Le traitement du diabète de type 1 de l’enfant et l’adolescent

16 août 2017
Le traitement du diabète de type 1 a pour objectif de contrôler la glycémie et repose sur des injections d'insuline. Il est mis en place par un diabétologue, en coordination avec le médecin traitant ou le pédiatre, qui en assurent également le suivi.

Un traitement par insuline quotidien et à vie

Le traitement du diabète de type 1 a pour objectif de contrôler la glycémie. Il repose sur l’apport d’ , qui n’est plus fabriquée par le en quantité suffisante. L’enfant ou l’adolescent doit le prendre quotidiennement et il suivra ce traitement toute sa vie, sans interruption.

Le choix du type d’insuline (insulinothérapie) dépend de l’objectif défini avec le médecin de l'enfant pour le contrôle de la glycémie. Cet objectif est individuel et est fonction de chaque situation personnelle. Il peut être modifié au cours de l'évolution du diabète.

Différentes insulines existent en fonction de leur durée et de leur rapidité d’action :

  • les insulines rapides ;
  • les analogues lents ;
  • les insulines retard ;
  • les mélanges d’insulines.

Il existe 2 types de traitement par insuline :

  • L'insulinothérapie conventionnelle. Elle consiste en 2 à 3 injections sous-cutanées d’insuline rapide, et 1 à 2 injections d’insuline lente ou intermédiaire par jour.
  • L'insulinothérapie fonctionnelle, où l'on tente d'imiter la sécrétion pancréatique normale de l' . Elle s’effectue en 4 ou 5 injections sous-cutanées par jour, ou en la pose d'une pompe à .

La dose d' à injecter est ajustée et adaptée :

  • au poids de l’enfant, pour le calcul de la dose initiale ;
  • aux résultats de la glycémie, variables dans la journée ;
  • aux repas ;
  • à l’activité physique réalisée ou prévisible.

Les différents types d’injection par insuline

Les injections d' se font sous la peau et nécessitent l’utilisation d’aiguilles stériles à usage unique. L’épaisseur de la peau des enfants étant plus fine, la taille des aiguilles est adaptée.

Il existe différents dispositifs pour procéder à l’administration sous-cutanée de l’insuline. Tous sont conçus pour une utilisation personnelle. L’insuline (en flacon, cartouche ou stylo non entamé) doit être conservée au réfrigérateur (dans le bac à légumes ou le haut de la porte). Lorsqu’elle est en cours d’utilisation, elle est placée en dehors du réfrigérateur, à l’abri de la chaleur (pas plus de 25 °C) et du soleil.

Le stylo injecteur offre une utilisation pratique et facile. Deux types de stylos injecteurs sont disponibles :

  • les stylos rechargeables, destinés à recevoir de l’insuline sous forme de cartouches ;
  • les stylos jetables, préremplis et prêts à l’emploi.

Pour chacun, il est nécessaire de se reporter au mode d’emploi. Un dysfonctionnement du dispositif rechargeable (au niveau du piston ou du porte-cartouche, par exemple) peut être à l’origine d’une administration de doses incorrectes d’insuline. Il est nécessaire d’en parler avec le médecin de l'enfant ou le pharmacien.

Si l'enfant utilise des seringues, l’ à injecter se trouve dans un flacon.

Les seringues à sont graduées en unités d’insuline. Elles contiennent des doses variables, adaptées aux besoins de l'enfant. La seringue permet l’injection d’une seule ou d’un mélange d’insulines d’action rapide et d’action prolongée.

Une pompe à est un appareil d’une taille plus petite qu’un téléphone portable. Elle est composée :

  • d’un boîtier. L’enfant le porte sur lui. Il contient un réservoir dans lequel l’insuline est conservée ;
  • d’un petit moteur silencieux (composantes électroniques) extrêmement précis et programmable, qui administre l’insuline ;
  • d’une tubulure en plastique souple dont la longueur est adaptée à l’âge de l’enfant. Elle conduit l’insuline jusqu’à un cathéter souple placé sous la peau. Certaines pompes n’ont plus de tubulure.

Le réservoir et le cathéter sont à changer tous les 2 à 3 jours.

Dans son fonctionnement, une pompe reproduit ce que l’organisme fait naturellement. Elle délivre :

  • de petites doses d’insuline tout au long de la journée, selon un débit de base ;
  • des doses supplémentaires au moment des repas, pour prendre en charge les glucides ( ).

La pompe à contient de l' rapide (à action immédiate) ; l’enfant diabétique ou ses parents déterminent les doses à délivrer, selon divers paramètres.

Un apprentissage de l'utilisation de la pompe est indispensable. Les enfants, à partir de 7 ou 8 ans, sont généralement capables d’en maîtriser les aspects techniques. Cependant, ils ont souvent besoin d'être aidés par des adultes pour calculer leurs besoins en .

Que faire des aiguilles usagées ?

Les aiguilles sont des « déchets d'activités de soins à risques infectieux » (Dasri) et ne doivent pas être mélangées aux déchets ménagers. Une « boîte jaune » (collecteur) délivrée gratuitement avec une prescription en pharmacie permet de les stocker. Il est recommandé de ne pas la conserver trop longtemps et de l’échanger avant qu’elle ne soit pleine. Pour savoir où la rapporter, vous pouvez vous adresser à votre pharmacien ou à votre laboratoire d’analyses médicales.

