Comprendre le diabète de type 1 chez l’enfant et l’adolescent

16 août 2017
Le diabète de type 1 est une maladie chronique due à un arrêt de production d'insuline par le pancréas. C’est la forme de diabète la plus fréquente chez l’enfant et l’adolescent. Cette maladie auto-immune est favorisée par une prédisposition génétique.

Qu’est-ce que le diabète de type 1 ?

Le diabète est caractérisé par la présence d’un excès de sucre dans le sang, appelé . Il est avéré si le taux de glycémie à jeun est égal ou supérieur à 1,26 g/l ou 7 mmol/l de sang lors de 2 dosages successifs.

Le diabète de type 1 est une maladie chronique qui survient, dans la moitié des cas, avant l'âge de 20 ans. Son apparition est de plus en plus précoce, avec une augmentation du nombre de cas diagnostiqués avant l’âge de 5 ans. Il est aussi connu sous le nom de diabète juvénile ou diabète insulino-dépendant.

Il survient lorsque le ne fabrique plus d' . Cet arrêt de production est dû à une réaction anormale du , qui détruit les cellules pancréatiques en charge de la production d' . Cette réaction dite auto-immune :

  • est liée à une prédisposition génétique. Ainsi, le risque de survenue de ce type de diabète est plus important lorsqu'un parent proche (père, mère, frère, sœur) présente cette même maladie ;
  • pourrait être déclenchée par des événements extérieurs tels que des infections virales, l’âge plus tardif de la maternité, l’exposition à des toxines, l’alimentation, etc.

Les symptômes du diabète de type 1 apparaissent lorsque plus de 80 % des cellules productrices d’insuline sont détruites.

Le diabète de type 1 en forte progression

Cette représente 10 % des cas de diabète en France. Selon Santé publique France, la fréquence du diabète de type 1 en 2007 était de 15 pour 100 000 enfants et adolescents de moins de 15 ans. Sur les 2 dernières décennies, elle est en croissance régulière avec une augmentation du nombre de cas de 3 à 4 % par an.

L’importance du rôle de l’insuline

L’ est une hormone fabriquée par certaines cellules du . Elle est en permanence présente dans le sang. Elle permet aux cellules de l’organisme de transformer le glucose en énergie et de réguler la quantité de sucre dans le sang.

Son rôle est de maintenir la glycémie autour de 1 g/l de sang lorsque les apports en sucre sont importants ; c’est une hormone hypoglycémiante. Ainsi après un repas, le produit plus d’insuline pour maintenir le taux de sucre présent dans le sang à une valeur normale.

Pour remplir son rôle de régulation de la glycémie, l’insuline favorise l’entrée du sucre dans les cellules de l’organisme selon leur besoin ; par exemple, dans les cellules musculaires au cours d’un exercice physique. Si nécessaire, elle permet, pour le sucre non utilisé par l’organisme, son stockage dans les cellules du foie ou les cellules graisseuses.

L'appareil digestif

Schéma : appareil digestif (en coupe)

Les conséquences sur l’organisme de la chute du taux d’insuline

Dans le cas d’un diabète de type 1, la baisse progressive de l’insuline entraîne une après les repas, c’est à dire la présence d'un excès de sucre (le glucose) dans le sang. En quelques mois :

  • le taux d’insuline devient insignifiant ;
  • l’hyperglycémie devient importante et permanente ;
  • et le glucose apparaît dans l’urine où il n’est normalement pas présent : c’est la glycosurie.

Quand celle-ci devient élevée, le rein doit éliminer beaucoup d’eau pour diluer le glucose dans l’urine ; l’enfant urine beaucoup et souvent, se lève fréquemment la nuit, fait à nouveau pipi au lit. En perdant beaucoup d’eau, le corps se déshydrate : l’enfant a très soif, perd du poids et est fatigué.

En l’absence d’insuline, le glucose présent dans le sang ne peut plus être stocké au niveau du foie. L’hormone n’est plus libérée pour approvisionner les cellules qui en ont besoin. Par exemple, les cellules musculaires ne sont plus approvisionnées en sucre pendant l’effort, ou encore le cerveau n’en reçoit plus en cas de besoin. Ainsi, lors d’une activité physique ou aux moments de la journée distants d’un repas, le sucre ne peut pas être libéré par le foie et le taux de sucre du sang chute : c’est l’ .

Lorsque l’organisme manque de glucose pour alimenter le cerveau, le cœur, les muscles, etc., il produit des corps cétoniques (substances produites lors de la dégradation des graisses dans l'organisme) à partir des graisses stockées. C’est l’acidocétose, qui en l’absence de prise en charge, peut aboutir au coma acidocétosique et mettre la vie en danger.

