La prise en charge de l'enfant dyspraxique

20 décembre 2018
Le traitement de la dyspraxie nécessite une rééducation et parfois une aide psychologique, assurées lors d'une prise en charge prolongée et multidisciplinaire.

Les objectifs de la prise en charge de l'enfant dyspraxique

Les résultats du bilan médical chez l'enfant dyspraxique permettent d’élaborer un traitement individualisé.

La prise en charge de la dyspraxie aide l’enfant à mettre en place des stratégies pour corriger, contourner et compenser ses difficultés. Plus les soins sont précoces, plus ils atténuent efficacement les troubles.

Le médecin de l'enfant (pédiatre, neuropédiatre, médecin généraliste) en coordination avec le médecin de santé scolaire prescrit des soins de rééducation. Le projet de soins fait appel à des professionnels de santé formés à la dyspraxie : psychomotricien(ne), ergothérapeute, psychologue et si besoin orthophoniste, orthoptiste... Le parcours de soins est adapté à chaque enfant.

Le soutien de l’entourage (familial et scolaire) est essentiel pour la réussite de la prise en charge.

Les traitements menés sont régulièrement réévalués et adaptés (selon leur efficacité, les progrès constatés et les besoins de l’enfant). Les soins prescrits prennent du temps et peuvent fatiguer l’enfant.

Enfin, en cas de troubles des apprentissages complexes, l'équipe médicale peut faire appel aux Centres de Référence des Troubles spécifiques du Langage et des Apprentissages (CRTLA). Chaque région dispose d’une structure de ce type. Ce sont des lieux spécialisés d'information, de diagnostic et de prise en charge des patients.
Trouvez les coordonnées des centres de référence sur le site de Santé publique France.
Dans tous les cas, consultez d’abord un médecin pour confirmer la nature du problème, avant de vous adresser à l’un de ces centres.

La rééducation et la prise en charge psychologique des enfants dyspraxiques

Rééducation de l'enfant dyspraxique

La nature et la fréquence de la rééducation dépendent des troubles observés et de leur importance. Les séances prescrites portent souvent sur plusieurs aspects.

Psychomotricité et ergothérapie

Le travail sur la psychomotricité envisage les troubles de la motricité dans leur rapport avec le mental. Il aide l’enfant à prendre conscience de son propre corps (représentation du schéma corporel), et à se repérer dans l’espace.
Les exercices de psychomotricité se concentrent sur l’articulation entre le corps et les commandes cérébrales, le schéma corporel, la latéralisation, les repères dans l’espace, la motricité globale (mouvements amples, comme ceux mobilisés dans la marche) et fine (gestes minutieux).

L'ergothérapie améliore la coordination œil-main et la précision des mouvements. Elle rééduque le geste grâce à l’activité physique et manuelle. Elle permet à l’enfant l’apprentissage de techniques facilitant son autonomie.

Orthoptie

Elle corrige certains troubles de la vision et du regard en travaillant sur les déplacements des yeux.

Orthophonie

Il s’agit d’une rééducation de la voix, de la parole et des troubles du langage (écrit ou oral). Les troubles logico-mathématiques sont également abordés.

Soutien psychologique

Certains enfants dyspraxiques peuvent réagir à leurs difficultés en développant une anxiété, un sentiment d’échec et/ou des troubles dépressifs.

Le suivi par un psychologue ou un pédopsychiatre (spécialiste des troubles mentaux des jeunes) traite les éventuels troubles psycho-affectifs associés à la dyspraxie. Les soins spécifiques visent notamment à remettre l’enfant en confiance par rapport à ses propres capacités, et à le déculpabiliser par rapport à ses troubles d'apprentissage.

Vidéo : Rééducation d'un enfant dyspraxique

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Dyspraxie : quels lieux pour la rééducation ?

Les soins peuvent être dispensés par :

  • des médecins ou des rééducateurs, exerçant en libéral,
  • ou dans des structures particulières :
    • Les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP) : ils ont pour missions le dépistage, le diagnostic, le traitement et la rééducation des jeunes enfants avant leur entrée à l'école primaire.
    • Les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) : ils s'adressent aux enfants et aux adolescents jusqu'à 20 ans, qui éprouvent des difficultés d'apprentissage, des troubles psychomoteurs, du langage ou des troubles du comportement. L' est placée sous la responsabilité d'un médecin. Les CMPP existent dans chaque département et sont directement accessibles aux familles.
    • Les centres médico-psychologiques (CMP) : ces centres sont spécialisés dans le traitement des pathologies mentales, et sont organisés autour d'une (psychiatres, psychologues, infirmières, ergothérapeutes, psychomotriciens et éducateurs spécialisés). Un CMP fait partie d'un centre hospitalier public et accueille aussi bien des enfants que des adultes.
    • Les services d’éducation spécialisée et de soins à domicile (SESSAD) : ces structures médico-sociales apportent un soutien spécialisé en développant des actions de soins et de rééducation dans les lieux de vie de l’élève (école, domicile). Il peut s’agir d’actes médicaux spécialisés, de rééducation dans divers domaines (kinésithérapie, psychomotricité, orthophonie, ergothérapie...) ou d’un soutien spécifique dispensé par un enseignant spécialisé.

  • Société française de pédiatrie (SFP). Difficultés et troubles des apprentissages chez l'enfant à partir de 5 ans. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2009 [consulté le 19 décembre 2018]
  • Mazeau M. Les dyspraxies : points de repère. Archives de pédiatrie. 2016;17(3):314-318
  • Vaivre-Douret L. Le point sur la dyspraxie développementale : symptomatologie et prise en charge. Contraste. 2008;(28-29):321-341.
  • National Health service. Dyspraxia in children. Site internet : NHS. Londres ; 2016 [consulté le 19 décembre 2018]
  • Marcelli D, Cohen D. Psychopathologie des conduites motrices.Troubles des acquisitions motrices et dyspraxies de l’enfant. Enfance et psychopathologie. Elsevier Masson. 2016;5:119-150