Endométriose : symptômes, diagnostic et évolution

22 novembre 2017
Chez certaines patientes, l’endométriose provoque des douleurs plus ou moins fortes dans la partie inférieure du bassin, en particulier pendant les règles. Elle passe parfois inaperçue. Elle est alors découverte lors d’un bilan par exemple d’infertilité dont elle est une cause fréquente.

Les symptômes de l’endométriose

L' peut passer inaperçue et son diagnostic est alors posé lors d'un bilan de stérilité.
Lorsque les symptômes sont présents, c'est la douleur qui domine. Son intensité n'est cependant pas correlée à l'importance des lésions.

Les douleurs d' se manifestent surtout dans la région pelvienne (partie inférieure du bassin) et sont souvent rythmées par les cycles menstruels et peuvent être dues :

  • aux lésions d' elles-mêmes ;
  • à l'envahissement de nerfs par ces lésions ;
  • aux réactions inflammatoires de l’organisme ;
  • aux adhérences fibreuses et cicatricielles qui se développent parfois entre les organes touchés.

Les symptômes douloureux se manifestent parfois en permanence. Toutefois, dans la plupart des cas, ils sont :

  • récurrents ;
  • rythmés par le cycle menstruel ;
  • plus marqués au moment de l’ovulation et surtout des règles (dysménorrhées).

Ces douleurs sont souvent fortes, gênent quelquefois les activités quotidiennes et s’accentuent au fil du temps. Néanmoins leur intensité n’est liée ni au volume, ni à la taille des lésions, mais à leur profondeur de pénétration dans la paroi des organes.

En cas de lésions profondes, des douleurs peuvent d’ailleurs survenir lors des changements de position.

Enfin, des douleurs peuvent être ressenties lors des rapports sexuels (dyspareunie).

Divers symptômes sont aussi possibles selon la localisation de l', à savoir :

  • une dysurie (douleurs et gêne lors de la ), en cas d'atteinte autour de l' ;
  • une (présence de sang dans les urines), si la vessie est touchée ;
  • une dyschésie (douleurs lors de la ) ou un ténesme (tension douloureuse du anal), en cas de lésions de la cloison recto-vaginale.

Le bilan diagnostique de l’endométriose

L’ étant souvent diagnostiquée tardivement, il peut s’écouler 8 à 10 ans entre les premiers symptômes et la confirmation du diagnostic.

Le médecin traitant évalue la nature et l’importance des symptômes douloureux. En cas de besoin, il adresse sa patiente à un spécialiste en gynécologie ou gynécologie-obstétrique, qui l’examine si possible au moment des règles. Il arrive que ses observations soient tout à fait normales, sans que le diagnostic d’ soit écarté pour autant.

Pour affiner son diagnostic, il peut alors prescrire certains examens complémentaires.

Pour permettre la visualisation des lésions d', l'échographie est réalisée par voie endovaginale (la sonde de l’échographe est placée dans le vagin, ce qui permet d’obtenir des images de très bonne qualité).

L’IRM est prescrite pour :

  • rechercher d’éventuelles lésions profondes d' sur le ou les (rectum, vagin, utérus, vessie, uretère, intestin grêle, etc.) ;
  • définir leur nombre et leur emplacement (par exemple, avant un traitement chirurgical).

L'écho- rectale est nécessaire en cas de suspicion d' du rectum.

Si nécessaire, un bilan des voies urinaires est également prévu (échographie rénale, uro-IRM, etc.)

La cœlioscopie sert à explorer la cavité pelvienne et abdominale pour identifier :

  • les lésions d’ (nombre, localisation) ;
  • les éventuelles adhérences fibreuses et cicatricielles.

Cet examen permet aussi de prélever du tissu endométrial sur les lésions, pour l’analyser et confirmer le diagnostic. En même temps, elle permet, le plus souvent, d’enlever les lésions visibles (phase thérapeutique).

La limite l’ouverture de la paroi abdominale

Cette technique consiste d’abord à pratiquer quatre petites incisions pour insuffler un gaz dans la cavité abdominale. Ensuite, le chirurgien introduit dans cet espace des instruments chirurgicaux et une caméra miniature, à travers les orifices. Cela lui permet d’opérer en surveillant ses gestes sur un écran vidéo.

L’évolution de l'endométriose

L’ est une affection chronique qui se développe durant toute la période d’activité génitale de la femme. Ainsi, à chaque cycle menstruel, les lésions prolifèrent, saignent et laissent des cicatrices fibreuses.

Grâce au traitement, les symptômes s’atténuent et les lésions régressent. Dans tous les cas, l’endométriose diminue (et disparaît généralement) après la ménopause.

Des complications restent toutefois possibles, à savoir :

  • l’apparition d’adhérences ;
  • une infertilité (très fréquente). En général, elle se déclare dans les formes sévères d’, lorsque des lésions atteignent le , les ou les . Il est d’ailleurs fréquent que le bilan lié à une infertilité mette en évidence une .
Sources
  • L. Velemir, M. Krief, S. Matsuzaki, B. Rabischong, K. Jardon, R. Botchorishvili, J.-L. Pouly, G. Mage, M. Canis. Physiopathologie de l'endométriose. EMC – Gynécologie 2008:1-16 [Article 149-A-05]
  • L. Remoue, R. Fauvet. Endométriose génitale et extragénitale. EMC – AKOS (Traité de Médecine) 2007:1-11 [Article 3-1340]
  • National Health service (NHS). Endometriosis. Site internet : NHS Choices. Londres ; 2015 [consulté le 22 novembre 2017]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Endométriose. Site internet : Inserm. Paris ; 2013 [consulté le 22 novembre 2017]
  • Closon F, Brichant G, Tebache L, Pinzauti S, Nisolle M. L'endométriose de l'adolescente. Médecine thérapeutique / Médecine de la reproduction, gynécologie et endocrinologie. 2013;15(3):228-33
  • Mueller M, Imboden S. Endomériose. Forum Med Suisse 2017;17(32):654-659
  • Association Française de Formation Médicale Continue en Hépato-Gastro-Entérologie. Comment faire le diagnostic d’une endométriose rectosigmoïdienne ? Site internet : FMC-HGE. Paris ; 2013 [consulté le 22 novembre 2017]
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge de l’endométriose. Site internet : CNGOF. Paris ; 2006 [consulté le 22 novembre 2017]