Les autres examens de suivi

12 mars 2017
Afin de dépister les complications liées au diabète ou de limiter leur aggravation, plusieurs examens de suivi sont à effectuer : électrocardiogramme, échographie-doppler, etc.

Les examens de suivi du cœur

Le cœur est un muscle (appelé ) qui fonctionne comme une pompe. Il se contracte et se relâche à un rythme régulier pour envoyer le sang dans le reste du corps. Il fournit à l’organisme un sang riche en oxygène et en substances nutritives.

Le cœur est constitué de 4 cavités : les 2 cavités du haut sont les et les 2 cavités du bas sont les . Un courant électrique de faible intensité circule dans les différentes cavités du cœur. Il active le muscle cardiaque à chaque contraction et lui permet de se contracter de façon efficace.

Faire un ECG consiste à enregistrer l’activité électrique du cœur.

Celle-ci est représentée sous forme de lignes tracées sur une feuille, avec des pics et des creux qui montrent le passage de l’activité électrique dans les différentes parties du cœur. Le médecin examine ce tracé pour en tirer des informations sur le muscle cardiaque (taille, fonctionnement et activité électrique).

L’ECG est un examen indolore et rapide. Il est recommandé au moins 1 fois par an, dans le cadre de la surveillance du diabète, même en l’absence de symptômes, pour détecter tôt d’éventuels problèmes cardiaques. L’ECG est aussi utilisé pour suivre l’évolution d’une pathologie cardiaque et la bonne tolérance des traitements médicamenteux.

Le plus souvent, votre médecin réalise un ECG au cours d’une consultation (ECG au repos). Dans certains cas, pour confirmer un diagnostic, il peut proposer de réaliser l’examen au cours d’un effort, ou sur 24 heures dans votre environnement habituel.

Une fois votre ECG terminé, le médecin examine le tracé et l’interprète en fonction de l’examen clinique, de vos antécédents médicaux et de vos symptômes éventuels.

Si tout est normal, vous serez invité à repasser un ECG dans 1 an.

En cas d’anomalie, le médecin pourra demander des examens complémentaires pour faire un bilan cardiaque plus approfondi.

Si nécessaire, il pourra décider avec vous d’un traitement médicamenteux ou le modifier en fonction des résultats.

L’ECG de repos consiste à enregistrer l’activité électrique du cœur alors que la personne est au calme, allongée sur un lit ou une table d’examen. Le médecin pose sur la peau des petits disques en métal avec du papier adhésif médical (électrodes). Les électrodes sont placées au niveau de la poitrine, des bras et des jambes. Elles sont reliées à un appareil qui enregistre l’activité électrique du cœur. Le patient doit rester parfaitement immobile, ne pas parler, et respirer normalement pendant l’examen. Le médecin peut aussi demander à certains moments de retenir son souffle.

Il est utilisé pour :

  • surveiller que le cœur fonctionne bien ;
  • vérifier si certains symptômes peuvent être expliqués par un problème cardiaque ;
  • vérifier si un traitement médicamenteux est efficace ;
  • adapter un traitement médicamenteux à l’action cardiaque ;
  • identifier des troubles du rythme cardiaque.

Un ECG de repos dure en général 5 à 10 minutes. C’est un examen indolore qui ne présente aucun risque.

L’ECG d’effort consiste à enregistrer l’activité électrique du cœur pendant un effort physique, en utilisant un vélo spécial ou un tapis roulant (on parle parfois de « test d’effort »). Le patient débute l’exercice en marchant (ou bien en pédalant lentement). Le médecin est présent à ses côtés en permanence : il augmentera l’intensité de l’exercice très progressivement et surveillera le fonctionnement du cœur sur les tracés lus en direct.

Cet examen est utilisé lors de l’apparition de signes évoquant un éventuel problème cardiaque à l’effort. Le fonctionnement du cœur est alors examiné dans les conditions qui déclenchent les symptômes.

