Déchirure musculaire : traitement, évolution, prévention

25 septembre 2018
En cas de déchirure musculaire, le traitement débute par une mise au repos, voire la prise d’antalgiques. Après l’accident, il faut attendre quelques jours pour commencer la rééducation et des soins de kinésithérapie. Généralement, muscles et tendons se réparent alors en quelques semaines.

Le traitement en cas de déchirure musculaire

Il poursuit plusieurs objectifs :

  • permettre une cicatrisation optimale de la déchirure musculaire ;
  • éviter que la lésion ne devienne chronique ;
  • limiter les séquelles ainsi que le risque de récidives.

Après une déchirure musculaire : le repos

Après la prise en charge immédiate de la déchirure musculaire, le médecin recommande un repos de durée variable selon la gravité de la déchirure musculaire (6 semaines en cas de rupture musculo–tendineuse totale).

Par ailleurs, des antalgiques (paracétamol) sont prescrits. À ce stade, on évite en revanche l’aspirine (risque de majoration d’un éventuel saignement) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens qui ralentissent la régénération musculaire.

Quelle kinésithérapie après une déchirure musculaire  ?

En cas de déchirure musculaire de grade I, des massages et une rééducation kinésithérapique peuvent commencer quelques jours après l’accident.
Dans les autres déchirures (grades II et III), la rééducation fait appel, pendant quelques semaines, à :

  • des séances d’ultrasons (vibrations de même nature que les ondes sonores, qui réduisent l’inflammation et améliorent la circulation sanguine) ;
  • la cryothérapie, un traitement par le froid qui atténue la douleur et diminue l’œdème (gonflement) ;
  • la (bains).

Dans tous les cas, le kinésithérapeute veille à la bonne tolérance des soins.

Pour certaines déchirures musculaires du membre inférieur (mollet), le port d’une semelle orthopédique se révèle parfois utile, afin de favoriser la reprise progressive d’un appui au sol.

La place de la chirurgie dans les déchirures musculaires

La chirurgie peut être utile pour :

  • ponctionner un hématome volumineux qui comprime d’autres parties du membre, sous échographie ;
  • réparer un muscle et un après une rupture complète (situation rare).

L’évolution d’une déchirure musculaire

La guérison d'une déchirure musculaire

La déchirure du muscle évolue en plusieurs phases :

L'inflammation initiale correspond aux tous premiers jours après l’accident. Comme ce processus inflammatoire prépare la régénération des muscles et tendons, le médecin évite de prescrire des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) durant cette période qui pourraient ralentir ce processus de guérison.
À partir d’une semaine après la déchirure musculaire, les lésions musculaires se réparent peu à peu, et un nouveau tissu conjonctif se met en place. Cette phase peut se prolonger jusqu’à 70 jours.
Le remodelage du muscle  correspond à la cicatrisation proprement dite, qui s’étend parfois sur plusieurs mois.

Les lésions de déchirure musculaire sont considérées comme guéries :

  • si la récupération de la mobilité est complète,
  • si la force du membre est redevenue normale,
  • lorsqu'il n'existe plus de douleurs, ni au repos, ni à l'étirement, ni à la contraction musculaire.

Les complications après une déchirure musculaire

Dans certains cas, la réparation musculaire peut entrainer :

  • une cicatrisation dite "hypertrophique" (cicatrices dures et volumineuses) ;
  • des rétractions musculaires (raccourcissement ou diminution anormale du volume du muscle) ;
  • l’apparition d’un "faux kyste" (formation d’une petite poche de liquide à l’intérieur du muscle) ;
  • une calcification (dépôt de calcium dans les tissus) au niveau d’un hématome.

Ces complications nécessitent parfois une intervention chirurgicale. Un traitement précoce et adapté de la déchirure limite leur apparition.

Enfin, afin d'éviter les récidives, la reprise du sport n’est possible qu’après la guérison complète de la blessure (délai variable selon la lésion et le type d’activité).

Peut-on prévenir une déchirure musculaire ?

Dans une certaine mesure, il est possible d’éviter les déchirures musculaires d’origine intrinsèque, en adoptant de nouvelles habitudes :

  • adapter sa pratique sportive à ses capacités physiques et ne pas s’entraîner au–delà de ses possibilités (pas de surentraînement) ;
  • s’échauffer suffisamment, sans oublier les étirements avant et après l’effort ;
  • prévoir un temps de récupération adéquat et proscrire les reprises trop brutales ;
  • boire assez d’eau (plus de 1,5 l/jour) et rester vigilant face à la déshydratation, surtout par temps chaud ;
  • avoir une alimentation équilibrée ;
  • bien se protéger en cas d’activité physique par temps froid ;
  • garder une bonne hygiène de vie (sommeil suffisant…)
Sources
  • Isner–Horobeti ME – Séminaire national Diplôme d’études spécialisées Médecine physique et de réadaptation (DESMPR). Accidents musculaires. Site internet : Cofemer. Paris ; 2014 [consulté le 25 septembre 2018]
  • Bacquaert P. Déchirure musculaire, élongation, claquage. Site internet : IRBMS. Villeneuve d’Ascq (France) 2018 [consulté le 25 septembre 2018]
  • National Health service (NHS). Sprains and strains. Site internet : NHS. Londres ; 2018 [consulté le 25 septembre 2018]
  • Nantes–MPR (Médecine Physique et de Réadaptation). Accident musculaire. Site internet : Nantes MPR. Nantes (France) ; 2015 [consulté le 25 septembre 2018]
  • Christel P, De Labareyre H, Thelen P, De Lecluse P. Pathologie traumatique du muscle strié squelettique. In : Encyclopédie médico–chirurgicale. Appareil locomoteur. Paris : Elsevier Masson ; 2005.15-140-A-10.