Le diagnostic, le traitement et l'évolution de la cystite

Une fois le diagnostic de cystite posé, le traitement diffère selon la situation médicale de la personne. La guérison est obtenue grâce à un traitement antibiotique adapté ; mais les récidives de cystite sont fréquentes.

Le diagnostic et le traitement de la cystite

Le diagnostic de cystite est fait au cabinet du médecin grâce à une bandelette urinaire, examen complété dans certains cas par un examen cyto-bactériologique des urines (ECBU). Le choix du traitement par le médecin varie en fonction du type de cystite rencontré.

Diagnostic et traitement de la cystite simple de la femme jeune non enceinte

On parle de cystite simple lorsqu'il n'existe pas de risque de complications. C'est le cas des cystites survenant chez des femmes jeunes, en dehors de la grossesse.

Le diagnostic de la cystite simple

Lors de la consultation, le médecin traitant réalise le test de la bandelette urinaire qui recherche la présence de leucocytes (globules blancs) et de produits lors d'une infection urinaire.

Si la bandelette est négative, il n'y a pas de cystite.

Lorsque la bandelette est positive (en faveur d'une infection), le médecin traitant prescrit un traitement antibiotique en dose unique ou sur une courte période (maximum trois à cinq jours).

L'examen cytobactériologique des urines (ECBU) en laboratoire n'est pas utile dans les cas simples de cystite.

Le traitement de la cystite simple

Un traitement par fosfomycine-trométamol en dose unique est recommandé en première intention.

En deuxième intention, le pivmécillinam est une option également possible dans le traitement de la cystite aiguë pendant 3 jours.

Les autres antibiotiques ne sont pas indiqués dans ce traitement.

Les symptômes de cystite peuvent persister deux à trois jours après le début du traitement, notamment en cas de traitement monodose, puis disparaissent. Aucun contrôle clinique ou biologique n'est nécessaire.

Diagnostic et traitement de la cystite à risque de complications

Le diagnostic de cystite chez les personnes fragiles

Certaines personnes sont plus fragiles et si elles souffrent d'une infection urinaire, celle-ci risque d'avoir des complications.
C'est le cas :

  • chez une personne qui a des anomalies de l’appareil urinaire (présence d’un vésico-urétéral, calcul rénal, rein unique…) ou qui a subi récemment une intervention sur les voies urinaires ;
  • chez un sujet souffrant d’ (cancer, VIH, greffe rénale, etc.) ;
  • chez l’homme en raison du risque d'infection de l'épididyme (épididymite) et de la prostate () ;
  • chez une femme enceinte ;
  • chez les personnes âgées de plus de 75 ans ;
  • chez les personnes de plus de 65 ans présentant au moins 3 critères de fragilité parmi les suivants : perte de poids involontaire au cours de la dernière année, marche lente, faible endurance, fatigue et activité physique réduite ;
  • en cas de maladie rénale chronique sévère.

Dans ce cas, une bandelette urinaire est réalisée et, si elle est positive, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) en laboratoire est pratiqué.

L’ECBU permet d’identifier la bactérie responsable de l’infection urinaire, puis de tester sa sensibilité aux antibiotiques par l'.

Une échographie abdomino-pelvienne visualisant l’appareil urinaire peut être nécessaire lorsqu’une anomalie est suspectée.

Le traitement de la cystite chez les personnes fragiles

Parmi les antibiotiques recommandés dans le traitement des cystites à risque de complications, le médecin traitant prescrit un traitement en tenant compte des résultats de l’antibiogramme.

Si la mise en route du traitement ne peut pas attendre les résultats de l'antibiogramme, un traitement dit probabiliste (nitrofurantoïne en première intention, fosfomycine-trométamil en deuxième intention) est débuté et adapté ensuite aux résultats de l'antibiogramme.

Un ECBU de contrôle n'est pas utile sauf si les symptômes persistent après 3 jours de traitement ou si la cystite récidive dans les 2 semaines.

Diagnostic et traitement de la cystite de la femme enceinte

Le dépistage et le diagnostic de cystite

La grossesse favorise les infections urinaires. Celles-ci peuvent entraîner des complications.

Le dépistage de la présence de bactéries dans les urines par le test de la bandelette urinaire fait partie des examens systématiquement pratiqués tous les mois dès le quatrième mois de grossesse. Si le test à la bandelette est positif, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) en laboratoire doit être pratiqué.

Chez les femmes ayant un risque d'infection urinaire élevé (malformations ou dysfonctionnement des voies urinaires, diabète, antécédents de cystite récidivante), un ECBU est demandé lors de la première consultation puis chaque mois à partir du quatrième mois.

En dehors de ces examens systématiques, une femme enceinte qui ressent des symptômes de cystite doit consulter rapidement. Un examen cytobactériologique des urines en laboratoire (ECBU) est pratiqué.

L’ECBU permet d’identifier la bactérie responsable de l’infection urinaire, puis de tester sa sensibilité aux antibiotiques par l'antibiogramme.

Le traitement de la cystite de la femme enceinte

Si l'ECBU est positif avec présence significative de leucocytes et de bactéries dans les urines, un traitement antibiotique probabiliste est commencé sans attendre les résultats de l'antibiogramme qui nécessite un délai supplémentaire d'au moins 48 heures.