Le médecin prescrit parfois un ECG d’effort si son patient souhaite reprendre une activité physique régulière, en particulier s’il ne l’a pas pratiquée depuis longtemps.

Lors d’un ECG ambulatoire (ou holter ECG), l’activité électrique du cœur est enregistrée en continu (le plus souvent sur 24 heures) pendant la pratique des activités habituelles. L’enregistrement de l’activité électrique du cœur se fait grâce à un appareil portable léger qui permet de pratiquer ses activités habituelles sans gêne.

L’ECG ambulatoire est utile pour rechercher un trouble du rythme cardiaque qui ne serait pas visible sur un ECG de repos. Il permet aussi de rechercher la cause de symptômes (signes) qui apparaissent lors des activités quotidiennes.

Le médecin peut prescrire des examens complémentaires.

L’échographie- du cœur

Cet examen associe 2 techniques : l’échographie, qui utilise les pour produire une image, et la fonction , qui permet d’évaluer la circulation du sang.

Il permet d’obtenir une image du cœur et de ses contractions, de vérifier ses mouvements et ceux de ses valves, et d’observer la circulation du sang dans les cavités cardiaques.

L’échographie- du cœur peut être réalisée au repos ou dans une situation dite de « stress », c’est à dire en augmentant le rythme cardiaque (effort physique ou prise de médicament produisant les mêmes effets).

La myocardique de perfusion

Cet examen permet de voir si le muscle cardiaque est suffisamment oxygéné. L’injection d’un produit de contraste dans une veine du bras, avant de commencer l’examen, est nécessaire pour différencier les zones mal oxygénées (qui scintillent moins que les autres). L’examen peut être réalisé au repos ou dans une situation dite de « stress », comme dans le cas de l’échographie- du cœur.

La

Cet examen permet d’obtenir des images précises des et des informations sur la circulation du sang dans ces artères. Il est réalisé après injection d’un produit de contraste.

Les examens de suivi des artères

Le diabète peut conduire à des complications au niveau des artères cérébrales. Comme l’atteinte des artères qui amènent le sang au cerveau évolue le plus souvent sans symptômes d’alerte, iI est important de consulter régulièrement votre médecin pour dépister tôt ces complications et prévenir le risque d’aggravation.

Votre médecin peut également vous prescrire des examens complémentaires.

L’échographie- des vaisseaux du cou

Cet examen associe 2 techniques :

  • l’échographie qui permet de visualiser l’aspect des vaisseaux (présence éventuelle de plaque d’athérome, de rétrécissement). Elle utilise les pour produire une image ;
  • la fonction « doppler » permet d’estimer la façon dont le sang circule dans ces vaisseaux.

Le scanner et / ou l’imagerie par résonance magnétique (IRM)

En cas de signes évocateurs d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’accident ischémique transitoire (AIT), ce sont les 2 principaux examens permettant d’obtenir des images du cerveau. Ils aident à confirmer le diagnostic d’AVC ou d’AIT, et à identifier la cause. Réalisés rapidement, ces examens permettent aussi de choisir le traitement le mieux adapté.

Les examens de suivi des nerfs

Le diabète peut conduire à des complications au niveau des nerfs. L’atteinte des nerfs est parfois douloureuse, mais elle peut aussi évoluer silencieusement.

C’est pourquoi il est d’important de consulter régulièrement votre médecin pour qu’il puisse dépister précocement une complication. Cela permet de la prendre en charge rapidement afin de prévenir le risque d’aggravation.

Lors de l’examen, votre médecin peut vérifier certains symptômes comme la présence d’une baisse soudaine de votre tension artérielle lorsque vous vous levez ( ). Il peut également tester votre force musculaire, évaluer votre sensibilité et vos réflexes.

Votre médecin peut vous prescrire un électromyogramme (EMG). Cet examen mesure, à l’aide de petites aiguilles (électrodes) et de capteurs, l’activité électrique des muscles et des nerfs et permet ainsi d’analyser leur fonctionnement.

