Contraception hormonale : pilule, patch, anneau vaginal, implant, injection intramusculaire

24 avril 2019
Il existe différentes formes de contraceptifs hormonaux : pilule, patch, anneau vaginal, implant, injection intramusculaire utilisables en l’absence de contre-indications. Ces dispositifs contiennent des hormones synthétiques bloquant généralement l’ovulation.

La pilule contraceptive estroprogestative ou microprogestative

Les différents types de pilules

La pilule contraceptive, méthode contraceptive la plus utilisée en France, est la première méthode proposée.

Il existe deux types de pilules contraceptives : les pilules combinées estroprogestatives et les pilules microprogestatives.

La pilule est efficace en l'absence d'oubli, mais attention : elle ne protège pas des infections sexuellement transmissibles (IST).

La durée de la prescription est de 12 mois maximum. Cependant, pour ne pas interrompre la prise de pilule contraceptive, les infirmiers peuvent renouveler les prescriptions de pilules contraceptives datant de moins d’un an, pour une durée maximale de 6 mois ; les pharmaciens peuvent également effectuer des dispensations supplémentaires de pilules contraceptives, pour une durée maximale de 6 mois, si la prescription du médecin ou de la sage-femme date de moins d’un an.

Certaines pilules sont remboursées à 65 %, d'autres ne le sont pas. Elles sont gratuites pour les mineures et les non-assurées sociales dans les centres de planning familial.

Il existe quatre générations de pilules estroprogestatives qui diffèrent selon la dose d'œstrogènes et la nature du qu’elles contiennent.

Selon le type de pilule, la prise quotidienne peut durer 21 jours ou 28 jours.

La contraception estroprogestative est associée à une augmentation du risque thrombo-embolique (phlébite par exemple) qui s'accroit avec l'âge (plus de 35 ans) et le tabagisme. Ce risque est majoré avec les pilules de 3ème et 4ème génération ; ces pilules ne sont donc pas recommandées en première intention.

La contraception estroprogestative nécessite :

  • un suivi médical régulier, au moins une fois par an ;
  • des règles d'utilisation strictes :
    • la contraception hormonale orale doit être commencée le premier jour des règles et elle est d'emblée efficace. Il est possible de la commencer à n'importe quel moment du cycle, mais la contraception n'est effective qu'au bout de 7 jours (une contraception par méthode barrière est indispensable pendant 7 jours) ;
    • le traitement doit être pris quotidiennement, à heure régulière, et ne doit pas être oublié. La prise de la pilule ne doit pas être décalée de plus de 12 heures (en cas d'oubli, il est nécessaire de suivre les indications pour le "rattrapage" et en cas de doute, il faut penser à la contraception d'urgence le plus vite possible).

Certaines pilules estroprogestatives sont remboursées à 65 %, d'autres ne le sont pas.

Les pilules microprogestatives contiennent une seule hormone faiblement dosée. Il en existe deux sortes :

  • Les pilules contenant du lévonorgestrel qui épaississent les sécrétions cervicales empêchant le passage des spermatozoïdes. Avec ces pilules, les règles surviennent toutes les 4 semaines.
  • Les pilules contenant du désogestrel qui, en plus d'épaissir les sécrétions cervicales, suppriment l’ovulation. Avec ces pilules, les règles disparaissent.

Les pilules microprogestatives peuvent être utilisées chez les femmes présentant des contre-indications aux pilules combinées œstroprogestatives (risque thrombo-embolique amplifié après 35 ans et en cas de tabagisme).

Elles se présentent sous forme de plaquettes de 28 comprimés et doivent être prise quotidiennement, à la même heure, sans période d’arrêt.

La pilule microprogestative est bien tolérée et est très efficace en dehors de tout oubli. La prise de la pilule progestative doit donc être rigoureuse : en cas de retard de plus de trois heures pour les pilules contenant du lévonorgestrel et de 12 heures pour les pilules contenant du désogestrel, suivre les indications de la notice du médicament pour le "rattrapage" et, en cas de doute, pensez à la contraception d'urgence.

Certaines pilules progestatives sont remboursées par l'Assurance Maladie.

Comment résoudre certaines difficultés liées à l'utilisation de la pilule ?

Il est important de savoir comment faire pour éviter les oublis de pilule et comment réagir dans diverses situations.

  • Pour ne pas oublier votre pilule, choisissez une heure qui vous convienne et associez la prise à un geste quotidien (petit-déjeuner, brosse à dents...) ou à une alarme (application portable, réveil...)
  • Pour les plaquettes de 21 comprimés, commencez le premier jour des règles, poursuivez pendant 21 jours, arrêtez sept jours puis reprenez 21 jours, et ainsi de suite. Pour les plaquettes de 28 comprimés, la prise est continue (il n'y a pas d'arrêt).
  • Si vous avez des nausées, prenez la pilule pendant les repas;
  • Si vous avez vomi ou eu de la diarrhée quatre heures après la prise de la pilule, prenez un autre comprimé (de même couleur si votre plaquette comporte différents dosages) et continuez votre plaquette le lendemain.
  • Vous avez pris par erreur deux comprimés le même jour : continuez les autres normalement.
  • Si vous avez commencé votre nouvelle plaquette avec un jour de retard : il s'agit d'un  oubli de plus de 12 heures. Adoptez les mesures préconisées dans le cas d'un oubli.
  • Si vous avez des saignements qui persistent, consultez votre médecin.
  • Vous n'avez pas eu vos règles. Cela n'est pas inquiétant si vous n'avez pas oublié la pilule : continuez de la prendre normalement. S'il s'agit d'un oubli, faites un test de grossesse.
  • Vous souhaitez changer l'heure de votre prise de pilule : changez en début de plaquette (en avançant l'heure) et n'oubliez pas que le décalage ne doit pas dépasser 12 heures pour les pilules estroprogestatives ou trois heures pour les pilules progestatives.
  • Vous partez à l'étranger et vous allez subir un décalage horaire : continuez de prendre la pilule à l'heure française. Sinon, ne décalez pas la prise à plus de 12 heures pour une pilule œtroprogestative ou trois heures pour les pilules microprogestatives (vous pouvez avancer l'heure de la prise).

