« La relation de confiance entre le patient et son médecin est essentielle à l’observance. »

20 août 2019

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Comment définiriez-vous l’observance ?

L’observance, c’est « l’adéquation entre les comportements des patients et les prescriptions médicales ». Je n’aime pas trop le mot « observance » ; je préfèrerais « adhésion », dont la connotation est plus active : on se soigne parce qu’on est consciemment d’accord avec ce qui a été proposé.

Dans le cadre du diabète, adhérer au traitement, c’est bien sûr prendre ses médicaments, mais aussi suivre les recommandations concernant l’équilibre alimentaire et l’activité physique. On parle de non observance quand moins de 80% des médicaments qu’on devrait prendre sont pris. Plusieurs études ont démontré qu’en dessous de ce seuil, les traitements sont moins efficaces et la baisse de l’HbA1C est moins bonne que ce que l’on pourrait espérer.

Le plus souvent, même s’il est tout à fait d’accord pour se soigner, le patient ne le fait pas pour différentes raisons : il n’avait plus de médicaments et la pharmacie était fermée, il a oublié, il n’a pas très bien compris…C’est ce qu’on appelle la non observance non intentionnelle. Elle est très fréquente et apparait surtout dans les six premiers mois du traitement. C’est donc pendant cette période qu’il faut être vigilant afin de développer de bonnes habitudes.

Une des choses que je crois avoir compris, c’est combien il est difficile d’être observant. Sur le long terme, c’est un parcours qui demande des efforts. Alors, si vous n’arrivez pas à être observant, il ne faut pas culpabiliser. Et en retour, à ceux qui sont observants, à ceux qui adhèrent au traitement, j’ai envie de dire, en les félicitant : vous pouvez être fiers d’accomplir quelque chose de difficile.

Comment développer une bonne habitude ?

Il s’agit au fond d’adopter des réflexes. Mais, tout ne peut pas reposer sur la routine. L’observance, c’est un va-et-vient entre l’habitude et la délibération (se dire qu’on fait les choses pour une raison). Un des meilleurs moyens de développer l’habitude, c’est d’éviter l’oubli, en mettant par exemple ses médicaments dans un endroit où on les voit obligatoirement.

C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Au début, cela demande des efforts de prendre son traitement régulièrement et voici qu’à un moment, il n’y aura plus d’effort à fournir, ce sera devenu une habitude.

Que faire lorsque la non observance est liée à la peur des effets secondaires ?

Les effets secondaires existent, mais ils ne sont pas obligatoires. Ce n’est pas parce qu’ils sont mentionnés sur la notice que vous les aurez ! Il ne faut donc pas en avoir peur sans avoir essayé les traitements.

La metformine (un des principaux traitements du diabète de type 2, NDLR) par exemple, provoque souvent des troubles digestifs. Pour diminuer le risque, il est bon de prendre la metformine en milieu de repas et, d’une manière générale, de ne pas dépasser la dose de 2 g par jour.

Si vous ressentez des effets secondaires, n’hésitez pas à en parler à votre médecin. Il pourra, si besoin, adapter votre traitement, par exemple diminuer la dose. Mais n’arrêtez pas sans le lui dire ! 

Ainsi, il me semble que la relation de confiance entre le patient et son médecin est essentielle à l’observance.

 

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