Endométriose : symptômes, diagnostic et évolution

12 mars 2017
Chez certaines patientes, l’endométriose provoque des douleurs plus ou moins fortes dans la partie inférieure du bassin, en particulier pendant les règles. Elle passe parfois inaperçue. Elle est alors découverte lors d’un bilan par exemple d’infertilité dont elle est une cause fréquente.

Les symptômes de l’endométriose

L’endométriose peut se manifester par différents types de signes.

Elles se manifestent surtout dans la région pelvienne (partie inférieure du bassin) et sont souvent rythmées par les cycles menstruels et peuvent être dues :

  • aux lésions elles-mêmes ;
  • à l'envahissement de nerfs par ces lésions ;
  • aux réactions inflammatoires de l’organisme ;
  • aux adhérences fibreuses et cicatricielles qui se développent parfois entre les organes touchés.

Les symptômes douloureux se manifestent parfois en permanence. Toutefois, dans la plupart des cas, ils sont :

  • récurrents ;
  • rythmés par le cycle menstruel ;
  • plus marqués au moment de l’ovulation et surtout des règles.

Ces douleurs sont souvent fortes, gênent quelquefois les activités quotidiennes et s’accentuent au fil du temps. Néanmoins leur intensité n’est liée ni au volume, ni à la taille des lésions, mais à leur profondeur de pénétration dans la paroi des organes. En cas de lésions profondes, des douleurs peuvent d’ailleurs survenir lors des changements de position.

Enfin, en dehors des périodes de règles, certaines femmes souffrent aussi lors des rapports sexuels (dyspareunie).

Divers signes sont aussi possibles selon la localisation des lésions, à savoir :

  • une dysurie (douleurs lors de la ) ou une (présence de sang dans les urines, si la vessie est touchée) ;
  • une dyschésie (douleurs lors de la ), des rectorragies (sang dans les selles) ou un ténesme (tension douloureuse du anal), en cas de lésions rectales.

Le bilan diagnostique de l’endométriose

L’ étant souvent diagnostiquée tardivement, il peut s’écouler 8 à 10 ans entre les premiers symptômes et la confirmation du diagnostic.

Le médecin traitant évalue la nature et l’importance des symptômes douloureux. En cas de besoin, il adresse sa patiente à un spécialiste en gynécologie ou gynécologie-obstétrique, qui l’examine si possible au moment des règles. Il arrive que ses observations soient tout à fait normales, sans que le diagnostic d’ soit écarté pour autant. Pour affiner son diagnostic, il peut alors prescrire certains examens complémentaires.

Elle est réalisée par voie endovaginale (la sonde de l’échographe est placée dans le vagin, ce qui permet d’obtenir des images de très bonne qualité).

L’IRM est prescrite pour :

  • rechercher d’éventuelles lésions profondes sur le ou les (rectum, vagin, utérus, vessie, uretère, intestin grêle, etc.) ;
  • définir leur nombre et leur emplacement (par exemple, avant un traitement chirurgical).

On l’effectue en cas de suspicion de lésions de la paroi située entre le rectum et le vagin.

Si nécessaire, un bilan des voies urinaires est également prévu (échographie rénale, uro-IRM, etc.)

La cœlioscopie sert à explorer la cavité pelvienne et abdominale pour identifier :

  • les lésions d’ (nombre, localisation) ;
  • les éventuelles adhérences fibreuses et cicatricielles.

Cet examen permet aussi de prélever du tissu endométrial sur les lésions, pour l’analyser et confirmer le diagnostic. En même temps, elle permet, le plus souvent, d’enlever les lésions visibles (phase thérapeutique).

La limite l’ouverture de la paroi abdominale

Cette technique consiste d’abord à pratiquer quatre petites incisions pour insuffler un gaz dans la cavité abdominale. Ensuite, le chirurgien introduit dans cet espace des instruments chirurgicaux et une caméra miniature, à travers les orifices. Cela lui permet d’opérer en surveillant ses gestes sur un écran vidéo.

L’évolution de la maladie

L’ est une affection chronique qui se développe durant toute la période d’activité génitale de la femme. Ainsi, à chaque cycle menstruel, les lésions prolifèrent, saignent et laissent des cicatrices fibreuses.

Grâce au traitement, les symptômes s’atténuent et les lésions régressent. Dans tous les cas, l’endométriose diminue (et disparaît généralement) après la ménopause.

Des complications restent toutefois possibles, à savoir :

  • l’apparition d’adhérences ;
  • une infertilité (très fréquente). En général, elle se déclare dans les formes sévères d’ , lorsque des lésions atteignent le , les ou les . Il est d’ailleurs fréquent que le bilan lié à une infertilité mette en évidence une .
Sources
  • L. Remoue, R. Fauvet. Endométriose génitale et extragénitale. EMC – AKOS (Traité de Médecine) 2007:1-11 [Article 3-1340]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Endométriose. Site internet : Inserm. Paris ; 2013 [consulté le 9 avril 2015]
  • Association Française de Formation Médicale Continue en Hépato-Gastro-Entérologie. Comment faire le diagnostic d’une endométriose rectosigmoïdienne ? Site internet : FMC-HGE. Paris ; 2010 [consulté le 9 avril 2015]
  • The Society of Obstetricians ad Gynaecologists of Canada (SOGC). Endométriose : diagnostic et prise en charge. Site internet : SOGC. Ottawa (Canada) ; 2010 [consulté le 9 avril 2015]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge de l’endométriose. Site internet : CNGOF. Paris ; 2006 [consulté le 9 avril 2015]