Le diabète gestationnel : définition, facteurs de risque et conséquences

16 août 2017
Le diabète gestationnel est une intolérance au glucose avec augmentation de la glycémie (quantité de sucre dans le sang) plus ou moins importante. Il apparaît pendant la grossesse et disparaît après l'accouchement. Il peut avoir un impact sur la santé de la mère et de l’enfant.

Qu’est-ce que le diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel est diagnostiqué au cours de la grossesse. Il résulte d’une production insuffisante d’insuline, hormone qui aide à contrôler le taux de glycémie (quantité de sucre dans le sang). Il se traduit par une intolérance au glucose qui entraîne une , puis un diabète. Cette anomalie est transitoire ; elle apparaît pendant la grossesse et disparaît après l'accouchement.

Ce type de diabète est à différencier de celui préexistant à la grossesse, dit diabète prégestationnel, le plus souvent de type 2. Ce dernier peut être découvert au cours de la grossesse alors qu’il était jusque-là méconnu. Dans ce cas, il persiste après l'accouchement.

Le diabète gestationnel en progression

En 2012, le diabète gestationnel concernait 8 % des grossesses en France métropolitaine. La présence de plus en plus fréquente de certains des facteurs de risque (notamment l'âge des femmes enceintes ≥ 35 ans et le surpoids maternel) confirme une tendance allant vers une augmentation du nombre de cas.

Pourquoi un diabète gestationnel apparaît-il pendant la grossesse ?

Pendant la grossesse, 2 périodes successives de régulation de la glycémie se distinguent :

  • Pendant la 1ère moitié de la grossesse, le taux de sécrétion d’insuline et la sensibilité à cette hormone augmentent. Ces réactions entraînent souvent des baisses de la glycémie (taux de glucose dans le sang), surtout la nuit et au réveil.
  • Au cours de la 2ème moitié de la grossesse, la tolérance au glucose diminue. L’augmentation des hormones sécrétées par le conduit à une résistance de l’organisme à l’action de l’insuline. Pour compenser, le en sécrète alors davantage.

Chez certaines femmes, le peut être déficient ; il ne parvient pas à sécréter assez d’insuline pour maintenir une glycémie normale, entraînant à certains moments une , puis un diabète. La glycémie augmente d’abord après les repas ( postprandiale), puis elle augmente même à jeun.

Le glucose, présent en excès dans le sang maternel, traverse le et passe chez le fœtus. Ceci favorise sa croissance pondérale.

© Blausen Medical

Quels sont les facteurs de risque du diabète gestationnel ?

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer un diabète gestationnel :

  • un surpoids de la future mère avant la grossesse, qui se traduit par un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 25 kg/m2 ;
  • l’origine ethnique de la mère. En effet, les femmes d’origine caucasienne (à peau blanche) ont un risque plus faible que celles originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne ou d’Asie. Le risque progresse toutefois dans toutes les ethnies compte tenu de l’augmentation de l’obésité, de la sédentarité et de l’adoption d’un mode vie dit « moderne » ;
  • des antécédents familiaux de premier degré de diabète de type 2, c’est-à-dire chez le père, la mère, les frères, les sœurs de la mère ;
  • des antécédents de diabète gestationnel chez la mère au cours d’une précédente grossesse. Le risque de récidive varie de 30 à 84 % selon les études ;
  • un âge supérieur à 35 ans ;
  • un antécédent d’accouchement d’un « gros » bébé (poids supérieur au 90ème percentile de la courbe de croissance de référence, soit supérieur à 4 000 g pour un bébé né à terme) ;
  • une maladie des polykystiques.
Qu’est–ce que le syndrome des polykystiques ?

Il s’agit d’un trouble hormonal touchant plus de 5 % des femmes en âge de procréer, et causant différents symptômes :

  • des kystes ovariens multiples (plus de 12 follicules de 2 à 9 mm de diamètre, présents sur au moins un ovaire). Ils sont visibles à l'échographie ;
  • une et des règles rares ou absentes ( ), voire une infertilité ;
  • une pilosité excessive liée à un taux élevé de certains androgènes (hormones mâles).

