Les traitements médicamenteux du diabète

15 juin 2017
Le traitement doit être pris régulièrement pour être efficace. Il est différent selon le type de diabète. En cas de diabète de type 1, les injections d’insuline sont indispensables. En cas de diabète de type 2, des médicaments oraux et / ou injectables, avec ou sans insuline sont nécessaires.

Médicaments du diabète de type 1

Le traitement du diabète de type 1 est quotidien et à vie ; il ne doit jamais être interrompu. Il a pour objectif de contrôler la glycémie et repose sur l’apport d’insuline qui n’est plus fabriquée par le en quantité suffisante.

Le choix du type d’insuline (insulinothérapie) dépend de l’objectif défini avec votre médecin pour le contrôle de la glycémie. Cet objectif est individuel et est fonction de votre situation personnelle. Il peut être modifié au cours de l'évolution de votre diabète.

Dans le traitement par , médicament injecteé sous la peau, on distingue :

  • l'insulinothérapie conventionnelle (2 à 3 injections sous-cutanées d’insuline rapide et 2 injections d’insuline intermédiaire par jour) ;
  • l'insulinothérapie fonctionnelle, où l'on tente d'imiter la sécrétion naturelle de l' (par plusieurs injections sous-cutanées par jour ou par pose d'une pompe à ).

Un seul médicament antidiabétique peut ne pas suffire à contrôler l’hyperglycémie. Dans ce cas, votre médecin vous proposera d’en associer plusieurs.

Les insulines varient en fonction de leur durée d'action. La dose d' à injecter est ajustée. Elle doit être adaptée :

  • au poids de la personne diabétique, pour le calcul de la dose initiale ;
  • aux résultats de la glycémie, variables dans la journée ;aux repas et à l’activité physique réalisée qui entrainent des modifications de la glycémie.
Les différents modes de prise d’insuline

Les injections d' se font sous la peau, à l'aide :

  • d'un stylo à injection ;
  • d'une seringue ;
  • ou d'une pompe à .

La pompe à est un boîtier semblable à un téléphone portable, que l'on porte sur soi. Elle contient de l' rapide et c'est le diabétique qui détermine les doses à délivrer, selon divers paramètres. Cela demande de bien connaître sa maladie et un apprentissage de l'utilisation de la pompe.

Pour certains patients, la pompe est implantée dans l’abdomen et l’insuline administrée localement.

Les enfants, à partir de 7 ou 8 ans, sont généralement capables de maîtriser les aspects techniques d'une pompe à . Cependant, ils ont souvent besoin d'être aidés par des adultes pour calculer leur besoin en .

Médicaments du diabète de type 2

Le traitement du diabète de type 2 agit sur l’équilibre de la glycémie selon différents mécanismes d’action. Votre médecin traitant vous prescrit des médicaments antidiabétiques lorsque le contrôle de l’alimentation et l’activité physique ne suffisent pas à maintenir un taux de sucre approprié dans le sang. L’objectif du traitement peut être :

  • d’aider l’insuline à agir ;
  • de stimuler la sécrétion d’insuline ;
  • de ralentir l’absorption des glucides ;
  • d’apporter de l’insuline.

Il existe plusieurs familles de médicaments antidiabétiques prescrits habituellement dans le traitement du diabète de type 2 : cinq classes de médicaments oraux et deux classes de médicaments injectables. Ils diffèrent par leur mode d’action :

  • la metformine (biguanides) aide l' à agir au niveau des cellules et diminue la quantitéde sucre que le foie envoie dans le sang;
  • les sulfamides hypoglycémiants, les glinides, les gliptines (ou inhibiteurs de la dipeptidyl-peptinase 4) et les analogues du GLP 1 augmentent la sécrétion d’insuline par le ;
  • les inhibiteurs des alpha-glucosidases intestinales ralentissent l’absorption intestinale des glucides alimentaires ;
  • les insulines se substituent à l' naturelle sécrétée par le , lorsque cette sécrétion est insuffisante.

Ces familles d'antidiabétiques diffèrent également par l'intensité de leur action et par leurs effets secondaires.

L' et les analogues du GPL 1 (classe des incrétino-mimétiques) sont des médicaments injectables. Les autres médicaments sont des antidiabétiques oraux.

Le traitement peut évoluer en fonction de ses résultats. Il débute habituellement par un antidiabétique oral. Il est recommandé de débuter le traitement par de la metformine, ou en cas d'intolérance ou de contre-indication à celle-ci, par un sulfamide hypoglycémiant.

En cas de résultats insuffisants, 2 antidiabétiques aux modes d'action complémentaires, sont associés.

Il est parfois nécessaire pour normaliser le taux de sucre, d’ajouter au traitement un troisième antidiabétique oral, ou de l’insuline. Elle est proposée par votre médecin, lorsque le traitement que vous suivez ne permet pas d’atteindre l’objectif défini avec lui.

Pour faciliter le suivi du traitement, certains médicaments réunissent deux principes actifs au sein d’un même comprimé (association d'antidiabétiques).

Les traitements associés

En plus des traitements pour contrôler le diabète, il est parfois nécessaire de prendre des médicaments pour limiter les risques de maladies cardiovasculaires (maladie du cœur et des vaisseaux). Il s’agit essentiellement de maîtriser l’hypertension artérielle et d’éviter l’excès de cholestérol qui peut augmenter le risque d’apparition de complications du diabète.

Le médecin peut ainsi proposer un traitement associé visant à contrôler l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle. Il peut aussi prescrire des médicaments pour traiter les complications dues au diabète ou plus fréquentes chez les personnes diabétiques. Un accompagnement est proposé aux fumeurs pour l’arrêt du tabac (substituts nicotiniques, etc.)

