Le podologue, un appui pour bien prendre soin de ses pieds

12 mars 2017
Le diabète peut engendrer des complications au niveau des membres inférieurs et des pieds. Le podologue est le spécialiste à consulter pour vous aider à détecter et suivre ces complications. Entretien avec Fabien Stagliano, podologue et vice-président de la Fédération nationale des podologues.

Les complications d’ordre neurologique et vasculaire

Pédicure-podologue libéral depuis 15 ans, Fabien Stagliano connaît bien les complications des pieds auxquelles ses patients qui ont un diabète peuvent être confrontés. « Plus le diabète est déséquilibré », insiste Fabien Stagliano, « plus le risque de complications est important ».

« Celles-ci sont d’ordre neurologique et vasculaire, et peuvent être associées à une déformation du pied. »

D’origine neurologique, quand l’atteinte des nerfs conduit à « une diminution voire une absence complète de la sensibilité des pieds, notamment à la douleur ». D’origine vasculaire, quand l’atteinte des artères gêne la circulation du sang et rend plus difficile la cicatrisation.

Quant à la déformation, elle peut être liée à la diminution de la sensibilité ou « simplement à l’âge » mais est souvent favorisée par l’atteinte de la sensibilité profonde (capacité à connaître la position et les mouvements de son propre corps dans l’espace).

Les problèmes les plus courants ? « Les cors, les durillons, les mycoses, les ongles incarnés… Avec la baisse de sensibilité du pied, la personne ne perçoit pas forcément ces complications bénignes qui peuvent évoluer jusqu’à des plaies profondes et conduire, dans les cas extrêmes, à l’amputation. »

Un bilan complet de vos pieds

Lors d’une consultation chez votre médecin traitant ou votre diabétologue, vous serez orienté si nécessaire chez le pédicure-podologue. « Votre pédicure-podologue peut également informer votre médecin traitant de la nécessité de votre prise en charge podologique. »

À la 1ère consultation, le pédicure-podologue réalise un bilan complet pour situer vos pieds sur une échelle de 0 à 3.

« À partir du grade 1, un problème de sensibilité du pied est diagnostiqué. Délivrer des conseils, des soins et confectionner les appareillages nécessaires pour éviter d’évoluer vers les grades 2 ou 3 est alors capital. » Il s’agit de « surveiller ses pieds, bien les hydrater, choisir des chaussures confortables… » précise Fabien Stagliano.

Quel grade pour votre prise en charge ?

L’examen de vos pieds détermine un niveau sur une échelle de 4 grades :

  • grade 0 : la sensibilité du pied n’est pas affectée ;
  • grade 1 : la sensibilité est affectée mais n’est pas associée à d’autres complications ;
  • grade 2 : la sensibilité est affectée et associée à une artériopathie des membres inférieurs et / ou une déformation du pied. 4 séances par an de podologie sont prises en charge à 100 % chez les patients déclarés en affection de longue durée (ALD) pour leur diabète ;
  • grade 3 : antécédent de complication sévère (ulcère au pied et / ou amputation des membres inférieurs). 6 séances par an de podologie sont prises en charge à 100 % chez les patients déclarés en ALD pour leur diabète.

Des consultations à domicile sous conditions

L’accès aux soins de podologie est facilité par des consultations à domicile pour les patients de grade 2 et 3 : « les personnes qui ont du mal à se déplacer peuvent bénéficier plus facilement des soins nécessaires ». C’est d’autant plus utile quand, par exemple, cette prise en charge « permet aussi de diminuer le risque de chute des personnes âgées ».

Face à l’appréhension, courante chez les patients, à l’égard des soins de podologie, Fabien Stagliano rassure : « quand les complications des pieds sont détectées et prises en charge tôt, les patients apprécient l’efficacité des traitements proposés. »