« Affronter le diabète, mais pas tout seul »

Alain, atteint de diabète depuis ses 22 ans, est adhérent au service sophia depuis quelques années. À travers notre journal, il souhaite sensibiliser le plus grand nombre sur les conséquences que peut entraîner la maladie sur la vie quotidienne et l’importance du soutien familial et extérieur.

Comment avez-vous réagi à l’annonce de votre maladie ? Avez-vous changé votre mode de vie ?

Cela fait bientôt 44 ans que j’ai été diagnostiqué diabétique. Lorsque j’ai appris la nouvelle, je venais de quitter l’armée, et je travaillais comme magasinier cariste. C’est ma mère qui a remarqué que je buvais énormément et que je perdais du poids. Le médecin a compris bien vite… Au début ça a été compliqué,
car je faisais de l’acidocétose, et j’ai été hospitalisé. J’ai même subi plusieurs comas. Mes habitudes de vie ont été bouleversées aussi : j’ai dû apprendre à me faire deux piqûres d’ par jour et avoir une surveillance permanente de ma glycémie, ce qui demande une certaine discipline. Aujourd’hui, j’ai un capteur de glucose qui change mon quotidien. Il a fallu aussi que je fasse des efforts pour manger plus équilibré, avec des sucres lents pour éviter les hypoglycémies. Et bien sûr, la pratique d’un sport !
À l’époque, mon métier étant assez physique, cela suffisait, avec un peu de vélo. Depuis ma retraite, je fais au minimum 10 kilomètres de marche par jour.

Êtes-vous régulièrement suivi pour votre diabète ? Avez-vous des conseils à partager ?

Bien sûr, je suis suivi par un diabétologue depuis près de 40 ans. Sinon, je réalise tous mes examens de santé chaque année. Grâce à cela, je n’ai jamais eu de complications graves. J’ai une véritable volonté de lutter contre mon diabète. Lorsque l’on me l’a annoncé, le médecin m’a dit : « Monsieur, votre maladie il faut
la gérer ! », j’ai donc vite saisi que je devais passer à l’action. Je suis devenu incollable sur les risques liés au diabète ; je sais faire la différence entre HDL et LDL, ou la signification de par exemple. J’essaie d’anticiper au maximum les situations dangereuses. C’est d’ailleurs le conseil que je peux donner, en plus de celui d’avoir une bonne hygiène de vie, et de ne pas fumer. L’accompagnement sophia m’aide beaucoup aussi, même si je n’ai pas besoin d’avoir des appels réguliers, ce sont surtout les articles du journal qui m’intéressent.

Vos proches sont-ils des partenaires dans la gestion de votre maladie ?

Ma famille avait au départ une méconnaissance de ma maladie. Ils ne comprenaient pas ce qu’elle
impliquait. Mes frères et soeurs avaient tendance à me mettre à part, car « je n’étais pas comme tout le monde », et parfois même, ils disaient que je parlais un peu trop de mon diabète. Mais on n’en parle jamais trop ! Il est nécessaire de sensibiliser son entourage, autant qu’on le peut. Le diabète est un combat
de tous les jours, donc c’est important de ne pas être seul(e) pour l’affronter. Heureusement, ma mère a été un soutien pour moi tout au long de mon parcours, et c’est encore le cas aujourd’hui. Elle pense toujours à moi, elle a toujours un petit quelque chose à manger avec elle, au cas où.

Avez-vous trouvé du soutien aussi à l’extérieur ?

Oui, notamment à l’hôpital où il existait des groupes de soutien entre personnes atteintes de diabète. Les séances avaient lieu chaque semaine. Nous échangions et partagions sur nos différentes expériences, et il y avait une certaine solidarité entre nous que j’appréciais beaucoup. Cela a stoppé à cause de l’épidémie de Covid-19. Depuis, je ne ressens pas plus le besoin de faire partie d’une association de patients, je suis indépendant. Mais, je le recommande pour ceux qui en auraient l’envie. C’est important de s’entourer ! Néanmoins, je suis ravi de pouvoir apporter mon témoignage à travers cette revue, et j’espère qu’il servira à d’autres.

Un dernier message ?

Pour conclure, je voudrais juste faire passer aux plus jeunes souffrant de diabète, que, malgré certaines contraintes, la vie est belle ! Il suffit de quelques bonnes résolutions et de la VOLONTÉ, sans oublier un suivi médical (avec l’avantage de la modernité et des progrès scientifiques !) et du soutien chez vous, comme
à l’extérieur.

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