Bien prendre son traitement

Il est essentiel de prendre vos médicaments tous les jours pour qu’ils soient efficaces, en respectant les indications précisées sur l’ordonnance. La prise régulière de son traitement est importante pour assurer un équilibre de la glycémie.

La mise en route du traitement du diabète nécessite une éducation thérapeutique comportant l'apprentissage du traitement, la reconnaissance des complications liées au traitement, l'adaptation de ce dernier au mode de vie... Votre médecin et les autres professionnels de santé (infirmiers) qui vous entourent peuvent vous aider à réaliser vous-mêmes vos injections. Ils vous apprennent aussi à adapter votre traitement chaque fois que c’est nécessaire.

Si vous avez des difficultés à prendre un médicament ou à comprendre votre ordonnance, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin plutôt que de décider seul de l’arrêter. Votre pharmacien peut aussi vous aider. En cas d’effets indésirables, consultez votre médecin.

Les bons réflexes pour limiter les risques liés aux mélanges de médicaments

Prendre un médicament accessible sans prescription médicale est à envisager avec prudence, car il peut agir sur votre traitement antidiabétique en modifiant ses effets ou en provoquant des effets secondaires. Il est préférable de demander à l’avance à votre médecin quels sont les médicaments qui ne sont pas indiqués avec le traitement qu’il vous prescrit.

Il est important de toujours indiquer aux professionnels de santé tous les médicaments que vous prenez, prescrits ou achetés sans ordonnance.

Garder votre (ou vos) ordonnance(s) sur vous peut être utile.

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"Avec un traitement par insuline, on apprend à mieux se connaître"

Le diabète de Jean-Claude est une longue histoire : « j’ai été dépisté en 1969 à l’occasion d’une visite médicale de la médecine du travail. J’avais 27 ans. » Plutôt atypique à cet âge, car il ne s’agit pas d’un diabète de type 1 qui nécessiterait un traitement par . Jean-Claude prend alors un traitement antidiabétique oral, et se souvient des représentations médicales de l’époque : « mon généraliste avait décidé de me faire maigrir. On me parlait de 'faire un régime'… Alors qu’aujourd’hui cette expression n’est plus appropriée pour l’équilibre du diabète. On dit plutôt désormais une alimentation variée et équilibrée… et l’activité physique régulière est tout aussi importante ! » précise-t-il.

« Prendre le diabète de gré »
Près de trente ans plus tard, l’évolution du diabète de Jean-Claude nécessite une modification de son traitement pour maintenir le diabète à l’équilibre. C’est le temps du passage à un traitement par . « J’avais eu de gros soucis de santé à la suite d’un terrible accident de voiture. Deux ans plus tard, en 1997, ma diabétologue évoque le passage à l’insuline. » Jean-Claude voit cette nouvelle étape dans son traitement comme « un état des choses qui arrive souvent avec l’âge. De gré ou de force, on vit avec le diabète. Donc autant le prendre de gré et agir pour sa santé. » Et d’ajouter : « je me souviens, enfant, d’une personne diabétique qui ne faisait rien pour réduire les risques de complications. J’ai vu son diabète s’aggraver. Face à ce type de situations on comprend qu’on a tout intérêt à agir. »

Dépasser ses appréhensions
Jean-Claude avait malgré tout quelques appréhensions. « J’avais surtout peur des piqûres quotidiennes, et de ne pas y arriver seul. Sauf qu’en fait j’ai toujours eu des stylos pour injections, donc pas de seringues ! » Le traitement par implique aussi de savoir comment son corps réagit : « la période d’adaptation peut prendre une semaine, un mois… puis on arrive très bien à se débrouiller tout seul. L’insuline incite à mieux se connaître, par exemple le lien avec le stress, l’alimentation, l’activité physique… » Jean-Claude est justement un grand marcheur. Résidant dans les Alpes-Maritimes, il fait partie d’une association de « randonnée diabète » et d’un club alpin. « Pour éviter l’hypoglycémie j’emporte toujours avec moi de quoi me resucrer. Par exemple des pâtes de fruits. » Sa passion lui a d’ailleurs donné l’occasion de se lancer un défi de taille au moment du passage à l’insuline. « Je me suis dit : 'l’été prochain, je fais le Mont Blanc' ». En 1998, Jean-Claude réalisera l’ascension du Mont Blanc, et continue depuis lors à profiter de la vie.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide - Affection de longue durée - Diabète de type 1 de l’adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 24 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). La prise en charge de votre maladie, le diabète de type 1 de l’adulte – Vivre avec un diabète de type 1. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 24 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). La prise en charge de votre maladie, le diabète de type 2 – Vivre avec un diabète de type 2. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 24 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandation de bonne pratique - Stratégie médicamenteuse du contrôle glycémique du diabète de type 2. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 24 octobre 2016]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Diabète de type 1 (DID). Site internet : INSERM. Paris ; 2014 [consulté le 24 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations - Affection de longue durée - Diabète de type 1 et diabète de type 2. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 24 octobre 2016]
  • Collège des enseignants d'endocrinologie, diabète et maladies métaboliques (CEEDMM). Diabète sucré de type 1. Site internet : campus d'endocrinologie de l'Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 24 octobre 2016]
  • Hôpital européen Georges Pompidou (HEGP). Traitement : comment traiter mon diabète ? Site internet : HEGP. Paris ; 2012 [consulté le 24 octobre 2016]