Valérie nous informe sur la maladie parodontale et nous évoque son expérience personnelle

16 septembre 2021

Valérie, diabétique de type 1, nous informe sur la maladie parodontale et nous évoque son expérience personnelle avec sa pathologie.

Découvrez le témoignage de Valérie Perez, atteinte de diabète, à travers deux sujets : la maladie parodontale en raison de son métier d'assistante dentaire au sein d'un cabinet spécialisé, et l’utilisation de l'insulinothérapie fonctionnelle selon son expérience personnelle. Aux premières loges, elle nous alerte et nous informe sur cette maladie des gencives qui touche particulièrement les personnes atteintes de diabète ; puis nous livre ses constatations sur son propre traitement.

Concernant la maladie parodontale, les personnes diabétiques doivent-elles être plus attentives à son apparition ?

Oui, car 60 % des personnes diabétiques en souffrent et que ces maladies parodontales ou parodontites ou encore parodontopathies sont plus sévères chez les diabétiques que dans la population générale. C’est une infection bactérienne chronique qui touche le parodonte, c’est-à-dire les tissus de soutien de la dent notamment les gencives. Elle peut apparaître tôt, dès 40 ans, et est d’autant plus virulente que le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) est élevé. Il ne faut pas la laisser s’installer car si elle n’est pas traitée, elle peut entraîner la chute des dents. Quel que soit son type de diabète, il est donc important d’avoir un suivi régulier de l’HbA1c et de la maladie parodontale. Pour cela il faut faire des contrôles tous les trois mois chez son dentiste, même si l’on n’a pas mal. Personnellement, quand mon diabète n’est pas équilibré je le ressens tout de suite par des ulcérations dans la bouche. C’est un signal d’alerte ! En cas de saignements des gencives, de mauvaise haleine, d’impression que les dents bougent, il faut consulter sans tarder.

En quoi consiste la prise en charge de la maladie parodontale ?

Votre dentiste habituel pourra facilement diagnostiquer la maladie parodontale et en fonction de son avancée, il pourra la prendre en charge lui-même ou vous orienter vers un praticien spécialisé. Le premier traitement consiste à faire un nettoyage en profondeur des poches parodontales, entre les dents et les gencives. Cela se fait en général en deux séances de 30 à 45 minutes, une pour l’arcade du haut l’autre pour l’arcade du bas. Ensuite, il faut poursuivre par un suivi à la maison avec un brossage spécifique, l’utilisation de brossettes interdentaires et de bains de bouche. Une bonne hygiène buccodentaire et l’utilisation régulière de brossettes permet aussi de prévenir la maladie. Et la meilleure parade, c’est d’avoir un diabète bien équilibré.

Concernant l'utilisation de l'insulinothérapie fonctionnelle dont vous bénéficiez pour équilibrer votre diabète, en quoi consiste-t-elle et quels en sont les avantages ?

Je porte un capteur pour mesurer ma glycémie, fixé à l'arrière de mon bras pendant quatorze jours. Il évalue mon taux de glucose en continu et je peux voir les chiffres grâce à un scanner. J’ai ainsi une image instantanée de ma glycémie et je peux voir aussi des tendances quotidiennes et les évolutions. Par ailleurs, je porte une pompe qui remplace mon stylo injecteur d’insuline. Elle aussi est fixée sur ma peau et doit être changée tous les trois jours. Lors de l’installation du dispositif, j’ai passé une semaine à l’hôpital pour régler l’appareil et apprendre à m’en servir. Grâce à cette pompe j’ai gagné en liberté notamment dans mes relations sociales. Quand je vais au restaurant, je ne suis plus obligée de m’isoler pour faire mes injections ; la pompe délivre un niveau d’insuline basal en continu auxquels s’ajoutent des doses que je paramètre en fonction de mon alimentation et de ma glycémie. Au début, je voyais une infirmière tous les trois mois pour ajuster les doses. Maintenant, je discute avec elle par téléphone une fois sur deux, elle vérifie mes résultats, mes glycémies, mes glucides et me propose des pistes pour améliorer l’équilibre de mon diabète. Par exemple, elle s’est rendu compte que lorsque je changeais de pompe (tous les trois jours), ma glycémie augmentait. Nous avons donc intensifié mon basale de 30 %. Ainsi, je n’ai plus eu de pics de glycémie.

Y voyez-vous des inconvénients ?

Moi, je suis à l’aise avec ça mais il faut néanmoins accepter d’avoir tout le temps cette pompe collée à la peau. Cela demande un certain apprentissage comme savoir calculer son ratio d’unités d’insuline en fonction de ses glucides et des périodes du jour. C'est également une logistique ; lors de mon dernier voyage en avion, il fallait prévoir un nombre de pompes nécessaires et posséder les documents le justifiant. Mais c’est quand même plus facile qu’avec les injections. Mon diabète est mieux équilibré !