Les traitements prescrits en cas d’endométriose

05 mai 2017
Pour diminuer la douleur et les lésions liées à l’endométriose, différents médicaments peuvent être prescrits. Une intervention chirurgicale est aussi proposée pour ôter les lésions dans certains cas. Un soutien psychologique est parfois nécessaire.

Les traitements médicamenteux de l’endométriose symptomatique

Lorsque certains signes sont ressentis par la patiente, des médicaments permettent d’améliorer le quotidien.

Pour atténuer les douleurs liées à la maladie, le médecin prescrit des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Afin de réduire les lésions d’endométriose qui sont hormono-dépendantes et qui évoluent selon le cycle menstruel, le médecin peut prescrire des antigonadotropes. Ces médicaments empêchent la production d’hormones gonadotropes, qui stimulent les et provoquent par conséquent une baisse du taux d’œstrogènes (hypo-œstrogénie). Il s’en suit la suppression des règles ( ) et simultanément la disparition des saignements au niveau des lésions d’endométriose. Les lésions régressent et les douleurs s’atténuent ou disparaissent. Cependant, certaines lésions insensibles aux hormones ne régressent pas grâce à ce traitement : les adhérences, les endométriomes (situés au niveau de l’ovaire), les lésions fibreuses cicatricielles.

Il en existe de plusieurs types.

Les analogues de la gonadoliberine (GnRH)

Ce sont les médicaments prescrits en première intention (pour 3 à 6 mois, voire un an selon les molécules) afin de mettre les au repos. Ils présentent des effets secondaires (bouffées de chaleur, sécheresse cutanée, déminéralisation osseuse ou ostéoporose, liés à l’hypo-œstrogénie qu'ils induisent. Ceux-ci peuvent être corrigés par l'add-back therapy (réintroduction d’un peu d’œstrogènes dans l’organisme, sous contrôle médical), recommandée au-delà de 3 mois de traitement.

Le danazol

Il est rarement utilisé en raison de ses effets secondaires importants (ex. : augmentation de la pilosité).

Après la prescription de ce premier traitement, d’autres antigonadotropes peuvent être donnés en relais jusqu'à la ménopause. Il s’agit de progestatifs ou de certains contraceptifs (monophasiques utilisés en continu).

Les autres traitements

Dans certains cas, les symptômes de l’endométriose peuvent aussi être soulagés par d’autres traitements que les médicaments.

Enfin, une prise en charge par un psychologue peut se révéler utile et améliorer les résultats du traitement médical :

  • quand les douleurs altèrent la qualité de vie et ont des répercussions psychologiques ;
  • à l’inverse, lorsque des facteurs psychologiques augmentent le ressenti douloureux.

Elle est programmée en concertation avec plusieurs spécialistes : gynéco-obstétricien, urologue (spécialiste de l’appareil urinaire), chirurgien digestif, etc. Cette opération est recommandée :

  • en cas d’ douloureuse ;
  • sous réserve qu’elle apporte plus d’avantages (ex. : diminution des douleurs) que d’inconvénients (ex. : incontinence, baisse de la fertilité) ;
  • systématiquement en cas d'endométriome (lésion d’endométriose au niveau de l’ovaire).

L’intervention permet dans un premier temps de faire le point sur l’étendue et la nature des lésions d’endométriose. Puis, elle consiste à détruire les lésions (par coagulation ou vaporisation au ) ou à les retirer (exérèse). Elle est réalisée le plus souvent sous . Toutefois, en cas d’ profonde ou étendue, une laparotomie (ouverture de la paroi abdominale) peut être nécessaire. La difficulté chirurgicale est aussi amplifiée en présence de petites lésions disséminées.

Après l’opération, en cas de récidive des douleurs, des médicaments sont prescrits.

À noter : Avant d'être opéré(e), une consultation est obligatoire auprès d'un médecin anesthésiste. Un bilan sanguin n'est pas toujours nécessaire avant l'intervention chirurgicale. Parlez-en à votre médecin.

Sources
  • Les Entretiens de Bichat – Yazbeck C. Traitement médical de l’endométriose. Site internet : Les Entretiens de Bichat. Paris ; 2013 [consulté le 9 avril 2015]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens Français (CNGOF). Prise en charge de l’endométriose. Site internet : CNGOF. Paris ; 2006 [consulté le 9 avril 2015]
  • Académie nationale de chirurgie. Apports du traitement médical et des investigations paracliniques dans le traitement chirurgical de l’endométriose. Site internet : Académie nationale de chirurgie. Paris ; 2010 [consulté le 9 avril 2015]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens Français (CNGOF). Endométriose récidivante – Stratégie thérapeutique. Site internet : CNGOF. Paris ; 2006 [consulté le 9 avril 2015]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Commission de la transparence. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 9 avril 2015]
  • Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS). Les traitements médicamenteux de l’endométriose génitale. Site internet : Fascicules. Saint-Denis (France) ; 2005 [consulté le 9 avril 2015]
  • Roman H, Bourdel N, Rigaud J, Delavierred D, Labat JJ, Sibert L. Endométriose et douleurs pelvipérinéales chroniques. Prog Urol. 2010;20(12):1010-18.