Le médecin ou la sage-femme prescrit le plus souvent de la fosfomycine-trométanol en dose unique ou de la pivmécillinam pendant 7 jours ou de l'amoxicilline pendant 7 jours.

Au vu des résultats de l'antibiogramme et si besoin, le traitement par antibiotique est modifié selon les recommandations du traitement des cystites de la femme enceinte.

Un ECBU de contrôle 8 à 10 jours après l'arrêt du traitement est nécessaire.

L’évolution de la cystite aiguë

Une infection urinaire de la vessie (cystite) guérit en quelques jours grâce au traitement

En cas de cystite, les symptômes peuvent persister deux à trois jours après le début du traitement, notamment en cas de traitement monodose, puis disparaissent.

En l’absence de traitement, la bactérie en cause peut coloniser les voies urinaires conduisant aux reins et favoriser la survenue d’une pyélonéphrite.

La récidive de cystite est fréquente

La récidive de la cystite est possible. Une femme sur dix est atteinte chaque année de cystite, 20 % d'entre elles présenteront un nouvel épisode et 30 % de ces dernières connaîtront encore un autre épisode.

Les cystites à répétition dites récidivantes

Qu'est-ce qu'une cystite récidivante ?

On parle de cystite récidivante lorsque le nombre des cystites est d'au moins quatre par an.

Quelles sont les causes des récidives de cystite ?

Divers facteurs sont en cause dans les cystites récidivantes :

Le bilan des cystites à répétition

En cas de cystite récidivante, si le test de dépistage à la bandelette est positif, un examen cytobactériologique des urines (ECBU) en laboratoire doit être pratiqué lors des premiers épisodes ou en cas de mauvaise réponse au traitement.

L’ECBU permet d’identifier la bactérie responsable de l’infection urinaire, puis de tester sa sensibilité aux antibiotiques par .

Des examens complémentaires (mesure du débit urinaire, échographie abdomino-pelvienne, uroscanner…) ne sont demandés que lorsque des anomalies sont suspectées lors du suivi.

Quel traitement pour les cystites récidivantes (cystites à répétition) ?

Parmi les antibiotiques recommandés dans le traitement des cystites récidivantes, le médecin traitant prescrit un traitement en tenant compte des résultats de l’antibiogramme.

Pour certaines patientes et après leur avoir expliquer la démarche, le médecin peut leur remettre une ordonnance pour délivrance d'un coffret de bandelettes urinaires et d'un traitement antibiotique à l'avance. Il leur explique comment lire ces bandelettes et leur permet ainsi de déclencher elles-mêmes, au besoin, le traitement lors d'une récidive sans réaliser d'ECBU. Cependant, la patiente doit revoir régulièrement son médecin (2 fois par an) pour réévaluer la situation et adapter le traitement.

Un traitement chirurgical sur les voies urinaires est parfois nécessaire, lorsqu'il existe des anomalies anatomiques de l'arbre urinaire.

Les antibiotiques : 4 règles d'or pour préserver leur efficacité

L'efficacité des antibiotiques dépend du bon suivi de la prescription faite par votre médecin. Voici quatre règles d'or pour préserver l'efficacité des antibiotiques et limiter l'antibiorésistance.

  1. Veillez à bien respecter la dose et la durée d'un traitement antibiotique.
  2. N'arrêtez pas un traitement prématurément. Même si votre état s'améliore, l'antibiotique doit être pris jusqu'au bout.
  3. Ne donnez pas votre traitement à quelqu'un d'autre. Un antibiotique est spécifique à chaque personne.
  4. En cas de doutes ou d'effets indésirables, demandez conseil à votre médecin.

Préserver, aujourd'hui et ensemble, les antibiotiques, c'est permettre à chacun de bénéficier de leur efficacité le jour où ils seront vraiment nécessaires !

Les antibiotiques, utilisés à tort, ils deviendront moins forts. Protégeons les antibiotiques !

  • Société française de pédiatrie. Prise en charge des infections urinaires de l'enfant. Recommandations du groupe de pathologie infectieuse pédiatrique de la Société française de pédiatrie et de la Société de pathologie infectieuse de langue française. Site internet : Société française de pédiatrie. Paris (France) ; 2015 [consulté le 15 juin 2022]
  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales. Infections urinaires de l’adulte. Cystite. E Pilly. ECN 2020. Éditions Alinéa Plus. Paris
  • Société de pathologie infectieuse de langue française. Diagnostic et antibiothérapie des infections urinaires bactériennes communautaires de l'adulte. Site internet : infectiologie.com. Paris ; 2015 [consulté le 15 juin 2022]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cystite aiguë simple, à risque de complication ou récidivante, de la femme. Fiche Mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2021 [consulté le 15 juin 2022]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Femme enceinte : colonisation urinaire et cystite. Fiche Mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis la Plaine (France) ; 2016 [consulté le 15 juin 2022]
  • National Health service (NHS). Cystitis. Site internet : NHS. Londres ; 2022 [consulté le 15 juin 2022]
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