Comprendre la déchirure musculaire

25 septembre 2018
La déchirure d’un muscle correspond à la lésion de fibres qui le composent. Elle est causée par un choc ou une action intense. Très répandue chez les sportifs, cette blessure douloureuse peut aller jusqu’à la rupture d’un muscle et de son tendon.

Qu’est-ce qu’une déchirure musculaire ?

Une déchirure musculaire est une lésion d’un muscle liée à un traumatisme, survenant lors d’un choc ou d’un effort important.

Elle peut toucher de nombreux muscles dits "striés squelettiques", qui se composent de fibres musculaires (cellules allongées) et prennent leur attache sur un os du squelette. Le plus souvent, la déchirure se produit au niveau de la cuisse (partie antérieure ou postérieure) ou du mollet.

Les déchirures musculaires sont très fréquentes, surtout dans la pratique sportive.

Des douleurs musculaires sans déchirure sont également possibles lors des efforts physiques

Ces douleurs proviennent souvent d'efforts excessifs ; elles cèdent après le repos, une bonne hydratation et des étirements :

  • La crampe : contraction intense, brutale, involontaire, et très douloureuse.
  • Les courbatures : douleurs musculaires diffuses, apparaissant le lendemain d’un effort physique.
  • La contracture : douleur musculaire survenant après un effort trop intense.

Les différents types de déchirure musculaire

La déchirure musculaire est de gravité variable, en fonction notamment du nombre de fibres rompues :

  • l’élongation correspond à un étirement du muscle avec déchirure de quelques fibres, sans saignement (grade I) ;
  • le claquage musculaire (ou "déchirure incomplète") représente une déchirure plus importante des fibres (grade II, avec saignement et constitution d’un hématome) ;
  • la rupture musculo–tendineuse complète se caractérise par une déchirure du muscle et de son (grade III avec saignement et hématome).

Les symptômes de la déchirure musculaire

Le plus souvent, la déchirure musculaire se traduit par :

  • une douleur vive et aiguë d’un muscle, en coup de poignard, bloquant l’effort au cours d’une activité sportive intense. Le muscle, comme "sidéré", ne peut plus être mis en mouvement,
  • parfois, une sensation de claquement audible.

En cas de rupture musculo–tendineuse, en palpant la zone rompue, on perçoit un creux à l’endroit de la rupture et une "boule" au niveau du muscle rétracté.

Par ailleurs, au bout de quelques heures, un œdème (gonflement) de la partie lésée apparaît sur le muscle.

Un hématome peut aussi se former en cas de claquage et rupture musculo–tendineuse.

La déchirure d’un muscle peut avoir un impact important

L’"unité musculotendineuse" est composée de :

  • muscles ;
  • aponévroses (gaines fibreuses entourant les muscles) ;
  • tendons (qui permettent l'insertion des muscles sur les os et sur articulations qu’ils mobilisent) ;
  • os.

Toute déchirure d’un muscle peut retentir sur chacun de ces éléments.

On observe par exemple des arrachements osseux, parfois masqués par un œdème apparu dans le muscle.

Un œdème musculaire ou un hématome important peuvent aussi comprimer d’autres zones, notamment parce que les aponévroses autour du muscle sont limitées dans leur élasticité. Ainsi les nerfs, vaisseaux sanguins et lymphatiques, qui parcourent le muscle, peuvent être comprimés et lésés suite à une déchirure musculaire.

Les causes et les facteurs de risques des déchirures musculaires

Une déchirure musculaire survient :

  • soit après un choc direct extérieur, comme un coup de genou porté sur la partie externe ou antérieure de la cuisse pendant un match de rugby, par exemple ;
  • soit après un effort très important (ex. : tir de ballon violent lors d’un match de football). On parle alors de cause intrinsèque (liée à la personne elle–même, indépendamment de tout facteur extérieur).
    Le risque de déchirure musculaire intrinsèque est majoré par certains facteurs :
    • une insuffisance de la préparation musculaire par échauffement et étirements ;
    • des périodes d’activité physique intense trop rapprochées, avec une récupération trop courte et/ou un entraînement pas assez progressif ;
    • une action excessive ou brutale ;
    • une alimentation (et plus particulièrement une hydratation) inadaptée ;
    • une .

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