Quelle sont les conséquences du diabète gestationnel pendant la grossesse ?

Le diabète gestationnel peut avoir des conséquences chez la mère, mais aussi chez l’enfant.

La survenue d'une hypertension artérielle (HTA) gravidique ou gestationnelle et de prééclampsie est plus fréquente chez la femme ayant un diabète gestationnel, surtout en cas de surcharge pondérale. Une surveillance médicale accentuée est alors indispensable, car le risque de complications pour la mère et pour l'enfant s’accroît et peut se traduire par :

  • un décollement du placenta ;
  • des troubles de la coagulation ;
  • une insuffisance rénale ;
  • un accouchement prématuré ;
  • un retard de croissance du fœtus, etc.

Pour la mère, le diabète gestationnel est aussi associé à :

  • un risque accru de césarienne, surtout si la femme enceinte présente un surpoids ou une obésitév;
  • une anxiété, suite à l’annonce du diagnostic de diabète gestationnel ;
  • une récidive du diabète gestationnel lors d’une prochaine grossesse.

L’augmentation prolongée de la glycémie chez la mère a un impact sur le poids du bébé. C’est la macrosomie fœtale, définie pour la population française, par un poids de naissance supérieur à 4 kg pour un bébé né à terme. Un poids très élevé du nouveau-né entraîne souvent un accouchement difficile, avec nécessité d’avoir recours à des techniques instrumentales. L’extraction instrumentale (à l’aide de forceps, de spatules ou de ventouses) est réalisée sous anesthésie locale, ou générale. Une césarienne est parfois incontournable.

Le diabète gestationnel peut aussi avoir pour conséquence une (glycémie trop basse) chez le bébé à la naissance. En effet, lorsqu’il est dans le ventre de sa maman présentant un diabète gestationnel, le fœtus est soumis à un apport important de sucre. Après sa naissance, n’ayant plus cet apport d’origine maternelle, le bébé présente souvent une chute de la glycémie.

Pendant les premiers jours du nouveau-né, des prélèvements d’une goutte de sang sur une bandelette sont réalisés pour doser sa glycémie. Ces dosages permettent de s’assurer que celle-ci ne baisse pas de façon anormale. Ces anomalies peuvent être corrigées par une alimentation précoce et rapprochée.

Sources
  • Haute autorité de santé (HAS). Recommandation de bonne pratique - Indications de la césarienne programmé à terme. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2012 [consulté le 3 juillet 2017]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et la Société francophone du diabète. Extrait des mises à jour en gynécologie et obstétrique - Recommandations pour la pratique clinique. Le diabète gestationnel. Site internet : CNGOF. Paris ; 2010 [consulté le 3 juillet 2017]
  • Billionnet C, Mitanchez D, Weill A, Nizard J, Alla F & al. Gestational diabetes and adverse perinatal outcomes from 716,152 births in France in 2012. Diabetologia. 2017;60(4):636-44
  • Deruelle P, Clay J C, Cazaubiel M, Subtil D, Fontaine P, Vambergue A. Diabète gestationnel. Encyclopédie Médico-Chirurgicale : Obstétrique. 2009; 5-042-C-20
  • Santé publique France. Diabète et grossesse - Données épidémiologiques. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2015 [consulté le 3 juillet 2017]
  • Regnault N, Salanave B, Castetbon K, Cosson E, Vambergue A, Barry Y & al. Diabète gestationnel en France en 2012 : dépistage, prévalence et modalités de prise en charge pendant la grossesse. Bull Epidemiol Hebd. 2016;(9):164-73
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Diabète et grossesse. Site internet : Université Médicale Virtuelle Francophone. Nantes ; 2011 [consulté le 3 juillet 2017]
  • Haute autorité de santé (HAS). Rapport de synthèse sur le dépistage et le diagnostic du diabète gestationnel. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2005 [consulté le 3 juillet 2017]