Comprendre la dyspraxie de l'enfant

25 avril 2017
La dyspraxie de l’enfant correspond à une difficulté à réaliser certaines actions volontaires. Cette pathologie affecte par exemple la capacité à se situer dans l’espace et/ou la coordination des mouvements. Elle est due à un dysfonctionnement de la commande cérébrale des mouvements.

Qu'est-ce-que la dyspraxie de l'enfant ?

La dyspraxie est une perturbation de la capacité à effectuer un geste ou une activité volontaires (nommé "praxie"). Cette affection résulte d’un trouble de la zone cérébrale qui commande la motricité.

La dyspraxie se manifeste par deux types de symptômes.

Ce sont les manifestations les plus fréquentes de la dyspraxie. Il s’agit de difficultés à:

  • organiser son regard, par exemple pour dénombrer des objets (l’enfant en oublie ou en compte certains plusieurs fois, alors que sa vue est bonne);
  • situer les éléments les uns par rapport aux autres dans l’espace;
  • s’orienter par rapport à son propre corps (ex.: distinguer sa droite de sa gauche, suivre une trajectoire en oblique).

Chez l'enfant dyspraxique, les troubles d'acquisition de la coordination sont plus ou moins accentués et sont souvent associés aux troubles visuo-spatiaux.

L’enfant a du mal à réaliser de manière automatique des mouvements volontaires complexes, alors que:

  • les muscles sollicités fonctionnent normalement;
  • la consigne à appliquer est bien comprise.

Par ailleurs, on observe une difficulté à coordonner les gestes. Ainsi, l’enfantdyspraxique est plus ou moins malhabile, et ne parvient pas à agir comme il le souhaite. Il doit aussi contrôler sans cesse tous ses mouvements, pour éviter des erreurs.

Le TAC est particulièrement visible dans certaines activités manuelles complexes, telles que:

  • le dessin et/ou l’écriture;
  • l'habillage;
  • l'utilisation d’instruments tels que la règle, les ciseaux, la gomme, le compas et/ou l'équerre;
  • l'assemblage de diverses pièces (cubes, puzzles, jeux de construction).

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Chez quels enfants se développe la dyspraxie ?

La dyspraxie touche 5 à 7% des 5-11 ans. Les garçons sont 2 à 4 fois plus atteints que les filles, et on considère qu’il y a au moins un enfant atteint de dyspraxie par classe scolaire.

Les étapes de l’apprentissage chez l’enfant
Âge Construction Graphisme Vie quotidienne
18 mois Empile 2 puis 3 cubes Gribouillages Mange seul sa purée
2 ans Tour de 4 à 6 cubes Traits circulaires Enfile de grosses perles
3 ans Pont de 3 cubesPuzzles de 4 pièces Reproduit les traits verticaux et horizontaux Se déshabilleUtilise seul sa fourchette
3 ans et demi Tour de 10 cubes Reproduit une croixBonhomme "têtard" Met seul son pantalon et ses chaussettes
4 ans Pyramide de 6 cubes (3 cubes + 2 + 1 au sommet)Puzzles de 10 pièces Reproduit un carré et ses diagonales Découpe entre deux lignesSait actionner sa fermeture éclair
5 ans Escalier de 10 cubesRéalisation d'une arche avec 5 cubes Reproduit un triangleCopie son prénom Découpe suivant des courbesUtilise seul son couteauS'habille seul
6 ans   Écrit son prénom sans modèle, en petites lettres Se coiffe et se mouche seulCommence à faire ses lacets et des noeudsTartine avec un couteau
7 ans   Copie un losange  
8 ans   Copie un cube  
12 ans   Reproduit un cube en perspective Habileté normal

L’origine de la dyspraxie reste encore inconnue. Cependant, on l’observe plus souvent en cas d'anomalies au niveau du cerveau, liées à:

  • une prématurité;
  • une souffrance cérébrale lors de la grossesse ou de l'accouchement (cela signifie que l’irrigation sanguine du cerveau est mauvaise, ce qui peut causer des lésions);
  • un traumatisme crânien.

La dyspraxie atteint aussi des enfants en bonne santé. Chez eux, certaines parties du cerveau impliquées dans l’apprentissage des gestes fonctionnent mal.

Les gestes du quotidien sont inscrits dans le cerveau sous forme de "programme"

Lorsqu’on apprend à écrire ou à faire du vélo, par exemple, le cerveau enregistre l’enchaînement des mouvements réalisés (ce processus est nommé "engrammation"). Par la suite, la simple évocation mentale de l’action réactive ce "programme"(ex.: "Je vais mettre mes chaussures puis attacher mes lacets.") Toutes les composantes de l’activité en question peuvent alors être effectuées de façon coordonnée, automatique et harmonieuse. Les gestes sont exécutés naturellement, sans que l’on y prête attention et sans fatigue (voire en même temps qu’une autre tâche). Ils constituent ce que l’on appelle une "routine".

En cas de dyspraxie, les mouvements du quotidien ne sont pas automatiques ou seulement partiellement.

Sources
  • Société française de pédiatrie (SFP). Difficultés et troubles des apprentissages chez l'enfant à partir de 5 ans. Site internet : Ministère des affaires sociales et de la santé. Paris ; 2009 [consulté le 26 août 2016]
  • Médecine thérapeutique pédiatrie (MTP). Troubles neurovisuels et praxiques : un élément déterminant du pronostic à long terme. Site internet : John Libbey Eurotext. Montrouge (France) ; 2000 [consulté le 26 août 2016]
  • Mazeau M. Les dyspraxies : points de repère. Archives de pédiatrie. 2016;17(3):314-318
  • Vaivre-Douret L. Le point sur la dyspraxie développementale : symptomatologie et prise en charge. Contraste. 2008;(28-29):321-341.
  • NHS Choices. Dyspraxia in children. Site internet : NHS Choices. Londres ; 2016 [consulté le 26 août 2016]