Plus d’informations sur le site de la Fédération française des diabétiques.

Des séances d’éducation thérapeutique

Le traitement du diabète de l’enfant est exigeant. Une éducation thérapeutique est proposée à l'enfant et à ses parents dès l'annonce du diagnostic, puis pendant le suivi, notamment en cas de changement de matériel. Elle est réalisée dans des structures adaptées à l’âge de l’enfant et parfois avec l’aide des associations de patients diabétiques.

Le contenu des séances d’éducation thérapeutique porte sur :

  • la compréhension de la maladie, tant pour l’enfant que pour ses parents ;
  • le rôle de l’alimentation et de l’activité physique sur la glycémie ;
  • l'apprentissage du traitement, et la réalisation des soins : mesurer la glycémie, faire une injection d’insuline, changer le cathéter d’une pompe à , etc. ;
  • la reconnaissance des complications liées au traitement ;
  • l'adaptation de ce dernier au mode de vie...

L’éducation thérapeutique offre surtout des conseils à appliquer chaque jour, en les adaptant à la vie de famille, aux loisirs de l’enfant, à sa vie scolaire.

L'exonération du ticket modérateur

Le diabète de type 1 est reconnu comme une affection de longue durée (ALD). Les examens et les soins de votre enfant en rapport avec cette pathologie sont pris en charge à 100 % (dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie). Parlez-en à votre médecin traitant.

Les autres traitements en lien avec le diabète de type 1 chez l’enfant

Le traitement de l’enfant ou de l’adolescent diabétique s’accompagne de conseils sur son alimentation et son activité physique.

Son médecin traitant ou son pédiatre :

  • s’assure que les vaccinations sont à jour pour prévenir certaines infections ;
  • traite les pathologies qui sont plus fréquentes chez les patients diabétiques, telles que les infections urinaires, cutanées et des pieds, etc.

Les complications lors du traitement du diabète de type 1 de l’enfant

Chaque enfant diabétique suit son propre traitement, qu’il adapte quotidiennement pour éviter des doses d’insuline inappropriées. En effet, une dose excessive ou insuffisante d' par rapport à ses besoins a des effets néfastes que l’enfant ou l’adolescent diabétique apprend à repérer rapidement.

L' est liée à une dose excessive d' par rapport aux besoins. Le taux de sucre dans le sang est inférieur à 0,60 g/l. Les symptômes sont variables d'un enfant à l’autre.

Les signes d' sont divers :

  • des sueurs, une pâleur au niveau des extrémités et du visage, une sensation de froid ;
  • une nervosité, des tremblements ou des fourmillements ;
  • une accélération de la fréquence cardiaque (tachycardie) ;
  • des nausées et/ou des vomissements, un mal de ventre ;
  • une sensation de malaise, accompagnée d'une grande fatigue ;
  • des troubles de la concentration, des difficultés à parler ;
  • une sensation de dérobement des jambes ou de perte d'équilibre ;
  • des maux de tête, des vertiges ;
  • des troubles de l'humeur, une agitation, un comportement bizarre ;
  • pendant la nuit, un sommeil agité, des cauchemars, un réveil avec des maux de tête.

Dans ce cas, l’enfant ou l’adolescent doit consommer sans attendre du sucre d’action rapide qui peut se présenter sous différentes formes. En cas de répétition de ces épisodes, il est important de consulter son médecin pour éventuellement adapter le traitement.

Il est essentiel que chaque enfant diabétique et son entourage apprennent, avec l'aide des professionnels de santé, à détecter rapidement les réactions de son organisme en cas d' .

L’acidocétose est liée à une dose insuffisante d' par rapport aux besoins de l’enfant ou de l’adolescent. L’organisme utilise alors les graisses pour fabriquer l'énergie dont il a besoin. Il produit de l'acétone, néfaste pour le corps. Différents signes apparaissent progressivement :

Il est nécessaire de consulter au plus vite le médecin traitant ou le pédiatre avant l’apparition de troubles de la conscience plus graves, pour adapter rapidement le traitement insulinique.

Sources
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Les systèmes d’administration de l’insuline. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2010 [consulté le 12 juillet 2017]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Systèmes de surveillance de l’équilibre glycémique. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2017 [consulté le 12 juillet 2017]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Diabète de type 1 (DID). Site internet : Inserm. Paris ; 2014 [consulté le 12 juillet 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations - Affection de longue durée - Diabète de type 1 et de type 2. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 12 juillet 2017]
  • Collège des enseignants d'endocrinologie, diabète et maladies métaboliques. Diabète sucré de type 1. Site internet : campus d'endocrinologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 12 juillet 2017]
  • Aide aux jeunes diabétiques (AJD). L’éducation thérapeutique. Site internet : AJD. Paris [consulté le 12 juillet 2017]
  • Aide aux jeunes diabétiques (AJD). L’injection d’insuline. Site internet : AJD. Paris [consulté le 12 juillet 2017]
  • Fédération française des diabétiques. Comment gérer mes déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) ? Site internet : Fédération française des diabétiques. Paris [consulté le 12 juillet 2017]
  • Arrêté du 4 mai 2017 portant inscription du système flash d'autosurveillance du glucose FREESTYLE LIBRE de la société ABBOTT France au titre Ier de la liste des produits et prestations remboursables prévue à l'article L. 165-1 du code de la sécurité sociale. JORF n° 0106 du 5 mai 2017. Texte n° 74.