Situations particulières et contraception

13 novembre 2019
Pour faciliter l'accès à la contraception des jeunes filles mineures de plus de 15 ans, celle-ci est gratuite et protégée par le secret. Certaines situations de la vie d’une femme (après un accouchement, une IVG...) nécessitent une contraception adaptée.

Contraception à l'adolescence

Contraception chez l'adolescente : la première consultation

La jeune fille est reçue en consultation par le médecin, seule et de façon confidentielle, même si ses parents l'accompagnent.

Lors de la première consultation, le médecin s'enquiert des habitudes de vie de l'adolescente, d'une éventuelle consommation de tabac et l'examine (prise de tension artérielle, recherche d'acné, stade de la puberté...). L'examen gynécologique peut être expliqué et programmé lors d'une consultation ultérieure.

Les jeunes filles mineures qui hésitent à parler de contraception à leurs parents peuvent se rendre dans le centre de planning familial le plus proche de chez elles. Des médecins sont à leur disposition pour les informer, leur parler de sexualité et, éventuellement, leur prescrire un moyen de contraception.
 
Pour faciliter l'accès à la contraception des jeunes filles mineures d'au moins 15 ans, la contraception de l'adolescente est désormais gratuite et protégée par le secret.

Un parcours sans avance de frais (au tarif de l'Assurance Maladie, les dépassements d’honoraires n'étant pas pris en charge) a été mis en place. Ce parcours est protégé par le secret et comporte :

  • une consultation par an avec un médecin ou une sage-femme, en vue d’une prescription de contraception ou d’examens biologiques en lien avec la contraception, ainsi qu’une consultation de suivi la première année d’accès à la contraception ;
  • une fois par an, en cas de besoin, les examens biologiques nécessaires au suivi de la contraception (glycémie à jeun, cholestérol total et triglycérides) ;
  • les actes donnant lieu à la pose, au changement ou au retrait d'un contraceptif ;
  • la délivrance des contraceptifs remboursables, en pharmacie, sur présentation d'une prescription médicale.

Quelle contraception à l'adolescence ?

L'âge en lui-même ne limite pas le choix de la méthode de contraception, en dehors de la stérilisation à visée contraceptive autorisée uniquement pour les personnes majeures.

Le médecin  présente tous les modes de contraception, répond aux craintes de la jeune fille et explique :

  • qu'il n'y a pas de preuve de prise de poids sous pilule estroprogestative,
  • quels sont les effets de la contraception hormonale sur l'acné,
  • qu'il n'y a pas de diminution de la fertilité de la contraception,
  • quels sont les effets de la contraception hormonale sur les règles : règles moins douloureuses sous pilule estroprogestative, disparition des règles ou petits saignements (spotting) sous pilule progestative.

Le médecin informe la jeune fille sur :

Qu’est-ce que le secret ?

Tout au long de votre parcours d’accès à la contraception, vous pouvez bénéficier du secret. Vous n'avez pas à obtenir le consentement de vos parents pour consulter et obtenir une contraception et le secret médical doit être gardé. Chaque professionnel de santé garde votre identité pour lui et ne la divulgue à personne.

L’Assurance Maladie ne transmet aucun relevé de remboursement concernant les actes réalisés.

Quelle contraception si vous venez d'accoucher ?

Après un accouchement, la fertilité est variable selon que vous allaitez ou non. L'allaitement a un effet contraceptif à condition d'être exclusif et tant que les cycles menstruels n'ont pas repris. Cependant, il ne peut pas être considéré comme un moyen de contraception fiable. Une contraception vous est proposée après l'accouchement.

Le choix de la méthode contraceptive prend en compte l'allaitement éventuel, vos souhaits et vos éventuels problèmes de santé.

Si vous n’allaitez pas, il n'y a pas de reprise d' avant le 21e jour après l'accouchement. Une contraception n'est donc pas nécessaire avant ce délai.

À partir du 21e jour, il existe un retour de fertilité et une contraception est nécessaire afin d'éviter d'être à nouveau enceinte, ce qui est possible avant même votre retour de couches (c’est-à-dire le retour des règles).

Les pilules microprogestatives et l’implant contenant des progestatifs sont utilisables à partir de 21 jours après l’accouchement.

Une pilule œstroprogestative dite "combinée" peut être commencée à partir de 42 jours et ce délai peut être raccourci à 21 jours.

Quatre semaines après l’accouchement par voie basse, un stérilet au cuivre ou un stérilet hormonal (au lévonorgestrel) peut être posé. Cependant, la pose d'un stérilet au cuivre sans hormone est possible dans les 48 heures suivant l'accouchement, mais elle n'est pas d'usage courant.
Après une césarienne, la pose d'un stérilet (au cuivre ou à la ) ne peut pas avoir lieu avant 12 semaines.

Si vous allaitez, la méthode "MAMA" (c’est-à-dire méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée) est une méthode naturelle. La tétée du bébé entraîne la production d’une hormone chez la mère : la prolactine. Cette hormone bloque l’ovulation.

