Dyspraxie de l’enfant : soutien familial, scolarité et aides possibles

20 décembre 2018
En cas de dyspraxie, la famille joue un rôle primordial dans la rééducation, en collaboration avec l'équipe de soins. La scolarité peut se dérouler en milieu ordinaire, avec des aménagements et/ou des aides. Si besoin, l’élève peut intégrer une classe ou un établissement spécialisés.

Dyspraxie de l'enfant : le soutien familial est indispensable

Si votre enfant est dyspraxique, votre accompagnement est essentiel pour le bon déroulement des soins. Essayez d’appliquer les principes suivants:

  • Rendez-vous aux différentes consultations médicales prescrites. Vous pouvez aussi encourager votre enfant à participer activement à sa rééducation.
  • N’hésitez pas à contacter régulièrement le psychomotricien et/ou l’ergothérapeute qui dispense le traitement. Il peut vous donner des conseils à suivre chez vous. Si vous les mettez en pratique, vous obtiendrez des progrès plus rapides.
  • Si votre enfant se fatigue vite, essayez d’en tenir compte dans vos exigences.
  • Participez si possible aux réunions fixées par l’équipe éducative (médecin scolaire, enseignants, etc.) Ces rencontres sont l’occasion de faire le point sur les progrès et difficultés observés. Elles permettent d’envisager d’éventuels aménagements pédagogiques, en concertation avec les acteurs de l’école.

La scolarisation de l'enfant dyspraxique

La dyspraxie est reconnue comme un handicap nécessitant des mesures d’accompagnement (loi du 11 février 2005). Toutefois, le plus souvent, l’élève fréquente une classe ordinaire dans son établissement habituel. Une scolarité classique est en effet possible moyennant quelques aménagements simples, définis par les enseignants.

Si les troubles dyspraxiques de l'enfant sont importants, il est parfois préférable de le scolariser dans un cadre plus adapté.

La scolarité classique peut s’accompagner d’interventions de divers professionnels extérieurs à la classe.

Il peut s'agir :

  • de membres (psychologues scolaires et professeurs des écoles spécialisés) des Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED) intervenant dans les classes primaires ;
  • de professionnels du secteur médicosocial (CMPP, CAMPS...) ou des professionnels travaillant en libéral (orthophoniste...), ou par exemple dans un service d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) ;
  • d'un auxiliaire de vie scolaire (AVS) individuel ou mutualisé.

Elles sont conseillées lorsque le besoin d’aide et de soins s’intensifie. Des unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) sont mises en place dans à l'école primaire, au collège et au lycée.

Dans tous les cas, ces structures présentent des caractéristiques particulières, à savoir :

  • un effectif généralement limité à douze élèves par classe ;
  • des cours assurés par un enseignant spécialisé ;
  • éventuellement, l’intervention d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS) collectif. Il apporte son concours au professeur, pour faciliter la prise en charge individualisée de plusieurs élèves.

Lorsque le trouble est important ou s’il existe des problèmes associés, une scolarisation au sein d’une unité d’enseignement en établissement spécialisé peut se révéler nécessaire. Cette scolarisation peut s’effectuer à temps plein dans l’établissement spécialisé, ou à temps partiel, en complément d’une scolarisation en milieu ordinaire.

Difficultés d'apprentissage : des aides et des dispositifs disponibles

Le plus souvent, un cadre formalisé est indispensable pour mobiliser des aides supplémentaires.

Une pédagogie différenciée accompagnée d'aménagements simples mise en place dans le cadre d'un projet personnalisé de réussite éducative (PPRE) et par l’équipe éducative au sein de l’établissement habituel de l'enfant peut suffire : reformulation des consignes, photocopies adaptées, travail en petits groupes, allègement du travail, etc.

Il s’agit par exemple, pour un enfant dyspraxique :

  • de réduire l'usage de l’écrit (en privilégiant l’oral et/ou en utilisant des photocopies) ;
  • d’adapter les contrôles (ex.: reformulation des consignes) ;
  • d’alléger sa charge de travail.

