Un enseignant en activité physique adaptée témoigne

06 juillet 2021
Se réconcilier avec son corps grâce à l’activité physique adaptée (APA)

Nicolas Tabard est enseignant en activité physique adaptée et forme d’autres professionnels du sport afin de les sensibiliser aux difficultés que peuvent rencontrer des personnes atteintes de maladies chroniques, que ce soit dans leur vie de tous les jours ou plus particulièrement lors d’une activité physique. Il nous présente les bienfaits physiques, psychologiques et sociaux pour les personnes diabétiques qui bénéficient d’un accompagnement en APA.

En quoi consiste l’activité physique adaptée ?

Il s’agit, entre autres, de permettre à des personnes souffrant de maladies ou de handicaps de pratiquer une activité adaptée à leurs problèmes de santé, leurs capacités, goûts et intérêt et de les accompagner dans ce parcours de façon régulière, progressive et en toute sécurité.

Conseiller aux patients de bouger davantage ne suffit pas quand ils ne l’ont pas fait depuis longtemps, qu’ils ne sont pas suffisamment motivés ou qu’ils ont des réticences. Un accompagnement peut être nécessaire pour qu’ils reprennent confiance en eux et cheminent vers une pratique sportive plus autonome. Un enseignant spécialisé en activité physique adaptée saura trouver les activités idéales en créant une dynamique grâce à ses compétences, son écoute, son empathie, … permettant au patient de donner du sens à sa pratique.

Aujourd’hui il est possible de trouver des structures qui s’inscrivent dans une démarche de « sport/santé ». Cela peut être un club de tennis, des cours d’aquagym, une association locale de marcheurs, ou toute structure agréée (www.solidarites-sante.gouv.fr). L’éducateur élabore un programme détaillé sur environ 10 mois avec une mise en route par des séances encadrées pendant plusieurs mois selon les situations.

Quels sont les bénéfices d’une telle activité ?

L’APA a d’abord des bienfaits médicaux : elle permet à une personne diabétique de mieux réguler ses glycémies, de stabiliser son poids, d’améliorer son système cardiorespiratoire… Elle peut aider dans d’autres pathologies parfois associées, en faisant baisser l’hypertension artérielle, diminuer le mauvais cholestérol (LDL) et augmenter le bon (HDL). Elle favorise aussi une meilleure forme générale en renforçant les muscles, les articulations… Elle peut représenter un intérêt social à sortir de chez soi, en rencontrant de nouvelles personnes pour partager une activité collective. Les bénéfices sont également psychologiques quand, par exemple, une personne complexée par son corps reprend confiance en elle et ose se mettre en maillot de bain pour aller à la piscine. Les patients retrouvent petit à petit le plaisir de prendre soin d’eux.

J’ai réalisé une enquête il y a quelques années sur ce sujet, et les bénéfices mentionnés par les patients étaient très variés. Certains disaient avoir gagné en combativité, être plus acteurs de leur santé, et rapportaient une expérience sensorielle agréable avec leur corps. D’autres se sentaient à nouveau capables de partir en vacances en montagne ou se réjouissaient de pouvoir ramasser une chaussette sous un lit sans difficulté, de monter trois étages sans être essoufflés. Enfin, les plus autonomes peuvent même s’inscrire durablement dans l’activité physique que ce soit en randonnée par exemple au sein de l’association Randonnée et Diabète (www.randonneediabete.fr) ou dans une autre activité.

Pour en savoir plus sur l’offre d’activité physique près de chez soi, contacter les associations locales de la Fédération Française des Diabétiques.

Comment faire si on est intéressé par l’activité physique adaptée ?

Le patient peut d’abord en parler à son médecin traitant. Si celui-ci connaît le « sport sur ordonnance », il pourra directement réaliser un premier bilan et délivrer un certificat médical où seront mentionnées des indications et des précautions à prendre, destinées à l’éducateur. Si le soignant n’est pas familiarisé avec la prescription d’activités physiques adaptées, le patient peut se rapprocher du réseau sport santé de sa région ou du comité régional olympique et sportif qui sauront le guider. Armé de ces documents qui constituent un « carnet de liaison » avec le médecin, l’éducateur pourra ensuite établir un programme avec le patient : type d’activité, rythme, etc.

Le rôle de l’éducateur est aussi de l’aider à trouver des leviers à ses freins à l’activité physique tels que la peur de faire une , de ne pas se sentir capable, ou d’avoir une expérience négative (comme le souvenir des mauvaises notes à l’école). Il est bon de rappeler que dans le cadre de l’activité physique adaptée, nous ne sommes pas dans une idée de performance mais de plaisir, seule condition pour arriver à pérenniser un mode de vie plus actif. Bien sûr, les accompagnants du programme sophia sont également là pour aider les patients dans ces démarches.

À noter enfin que certaines mutuelles et assurances santé peuvent rembourser une partie des frais d’adhésion à un club sportif par exemple (se renseigner sur les conditions de prise en charge avant le début de l’activité).