L’électromyogramme (EMG)

Schéma : électromyogramme

Les examens de suivi des membres inférieurs

Le diabète peut conduire à des complications au niveau des membres inférieurs. Lors d’un suivi médical régulier, le médecin vérifie la circulation du sang dans les membres inférieurs et recherche les pouls. Il vérifie aussi la sensibilité à la douleur, au froid et au chaud.

Il peut éventuellement calculer la différence de tension artérielle entre la cheville et le bras (aussi appelée index de pression systolique ou IPS), pour détecter la présence d’une atteinte des artères.

Votre médecin peut également pratiquer ou prescrire des examens complémentaires.

Le médecin peut être amené à prescrire une des membres inférieurs en fonction de votre âge, de l’ancienneté de votre diabète ou bien s’il existe des anomalies sur d’autres artères.

Au cours de cette , le médecin examine les artères des membres inférieurs. Cet examen associe 2 techniques :

  • une échographie, qui permet de visualiser l’aspect des vaisseaux. Elle utilise les , ondes sonores que l’oreille humaine n’entend pas. Ils sont utilisés en échographie car ils se réfléchissent sur les parois des organes et produisent un écho (comme le fait un radar). Le retour de l’écho permet d’obtenir une image de la zone que l’on examine, comme avec une caméra. Les ne sont pas des rayons X ; ils sont totalement inoffensifs pour l’organisme. ;
  • une fonction « doppler », qui permet d’estimer la façon dont le sang circule dans ces vaisseaux.

L’échographie- des membres inférieurs est indiquée pour :

  • Vérifier les artères qui amènent le sang aux membres inférieurs
    L’examen permet de dépister d’éventuels rétrécissements des artères (ou sténoses), de préciser leur importance et leur localisation.
  • Faire le diagnostic d’une artériopathie des membres inférieurs
    Si lors d’une consultation, votre médecin détecte un pouls faible ou bien une différence de tension artérielle entre la cheville et le bras. Ces signes suggèrent en effet que des plaques d’athérome gênent la circulation du sang. Il peut aussi prescrire cet examen si vous présentez des symptômes à la marche (douleurs ou crampes).
  • Préparer une intervention chirurgicale sur une artère des membres inférieurs
    Une des membres inférieurs peut être prescrite dans le cadre d’un bilan préopératoire, avant de réaliser une intervention chirurgicale pour faciliter la circulation du sang dans les membres inférieurs (revascularisation).
  • Assurer le suivi de l’intervention
    Après un traitement de revascularisation, cet examen permet de surveiller la réapparition éventuelle de plaque d’athérome.

L’échographie- est un examen indolore qui dure en moyenne 30 minutes.

Le patient est allongé sur une table d’examen. Le médecin applique un gel sur la peau au niveau des artères des membres inférieurs, pour faciliter la transmission des . Il place ensuite la sonde à au contact de la peau et la déplace en appuyant légèrement. Les échos des sont enregistrés par un ordinateur qui les convertit en une image vidéo. Le médecin enregistre les images sur lesquelles il souhaite mesurer des paramètres, par exemple la largeur d’une artère ou l’épaisseur de sa paroi.

Votre médecin interprète les résultats de votre et vous les explique.

Si besoin, il peut prescrire des examens complémentaires pour confirmer ou compléter ce qui a été vu avec l’échographie- . À partir de l’ensemble des examens réalisés, il peut alors vous proposer un traitement. Il vous aide aussi à trouver des solutions pour maintenir une activité physique régulière et adaptée à vos capacités. Par exemple, la pratique régulière de la marche à pied permet de maintenir une bonne circulation du sang dans les membres inférieurs.

Dans certains cas, une intervention locale au niveau d’une artère peut être nécessaire pour faciliter la circulation du sang dans les membres inférieurs. Cette intervention aide à réduire la douleur à la marche et évite que des complications plus sévères se développent.

