dans certains cas, une intervention chirurgicale est proposée pour retirer les lésions. Un soutien psychologique est parfois nécessaire.

Les traitements médicamenteux de l’endométriose douloureuse

La mise en route d'un traitement n’est recommandée que lorsque l' affecte la vie quotidienne ou le fonctionnement d’un organe.

Afin de réduire les lésions d’endométriose qui sont hormono-dépendantes et qui évoluent selon le cycle menstruel, le médecin prescrit des médicaments qui provoquent l'arrêt des règles (). Grâce à la suppression des règles et donc la disparition des saignements au niveau des lésions d’endométriose, les douleurs s’atténuent ou disparaissent et les lésions régressent. Cependant, certaines lésions comme les adhérences, les endométriomes (situés au niveau de l’ovaire), les lésions fibreuses cicatricielles sont insensibles aux hormones et ne régressent pas grâce à ce traitement.

Le choix du traitement, fixé en concertation avec la jeune femme, tient compte des contre-indications des médicaments, de leurs effets indésirables possibles et de l'état de santé de la personne.

Ces médicaments sont :

Un traitement hormonal de première intention

Un traitement hormonal de deuxième intention

  • La contraception microprogestative orale au désogestrel.
  • L'implant à l'étonogestrel. Il s'agit d'un implant sous-cutané, de longue durée d'action, libérant un et assurant une contraception efficace.
  • Les analogues de la gonadoliberine (GnRH). Ces médicaments empêchent la production d’hormones gonadotropes, qui stimulent les et provoquent par conséquent une baisse du taux d’œstrogènes (hypo-œstrogénie). Il s’en suit la suppression des règles () et simultanément la disparition des saignements au niveau des lésions d’endométriose.
    Ces médicaments sont prescrits sur une durée de 3 à 6 mois, au maximum d'un an.
    Ils présentent des effets secondaires (bouffées de chaleur, sécheresse cutanée, déminéralisation osseuse ou ostéoporose, liés à l’hypo-œstrogénie qu'ils induisent. Ceux-ci sont corrigés par l'add-back therapie : réintroduction d’un peu d’œstrogènes dans l’organisme, sous contrôle médical, prescrite avant le 3ème mois de traitement.
  • Le diénogest (hormone dont l'action est proche de celle de la ).

Pour atténuer les douleurs liées à l', le médecin prescrit des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Les anti-inflammatoires non stéroïdiens ne doivent pas être utilisés au long cours en raison de leurs effets secondaires gastriques et rénaux.

Le traitement chirurgical de l'endométriose

Une intervention chirurgicale est parfois nécessaire. Elle est alors programmée en concertation avec plusieurs spécialistes : gynéco-obstétricien, urologue (spécialiste de l’appareil urinaire), chirurgien digestif, etc.
Cette opération est recommandée :

  • en cas d’ douloureuse, et selon les organes atteints par l' ( profonde),sous réserve que la chirurgie apporte plus d’avantages (ex. : diminution des douleurs) que d’inconvénients (ex. : incontinence) ;
  • en cas d'endométriome (lésion d’endométriose au niveau de l’ovaire).

L’intervention permet dans un premier temps de faire le point sur l’étendue et la nature des lésions d’endométriose. Puis, elle consiste à détruire les lésions (par coagulation ou vaporisation au ) ou à les retirer (exérèse). Elle est réalisée le plus souvent sous . Toutefois, en cas d’ profonde ou étendue, une laparotomie (ouverture de la paroi abdominale) peut être nécessaire. La difficulté chirurgicale est aussi amplifiée en présence de petites lésions disséminées.

Après l’opération, un traitement hormonal (contraception œtroprogestative, système intra-utérin au lévonorgestrel) est prescrit pour réduire le risque de récidive douloureuse (en l'absence de désir de grossesse).

À noter : Avant d'être opéré(e), une consultation est obligatoire auprès d'un médecin anesthésiste.

Sources
  • Haute Autorité de santé. Prise en charge de l'endométriose. Site internet : HAS. Sain-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 22 janvier 2018]
  • National Health service (NHS). Endometriosis. Site internet : NHS. Londres ; 2015 [consulté le 22 janvier 2018]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Endométriose. Site internet : Inserm. Paris ; 2013 [consulté le 22 janvier 2018]
  • Closon F, Brichant G, Tebache L, Pinzauti S, Nisolle M. L'endométriose de l'adolescente. Médecine thérapeutique / Médecine de la reproduction, gynécologie et endocrinologie. 2013;15(3):228-33
  • Mueller M, Imboden S. Endomériose. Forum Med Suisse 2017;17(32):654-659
  • Association Française de Formation Médicale Continue en Hépato-Gastro-Entérologie. Comment faire le diagnostic d’une endométriose rectosigmoïdienne ? Site internet : FMC-HGE. Paris ; 2013 [consulté le 22 janvier 2018]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge de l’endométriose. Site internet : CNGOF. Paris ; 2006 [consulté le 22 janvier 2018]