Par ailleurs, des aides supplémentaires sont disponibles sur demande, notamment :

  • la mise à disposition d’un matériel pédagogique particulier (ex.: ordinateur avec logiciels visant à pallier les difficultés graphiques, orthographiques, et/ou en géométrie) ;
  • l’aménagement des examens et concours (augmentation du temps des épreuves, usage d’outils spécialisés, mise en place d’un secrétariat, possibilité de consulter les notes prises en cours, etc.)

Le plus souvent, la mobilisation des aides spécifiques nécessite un cadre formalisé. Il en existe deux types : le plan d’accompagnement personnalisé et le projet personnalisé de scolarisation.

Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP)

Le plan d'accompagnement personnalisé est un dispositif d'accompagnement pédagogique qui s'adresse aux élèves qui connaissent des difficultés scolaires durables ayant pour origine un ou plusieurs troubles des apprentissages et pour lesquels des aménagements et adaptations de nature pédagogique sont nécessaires, afin qu'ils puissent poursuivre leur parcours scolaire dans les meilleures conditions

Le PAP est élaboré à la demande de la famille et/ou des enseignants par le chef d'établissement après avis du médecin scolaire ou du médecin qui suit l'enfant. Ce dernier rencontre l'élève et/ou sa famille afin de cerner les difficultés. À partir des informations recueillies, il déterminera les aménagements susceptibles d'être mis en place pour faciliter la scolarité de l'enfant.

Le plan d'accompagnement personnalisé est ensuite élaboré par l'équipe pédagogique qui associe les parents et les professionnels concernés. La mise en œuvre du plan d'accompagnement personnalisé est assurée par les enseignants au sein de la classe.

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS)

Il arrive que les difficultés des enfants présentant un trouble "dys" (dyspraxie, dysphasie, dyslexie, dyscalculie...) nécessitent le recours à l’élaboration d’un PPS, afin qu’ils puissent bénéficier des soutiens adaptés et d’une organisation adéquate de leur scolarité.

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) fixe alors les grands objectifs et organise la scolarité des enfants et adolescents après reconnaissance d'une situation de handicap par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

Il s’agit d’un document écrit qui définit les modalités de déroulement de la scolarité et les actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, médicales et paramédicales proposées.

Il est obligatoire, notamment pour obtenir :

  • une orientation en classe spécialisée en milieu ordinaire (Ulis) ou en établissement spécialisé ;
  • la présence d’un auxiliaire de vie scolaire (AVS) ;
  • l’attribution de matériel pédagogique adapté.

Le PPS est bâti par l'équipe pluri-disciplinaire d'évaluation de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) en tenant compte des souhaits, des compétences et des besoins de l'élève.

Une fois accepté par la famille, le PPS sert de base à la CDAPH (Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées) qui se prononce sur l'orientation de l'élève ainsi que sur les éventuelles mesures d'accompagnement. Les parents sont toujours associés à ces décisions.

Le PPS est transmis à l'enseignant référent chargé de sa mise en œuvre et de son suivi avec l'équipe de suivi de la scolarisation.

Sources
  • Société française de pédiatrie (SFP). Difficultés et troubles des apprentissages chez l'enfant à partir de 5 ans. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2009 [consulté le 19 décembre 2018]
  • Mazeau M. Les dyspraxies : points de repère. Archives de pédiatrie. 2016;17(3):314-318
  • Vaivre-Douret L. Le point sur la dyspraxie développementale : symptomatologie et prise en charge. Contraste. 2008;(28-29):321-341.
  • National Health service. Dyspraxia in children. Site internet : NHS. Londres ; 2016 [consulté le 19 décembre 2018]
  • Marcelli D, Cohen D. Psychopathologie des conduites motrices.Troubles des acquisitions motrices et dyspraxies de l’enfant. Enfance et psychopathologie. Elsevier Masson. 2016;5:119-150