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Les autres diabètes de l’enfant et de l’adolescent

Le diabète de type 2 affecte surtout les adultes, mais il est de plus en plus présent chez les enfants et adolescents compte tenu de l’augmentation de la fréquence du surpoids et de la sédentarité. Il est dû à une mauvaise utilisation de l' par les cellules de l'organisme (insulinorésistance).
Dans la population générale, le diabète de type 2 représente 90 % des cas de diabète. Il touche 5 % de la population en France, soit environ 3 millions de personnes, chiffres qui augmentent chaque année.

En outre, certains enfants ou adolescents vivent avec une forme de diabète qui ne peut être classée comme étant de type 1 ou 2. Ces cas restent cependant rares.

Le diabète est une complication fréquente chez les patients atteints de mucoviscidose. Il est rare chez les enfants âgés de moins de 10 ans, mais affecte 1/3 des patients après 20 ans, et la moitié après 30 ans.

Ce type de diabète est insulinodépendant, mais d’un mécanisme différent de celui du diabète de type 1.

Le diabète de type MODY (Maturity Onset-Type Diabetes of Youth) se manifeste dès l’enfance ou l’adolescence chez des individus de poids normal. Il est caractérisé par une anomalie de la sécrétion de l’insuline due à une mutation génétique. Cette affection héréditaire se traduit par un diabète souvent modéré.

S’informer sur les maladies rares

Le diabète de type MODY est une maladie rare. Si vous souhaitez vous informer sur cette maladie, vous exprimer librement et être écouté, contactez Maladie Rares Info Services au 01 56 53 81 36. Une équipe de professionnels répond à toutes vos questions.

Le diabète néonatal est rare. Il apparaît dans les 6 premiers mois de vie. Il est d’origine génétique et peut être permanent ou transitoire.

  • Le diabète néonatal permanent (DNP) est caractérisé par une persistante au cours des 12 premiers mois de vie, nécessitant un traitement continu par .
  • Le diabète néonatal transitoire (DNT) se manifeste durant les premières semaines de la vie, dans le cadre d’un retard de croissance intra-utérin. Il est alors caractérisé par une qui disparaît pendant la petite enfance, puis réapparaît plus tard, souvent vers l’adolescence.
S’informer sur les maladies rares

Le diabète néonatal est une maladie rare. Si vous souhaitez vous informer sur cette maladie, vous exprimer librement et être écouté, contactez Maladie Rares Info Services au 01 56 53 81 36. Une équipe de professionnels répond à toutes vos questions.

L’Hackathon Diabète

L’Assurance Maladie, en partenariat avec le Diabète LAB de la Fédération française des diabétiques, organise un Hackathon dédié à la prévention et à la prise en charge du diabète. Le défi lancé est de créer un service ou une application numérique innovante qui contribuera à « Mieux vivre avec son diabète ».

Sources
  • Collège des enseignants d'endocrinologie, diabète et maladies métaboliques. Diabète sucré de type 1. Site internet : campus d'endocrinologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 10 juillet 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations - Affection de longue durée - Diabète de type 1 et diabète de type 2. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 10 juillet 2017]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Diabète de type 1 (DID). Site internet : Inserm. Paris ; 2014 [consulté le 10 juillet 2017]
  • Santé publique France -Institut national de veille sanitaire (INVS). Données épidémiologiques. Diabète de l’enfant et de l'adolescent. Site internet : santé publique France Saint-Maurice (France) ; 2014 [consulté le 10 juillet 2017]
  • Dirlewanger M, Hauschild M, Phan-Hug F, Schwitzgebel VM. Diabète de l’enfant, de l’insulinovers l’immunothérapie : une prise en charge globale du présent vers le futur. Rev Med Suisse. 2011;7:430-6
  • Vantyghem MC, Moussaïd-Guennoun R, Perimenis P, Marcelli-Tourvieille S, Perez T, Wallaert B. Le diabète de la mucoviscidose chez l’adulte. Annales d'Endocrinologie. 2005;66(4):347-54
  • Diabète Québec. Les autres types de diabète. Site internet : Diabète Québec. Montréal (Canada) ; 2014 [consulté le 10 juillet 2017]
  • Polak M, Busiah K, Cavé H. Diabète néonatal : maladie de l’empreinte génétique, mais pas seulement ! Empreinte génomique parentale et maladie endocrinienne. Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition. 2006;1