Endométriose : définition et facteurs favorisants

12 mars 2017
L’endométriose est une maladie gynécologique fréquente qui touche près de 10 % des femmes. Elle se caractérise par le développement, hors de la cavité utérine, de tissu semblable à celui de la muqueuse de l’utérus (appelée endomètre).

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’ correspond à la présence, en dehors de l’utérus, de fragments de utérine (endomètre) ou "tissu endométrial", comprenant :

  • des glandes ;
  • du stroma (tissu servant à soutenir, protéger et relier entre eux les nerfs, les vaisseaux sanguins et lymphatiques qu’il contient).

Les lésions endométriales présentent les mêmes caractéristiques que la utérine. En particulier, elles sont sensibles à l’action des hormones ovariennes (œstrogènes). C’est pourquoi on qualifie l’endométriose de "maladie œstrogéno-dépendante". Elle se manifeste ainsi chez les femmes en âge de procréer (c’est-à-dire en période d’activité génitale), parfois dès l’adolescence.

L’appareil génital féminin

Schéma : appareil génital féminin (1)

La localisation des lésions d’endométriose

Le plus souvent, elles sont présentes dans la région pelvienne ou "pelvis" ( , , ligaments utérins, rectum, vessie). Plus rarement, elles se trouvent en dehors du pelvis, au niveau :

  • du côlon ou de l’intestin grêle ;
  • du col de l’utérus, du vagin ou de la vulve ;
  • de la paroi abdominale interne (vers l’ombilic, le creux de l’aine ou dans une zone présentant des cicatrices) ;
  • des uretères (conduits reliant les reins à la vessie) ;
  • de l'épiploon (replis du ).

Exceptionnellement, des lésions d’endométriose peuvent même apparaître sur des organes à distance de l’utérus (ex. : , poumons).

Plusieurs organes peuvent être atteints chez une même femme.

Les facteurs favorisant l’apparition d’une endométriose

L’ se développe en présence de plusieurs facteurs concomitants (on dit qu’elle est "multifactorielle"). Selon les chercheurs, elle surviendrait principalement durant les règles, parce que des fragments d’endomètre remontent dans le pelvis en passant par les (" rétrogrades"). Ces morceaux de se fixeraient alors en dehors de la cavité utérine, sur le ou les organes.

D’autres éléments favorisants ont été identifiés :

  • des problèmes mécaniques qui peuvent obstruer l’appareil génital (ex. : anomalies du col utérin) ;
  • une prédisposition génétique (risque familial de développer la maladie) ;
  • des facteurs hormonaux (les lésions étant hormono-dépendantes) ;
  • une réponse immunitaire et inflammatoire inadéquate de l’organisme, entraînant le développement des lésions.

On sait également que le risque d’avoir une est augmenté chez :

  • les femmes qui n’ont pas eu d’enfant ;
  • celles qui ont des cycles menstruels courts et des règles abondantes.

En revanche, cette probabilité est diminuée chez les femmes utilisant une contraception orale.

Sources
  • L. Velemir, M. Krief, S. Matsuzaki, B. Rabischong, K. Jardon, R. Botchorishvili, J.-L. Pouly, G. Mage, M. Canis. Physiopathologie de l'endométriose. EMC – Gynécologie 2008:1-16 [Article 149-A-05]
  • L. Remoue, R. Fauvet. Endométriose génitale et extragénitale. EMC – AKOS (Traité de Médecine) 2007:1-11 [Article 3-1340]
  • NHS Choices. Endometriosis. Site internet : NHS Choices. Londres ; 2014 [consulté le 9 avril 2015]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Endométriose. Site internet : Inserm. Paris ; 2013 [consulté le 9 avril 2015]
  • Closon F, Brichant G, Tebache L, Pinzauti S, Nisolle M. L'endométriose de l'adolescente. Médecine thérapeutique / Médecine de la reproduction, gynécologie et endocrinologie. 2013;15(3):228-33.