L’artériographie permet d’obtenir des images précises des artères des membres inférieurs et des informations sur la circulation du sang dans ces artères. Cet examen est réalisé après injection d’un produit de contraste.

Le suivi dentaire

Le diabète peut entraîner des complications au niveau des dents et des gencives. La plaque dentaire, véritable « nid à microbes », augmente le risque de gingivite et de parodontite. Le brossage des dents au quotidien permet le dépistage des complications

À chaque brossage, une surveillance de l’aspect de vos dents et de vos gencives est utile. La présence de plaque dentaire se caractérise par un dépôt blanc pâteux sur les dents. Elle est plus épaisse à la base, près des gencives. Si ce dépôt devient dur sous la langue (calcifié), il s’agit de tartre dentaire.

En cas de gingivite, la gencive, qui normalement est rose, devient brillante et rouge, parfois violacée. Elle est souvent gonflée et sensible. Elle peut saigner lorsque vous vous brossez les dents.

Si ces symptômes sont présents, il est nécessaire de consulter un chirurgien-dentiste. N’hésitez pas aussi à lui signaler une sensation de mauvais goût persistant dans la bouche ou un manque de salive (bouche sèche).

Même en l’absence de symptômes, il est recommandé de faire effectuer au moins 1 fois par an un bilan bucco-dentaire par un chirurgien-dentiste. Cet examen permettra de dépister rapidement et de prendre en charge d’éventuelles complications.

Il est important d’informer votre chirurgien-dentiste de votre diabète, car il pourra prendre des précautions particulières adaptées à chaque cas pour réaliser les soins dentaires.

S’il le juge nécessaire, il peut aussi vous proposer un détartrage (soins de prévention qui consiste à enlever le tartre sur les dents).

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide - Affection de longue durée - Diabète de type 1 de l’adulte. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 28 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actes et prestations - Affection de longue durée - Diabète de type 1 et diabète de type 2. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 28 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). La prise en charge de votre maladie, le diabète de type 1 de l’adulte – Vivre avec un diabète de type 1. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 28 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). La prise en charge de votre maladie, le diabète de type 2 – Vivre avec un diabète de type 2. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 28 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide - Affection de longue durée - La prise en charge de votre maladie coronarienne - Vivre avec une maladie coronarienne. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 7 novembre 2016]
  • Société française d’hypertension artérielle (SFHTA). Recommandations de la SFHTA - Mesure de la pression artérielle - Pour le diagnostic et le suivi du patient hypertendu. Site internet : SFHTA. Paris ; 2011 [consulté le 7 novembre 2016]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Appareils d'automesure tensionnelle - Liste des autotensiomètres enregistrés dans le cadre de la surveillance du marché. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2012 [consulté le 7 novembre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide - Affection de longue durée - La prise en charge de votre maladie, l’accident vasculaire cérébral - Vivre avec un accident vasculaire cérébral. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 28 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations de bonne pratique - Accident vasculaire cérébral : prise en charge précoce (alerte, phase préhospitalière, phase hospitalière initiale, indications de la thrombolyse) - Argumentaire. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2009 [consulté le 28 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations professionnelles - Prise en charge diagnostique des neuropathies périphériques (polyneuropathies et mononeuropathies multiples). Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2007 [consulté le 28 octobre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Recommandations pour la pratique clinique - Prise en charge de l’artériopathie chronique oblitérante athéroscléreuse des membres inférieurs (indications médicamenteuses, de revascularisation et de rééducation). Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2006 [consulté le 28 octobre 2016]
  • Société française de radiologie (SFR). Guide du bon usage des examens d’imagerie médicale. Site internet : SFR. Paris ; 2013 [consulté le 7 novembre 2016]
  • Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). La santé bucco-dentaire en 4 points. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2005 [consulté le 31 octobre 2016]