Comprendre la cryptorchidie ou testicule non descendu

22 mars 2017
La cryptorchidie, ou testicule non descendu, correspond à l’absence du testicule dans la bourse. Elle est due à un défaut de migration du testicule de l'abdomen vers les bourses pendant la vie fœtale. On la différencie de l’ectopie testiculaire.

Qu’est-ce que la cryptorchidie ?

Le mot cryptorchidie vient du grec "kryptos", qui signifie "caché" et de "orkhis", qui signifie "testicule". La cryptorchidie est une anomalie de l’appareil génital masculin. C’est une anomalie de la migration d’un ou des deux testicules, qui restent dans l’abdomen et ne descendent pas dans les bourses (ou scrotum). Elle survient lors de la formation de l’embryon et du fœtus, avant la naissance.

Dans 60 à 80 % des cas, la cryptorchidie ne concerne qu’un seul côté (elle est unilatérale), et plus fréquemment le testicule gauche. Dans 20 à 40 % des cas, elle touche les deux côtés (elle est alors bilatérale).

La cryptorchidie se corrige le plus souvent spontanément au cours des 3 à 6 premiers mois de vie. Passée la première année, si le testicule n’est pas descendu, la maladie devient définitive et impose un traitement pour éviter le risque de complications.

Une malformation de plus en plus fréquente

Depuis 1960, le nombre de malformations de l’appareil génital masculin est en hausse, surtout la cryptorchidie et l’hypospadias.

La cryptorchidie touche environ 30 % des garçons prématurés ou avec un petit poids de naissance (moins de 2,5 kg). Elle affecte 2 à 5 % des nouveaux nés à terme. Mais ce taux n’est plus que de 1 % à l’âge de 6 mois.

Les grands prématurés sont plus concernés par cette maladie.

Fonction et formation des testicules

Les testicules font partie des organes génitaux externes du garçon. Ils ont une forme ovale. Ils ont deux fonctions : fabriquer les spermatozoïdes et secréter des hormones masculines, ou androgènes. La est l’une de ces hormones.

L’appareil génital se forme dans l’abdomen du fœtus. D’abord indifférencié, il devient testicules chez le garçon et chez la fille sous l’influence de facteurs hormonaux et génétiques au 2e mois de grossesse. À partir du troisième mois de grossesse, les testicules migrent vers l’aine, puis descendent dans les bourses. Cette migration se termine dans les deux derniers mois de grossesse. C’est cette étape qui est incomplète en cas de cryptorchidie.

Pour fabriquer des spermatozoïdes de bonne qualité, les testicules doivent se trouver à une température de 33 à 34 °C, soit moins que la température du corps (37 °C). C’est pourquoi il est important qu’ils soient positionnés dans les bourses, à l’extérieur du corps.

Testicule non descendu, ectopie testiculaire, testicule ascenseur

La cryptorchidie ou testicule non descendu : le testicule est absent des bourses mais se trouve sur le trajet normal de sa migration de l' vers le scrotum.

L’ectopie testiculaire : le testicule est absent des bourses et est situé en dehors de son trajet normal de migration. Il s’agit d’une maladie peu fréquente.

Le testicule oscillant ou testicule ascenseur : le testicule tend à remonter en haut de la bourse ou au niveau de l’aine par contraction du muscle crémaster (muscle qui recouvre les testicules). Dans ce cas, il est facile de faire descendre le testicule par une simple palpation. Le testicule oscillant n’existe jamais à la naissance. Il ne nécessite aucun traitement et se stabilise dans le scrotum à la puberté.

Les différentes localisations des testicules cryptorchides

Schéma : les différentes localisations des testicules cryptorchides

Les différentes localisations des testicules ectopiques

Schéma : les différentes localisations des testicules ectopiques

Cryptorchidie ou testicule non descendu : les facteurs de risque

L’origine de la cryptorchidie reste encore mal connue. Les hypothèses les plus probables sont liées à un problème hormonal pendant la grossesse : production insuffisante d’hormones masculines (ou androgènes) et/ou exposition importante aux hormones féminines (ou œstrogènes).

Il existe plusieurs facteurs de risque :

  • la prématurité, un petit poids de naissance, ou une naissance par le siège ;
  • une prédisposition familiale : existence de malformations uro-génitales chez le père ou les frères (cryptorchidie, hypospadias, micropénis) ;
  • la présence d’obésité, de diabète ou d’hypertension artérielle chez la mère ;
  • le tabagisme chez le père et/ou la mère ;
  • la consommation d’alcool chez la mère ;
  • l’exposition à des produits (appelés perturbateurs endocriniens) susceptibles de dérégler l’action des hormones. Ces produits peuvent être présents dans l’alimentation (phyto-œstrogènes naturellement présents dans les germes de blé ou le soja, bisphénols, phtalates, résidus de pesticides ou de détergents), dans l’environnement (polluants organiques, pesticides, métaux lourds, etc.), ou dans les cosmétiques (parabens, phtalates, etc.)
Sources
  • Droupy S. Anomalies de la migration des testicules. Forum du comité d’urologie de l’enfant et de l’adolescent et du comité d’andrologie. Site internet : Association française d’urologie. Paris : 2011 [consulté le 6 mars 2015]
  • Collège français des urologues. Pathologies génito-scrotales chez l’homme et le garçon. Site internet : Campus d’urologie de l’Université numérique francophone des sciences de la santé et du sport. Lille (France) ; 2014 [consulté le 5 mars 2015]
  • Garlantézec R, Multigner L. Relation entre exposition professionnelle, anomalies de la fertilité et troubles de l’appareil reproducteur : revue de la littérature récente. Bul Epidemiol Hebd. 2012;(7-8-9):119-124.