Pour que cette méthode soit efficace trois conditions doivent être respectées :

  • l’enfant doit avoir moins de six mois ;
  • il doit être nourri exclusivement au sein, à la demande, nuit et jour (6 à 10 tétées par jour, avec pas plus de 6 heures entre 2 tétées la nuit et pas plus de 4 heures le jour);
  • vous ne devez pas avoir eu de règles depuis l’accouchement.

Attention : si le nombre de tétées diminue, la contraception n’est plus assurée.

Il convient donc d'utiliser un moyen de contraception :

  • en cas de retour des règles,
  • si les tétées sont moins fréquentes et moins longues,
  • si le bébé commence à prendre le biberon,
  • et également dès que le nourrisson nourri exclusivement au sein atteint l'âge de 6 mois.

La contraception progestative (pilule microprogestative ou implant) peut être utilisée à partir de 21 jours. La contraception œstroprogestative n'est pas recommandée dans les 6 mois qui suivent l'accouchement.

Le stérilet au cuivre ou hormonal est utilisable à partir de 4 semaines. Cependant, la pose d'un stérilet au cuivre est possible dans les 48 heures suivant l'accouchement.
Après une césarienne, la pose d'un stérilet (au cuivre ou à la ) ne peut pas avoir lieu avant 12 semaines.

Si vous pratiquez un allaitement mixte (biberons et tétées combinés), vous devez utiliser un contraceptif parmi ceux-là :

  • un dispositif intra-utérin comme le stérilet au cuivre ou hormonal, qui peut être posé quatre semaines après l'accouchement ; cependant, la pose du stérilet au cuivre est possible dans les 48 heures après l'accouchement. Après une césarienne, la pose d'un stérilet (au cuivre ou à la ) ne peut pas avoir lieu avant 12 semaines. ;
  • les pilules microprogestatives ou implant , trois semaines après l’accouchement ;
  • les pilules œstroprogestatives sont déconseillées pendant l’allaitement.
Contraception par les préservatifs après un accouchement

Les préservatifs féminins et masculins sont la seule méthode de contraception efficace contre les Infections Sexuellement Transmissibles, y compris le VIH.

Ils doivent être utilisés lors de chaque rapport sexuel et un recours à la contraception d'urgence est nécessaire en cas de rupture ou de glissement.

Le diaphragme, la cape cervicale, les spermicides : ils ne sont pas utilisables avant 42 jours (6 semaines) après l’accouchement ; l’efficacité contraceptive du diaphragme ou de la cape est améliorée par l’association à un spermicide.

Quelle contraception après une IVG ?

L' survient en moyenne 15 à 20 jours après l'interruption de la grossesse ; les règles, 28 à 35 jours plus tard.

  • La pilule oestroprogestative ou progestative peut être prise le jour même ou le lendemain de l'interruption de grossesse en fonction de la technique utilisée (chirurgicale, médicamenteuse…)
  • Les stérilets au cuivre peuvent être insérés immédiatement après une IVG.

Quelle contraception à l'approche de la ménopause ?

L'éventualité d'une grossesse diminue avec l'âge mais une grossesse reste possible jusqu'à l'arrêt du fonctionnement des , ce qui correspond à la ménopause. Comme l'âge de la ménopause varie d'une femme à l'autre et ne peut pas être déterminé individuellement, la contraception doit être poursuivie jusqu'à la certitude de la ménopause.

À chaque consultation, la situation médicale est réévaluée. Avec l'âge et l'existence de facteurs de risque (risque cardiovasculaire, poursuite du tabagisme, surpoids ou migraine par exemple), la méthode de contraception peut être changée (par exemple remplacement d'une contraception estroprogestative par une contraception progestative ou par un contraceptif "barrière").

En période de péri-ménopause, le médecin peut proposer l'arrêt de la contraception hormonale et son remplacement par une contraception "barrière" afin de suivre l'évolution des règles et de pouvoir confirmer la ménopause lorsque l'arrêt des règles dure depuis une année. Les méthodes naturelles de contraception sont déconseillées.

Si vous approchez de la ménopause, soyez vigilante sur :

N'oubliez pas que le seul moyen de prévenir les IST est le préservatif.

Quand faut-il avoir recours à la contraception d’urgence ?

En cas de rapport sexuel sans contraception ou lorsque le moyen de contraception utilisé risque d’être inefficace : oubli de pilule, oubli ou rupture du préservatif, n'oubliez pas la contraception d'urgence.

  • Haute Autorité de santé. Contraception chez l'adolescent : fiche mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 7 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Contraception chez la femme après une interruption de grossesse. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le7 février 2019]
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Contraception chez la femme en post-partum. Mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La PLaine (France) ; 2017 [consulté le 7 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Méthodes contraceptives : focus sur les méthodes les plus efficaces disponibles. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 7 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Contraception chez la femme adulte et l'adolescente en âge de procréer. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 4 octobre 2019]
  • Décret n° 2016-865 du 29 juin 2016 relatif à la participation de l'assuré pour les frais liés à la contraception des mineures d'au moins quinze ans.