IMPORTANT : en cas de doute ou après un oubli de pilule, pensez à la contraception d'urgence ou faites un test de grossesse 21 jours après l'oubli.

Conduite à tenir en cas d'oubli de pilule de moins de 12 heures pour les pilules estroprogestatives et de moins de trois heures pour les pilules progestatives

Suivez ces mesures de façon à continuer à être protégée :

  • prenez immédiatement le comprimé oublié ;
  • poursuivez la plaquette à l'heure habituelle (2 comprimés peuvent être pris le même jour).

Ainsi, la contraception reste efficace.

Conduite à tenir en cas d'oubli de plus de 12 heures pour les pilules estroprogestatives et de plus de trois heures pour les pilules progestatives

Le risque de grossesse concerne les rapports sexuels ayant eu lieu avant et après l'oubli de pilule. Le risque est maximal en début de plaquette.

Suivez ces mesures :

  • prenez immédiatement le dernier comprimé oublié ;
  • continuez les comprimés suivants à l'heure habituelle (même si deux comprimés doivent être pris le même jour) ;
  • si l'oubli concerne un des 7 derniers comprimés actifs, poursuivez la plaquette jusqu'à la fin et enchaînez avec la plaquette suivante sans jour d'interruption ou sans prise de comprimés inactif ;
  • si vous avez eu un rapport sexuel non protégé dans les cinq jours précédant l'oubli, prenez, en plus, la contraception d'urgence  et protégez vos rapports par une méthode barrière (préservatif) jusqu'aux règles suivantes (dans la limite de 14 jours) ;
  • si vous n'avez pas eu de rapport sexuel non protégé durant les 5 jours précédant l'oubli, utilisez un mode de contraception barrière (préservatif) pendant 7 jours.

Référez-vous à la notice d'utilisation de votre contraceptif car des informations complémentaires sont données et varient en fonction du type de pilule : œstroprogestative de 21 comprimés, œstroprogestative de 28 comprimés dont 4 comprimés inactifs, œstroprogestative de 28 comprimés dont 7 comprimés inactifs, progestative...

IMPORTANT

En cas de doute, faites un test de grossesse 21 jours après l'oubli. N'hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.

Utilisez la contraception d'urgence si vous n'êtes pas sûre d'avoir bien appliqué les consignes pour "récupérer" votre oubli.

Si l'oubli est de plusieurs comprimés, stoppez la prise de pilule, utilisez des préservatifs et reprenez au premier jour des règles. Faites également un test de grossesse.

Le patch contraceptif à hormones œstroprogestatives

Le patch contraceptif que l’on colle soi-même sur la peau agit en délivrant un combiné d’hormones oestroprogestatives en continu. Il doit être renouvelé chaque semaine durant 3 semaines. La quatrième semaine, en l'absence de patch et donc de diffusion hormonale, les règles surviennent.

Aussi efficace que la pilule contraceptive, le patch contraceptif diminue le risque d'oubli par rapport à la pilule.

Il ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST).

L'utilisation du patch contraceptif nécessite :

  • un suivi médical régulier au moins une fois par an ;
  • une bonne connaissance des modalités d'utilisation des patchs est indispensable pour éviter des erreurs de manipulation :
    • remettre aussitôt en plac un patch décollé,
    • mettre un nouveau patch s'il ne colle plus,
    • en cas de décollement prolongé ou de retard d'application selon les indications de la notice du médicament, avoir recours à la contraception d'urgence car il existe un risque de grossesse.

Le patch contraceptif n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie.

L'anneau vaginal à hormones œstroprogestatives

L'anneau vaginal est un anneau souple qui contient un combiné d’hormones oestroprogestatives qui diffusent à travers la paroi vaginale au contact de l’humidité et de la chaleur du vagin et passent dans le sang. Il agit en bloquant l’ovulation.

Ce dispositif est à placer soi-même dans le vagin, comme un tampon, et à laisser en place pendant trois semaines. Au début de la quatrième semaine, l'anneau est retiré, ce qui provoque l'apparition des règles.

Bien utilisé, il est aussi efficace que la pilule contraceptive et diminue le risque d'oubli par rapport à la pilule. En revanche, le risque de veineuse (phlébite par exemple) est au moins identique à celui des pilules de 1ère ou 2ème génération.

Ce dispositif contraceptif est prescrit en seconde intention en raison de la manipulation qu’il nécessite.

L'utilisation d'un anneau vaginal nécessite un suivi médical régulier.

L'anneau vaginal ne protège pas contre les Infections Sexuellement Transmissibles (IST).

Il n'est pas pris en charge par l'Assurance Maladie.

Utiliser efficacement l’anneau vaginal

Lors de sa première utilisation, sans contraception hormonale antérieure, l’anneau vaginal doit être inséré le 1er jour des règles.

L’anneau vaginal conserve son efficacité durant 4 semaines maximum, pensez à en remettre un nouveau en place une semaine après.

L’anneau vaginal peut être expulsé (après un rapport sexuel, par exemple). Dans ce cas, il doit être remis en place dans les 3 heures qui suivent pour conserver son efficacité. