Le traitement du diabète gestationnel, le suivi de la femme enceinte et du bébé

27 avril 2018
En cas de diabète lors de la grossesse, le traitement de l’hyperglycémie est nécessaire. En effet, il existe des risques de complications pour la mère et pour l’enfant.

Le traitement du diabète gestationnel

Le traitement du diabète gestationnel réduit les complications périnatales et les risques de macrosomie fœtale (bébé de plus de 4 kg à la naissance à terme).

Il est généralement coordonné par le médecin gynécologue ou gynéco-obstétricien. Il peut être utile de recourir à un médecin endocrinologue et/ou à un(e) diététicien(ne).

Il est indispensable que la femme enceinte présentant un diabète de grossesse suive les recommandations de l’ensemble de l’équipe médicale.

Le traitement repose sur des conseils diététiques et une activité physique régulière et si nécessaire, l’insulinothérapie. Une autosurveillance de la glycémie est conseillée en cas de prise en charge diététique et indispensable en cas d'insulinothérapie.

Si le diabète est bien équilibré, le suivi est le même que celui d’une grossesse « normale ». En présence de facteurs ajoutés (surpoids, glycémie mal équilibrée, hypertension artérielle, etc.), un suivi plus intense de la femme enceinte et diabétique est nécessaire.

Adopter une alimentation équilibrée et suivre les conseils diététiques sont essentiels pour le contrôle de la glycémie et se sentir bien pendant sa grossesse. L’apport calorique est déterminé au cas par cas selon :

  • l’indice de masse corporelle (IMC) de la femme enceinte ;
  • la prise de poids au cours de la grossesse ;
  • et les habitudes alimentaires.

En effet, en cas de diabète de grossesse, certaines modifications alimentaires doivent être adoptées, indiquant la quantité de glucides pour chaque repas. Il est primordial de ne pas les éliminer complètement, mais plutôt de répartir les apports en plusieurs prises dans la journée.

Un diététicien peut vous aider à modifier et à gérer votre alimentation au quotidien. Il saura également vous conseiller sur les importants à intégrer dans votre alimentation pendant votre grossesse.

En l’absence de contre-indications liées à la grossesse, la jeune femme enceinte présentant un diabète de grossesse est invitée à exercer une activité physique régulière qui participe à la régulation de la glycémie. Elle correspond à environ 30 minutes d’activité quotidienne, 3 à 5 fois par semaine.

En présence d'un diabète de grossesse, un traitement par est nécessaire si après 10 jours de régime hygiéno-diététique (alimentation équilibrée et activité physique), la glycémie n’est pas normalisée.

Ce type de traitement est administré dans un peu plus d’un diabète gestationnel sur 4. La jeune femme enceinte diabétique doit suivre précisément les prescriptions médicales.

Lorsque la jeune femme enceinte suit un traitement hygiéno-diététique, et si le médecin ou la sage-femme le lui conseillent, l’autosurveillance glycémique est utile pour contrôler la glycémie.

Elle est indispensable si le diabète gestationnel est traité par .

La fréquence de l’autosurveillance peut varier d’une personne à l’autre ; il est donc indispensable de suivre les conseils personnalisés du médecin. En général, des contrôles sont demandés à jeun et en postprandial (à distance variable des repas).

Normes maximales conseillées de la glycémie en cas d’autosurveillance
À jeun 0,95 g/l
1 heure après le repas 1,30 à 1,40 g/l
2 heures après le repas 1,20 g/l

 

La surveillance de la grossesse en cas de diabète gestationnel

Si le diabète de grossesse est équilibré, et en l’absence d’autres facteurs de risque ou de maladie associés, le suivi de la femme enceinte est celui d’une grossesse en bonne santé.

En présence de facteurs de risque (surpoids, glycémie mal équilibrée, hypertension artérielle), un suivi médical plus rapproché est nécessaire. Il s’accompagne généralement d’examens supplémentaires : échographie, enregistrement du rythme cardiaque fœtal, analyse des urines permettant la recherche d’une protéinurie (présence de protéines dans les urines), etc.

Diabète de grossesse : la prise en charge de l’accouchement et du nouveau-né

L'accouchement

L’accouchement se déroule normalement si le diabète gestationnel est bien équilibré. Si ce n’est pas le cas, ou s’il y a un retentissement sur le fœtus, l’accouchement peut être provoqué avant le terme prévu.

Un accouchement par césarienne peut se révéler nécessaire si le poids de l’enfant est supérieur à 4,2 kg. Cette décision est prise au cas par cas, en accord avec la patiente.

Prise en charge du nouveau-né

À la naissance, la glycémie du nouveau-né fait l’objet d’une surveillance attentive. En effet, il existe un risque d’ chez le nourrisson dont :

  • la femme enceinte présentant un diabète de grossesse a été traitée par insuline ;
  • le poids de naissance est insuffisant ou au contraire, trop élevé.

Afin d’éviter les variations de la glycémie, l’enfant est nourri le plus tôt possible après sa naissance, puis à intervalles rapprochés (2 à 3 heures). Il bénéficie également de la surveillance habituelle et d’examens si des symptômes en lien avec une apparaissent.

©Blausen Medical

Diabète de grossesse : la surveillance de la mère après l’accouchement

Après l’accouchement, lorsqu’une femme a eu un diabète gestationnel survenu lors de sa grossesse, la glycémie redevient normale, au moins temporairement. Si elle a reçu un traitement par , celle-ci est arrêtée et la glycémie régulièrement surveillée en postpartum.

En cas de diabète de type 2 diagnostiqué avant ou en tout début de grossesse, la glycémie reste anormale et un traitement est adapté.

Si la femme, qui a eu un diabète lors de sa grossesse, souhaite une contraception, il est indispensable de prendre en compte :

  • les problèmes de régulation de la glycémie ;
  • une éventuelle obésité ;
  • ou d’autres facteurs de risque tels que l’hypertension artérielle ou une anomalie du bilan lipidique.

La pose d’un dispositif intra-utérin (stérilet) est souvent proposée.

Les risques à long terme du diabète gestationnel et le suivi médical

En raison des risques à long terme pour la mère et l’enfant, la survenue d’un diabète gestationnel au cours d’une grossesse implique un suivi ultérieur.

Les risque pour la mère

En cas de diabète gestationnel, les risques à long terme pour la mère sont multiples.

Le risque de diabète de type 2 est multiplié par 7. Il augmente avec le temps et persiste au moins 25 ans. Cette probabilité est plus élevée si :

  • la femme est en surcharge pondérale ;
  • le diabète gestationnel a été diagnostiqué avant la 24ème semaine d’aménorrhée ;
  • les glycémies lors de l’HGPO étaient très élevées ;
  • la femme a eu recours à l’insuline pour son diabète de grossesse.

La risque de survenue d'un syndrome métabolique ( augmentation du cholestérol sanguin, de la glycémie associés à un surpoids et favorisant l’athérosclérose) est multiplié par 2 à 5.

Le risque cardio-vasculaire (maladies du cœur et des artères) est multiplié par 1,7.

Le suivi médical

La mère, qui a présenté un diabète gestationnel, doit nécessairement avoir un suivi après l’accouchement, avec dépistage du diabète. Celui-ci est effectué soit par un dosage de la glycémie à jeun, soit par une HGPO. Il est recommandé :

  • lors de la consultation postnatale qui a lieu entre la 6ème et la 8ème semaine après l’accouchement ;
  • 3 mois après l’accouchement ;
  • avant toute nouvelle grossesse ;
  • puis tous les 1 à 3 ans, selon les facteurs de risque, pendant au moins 25 ans.

Le suivi de la mère comporte aussi la recherche d’autres facteurs de risque cardiovasculaire : prise régulière de la tension artérielle, dosage des graisses dans le sang, etc.

Aussi, la jeune femme, ayant eu un diabète gestationnel, doit adopter des mesures hygiéno-diététiques après l’accouchement pour prévenir la survenue d’un diabète de type 2 :

L’enfant, né d'une mère ayant présenté un diabète gestationnel, risque d’avoir des complications métaboliques à long terme (à l'adolescence ou à l'âge adulte), comme un diabète modéré. La nécessité d’un suivi spécifique n’est cependant pas établie.

Ces enfants sont suivis par leur médecin traitant afin de :

Sources
  • Billionnet C, Mitanchez D, Weill A, Nizard J, Alla F & al. Gestational diabetes and adverse perinatal outcomes from 716,152 births in France in 2012. Diabetologia. 2017;60(4):636-44
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et la Société francophone du diabète. Extrait des mises à jour en gynécologie et obstétrique - Recommandations pour la pratique clinique. Le diabète gestationnel. Site internet : CNGOF. Paris ; 2010 [consulté le 3 juillet 2017]
  • Deruelle P, Clay J C, Cazaubiel M, Subtil D, Fontaine P, Vambergue A. Diabète gestationnel. Encyclopédie Médico-Chirurgicale : Obstétrique. 2009; 5-042-C-20
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Diabète et grossesse. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes ; 2011 [consulté le 3 juillet 2017]
  • Pirson N, Maiter D, Alexopoulou O. Prise en charge du diabète gestationnel en 2016 : une revue de la littérature. Site internet : Louvain médical. Bruxelles ; 2016 [consulté le 3 juillet 2017]
  • Haute autorité de santé (HAS). Recommandations professionnelles - Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2016 [consulté le 3 juillet 2017]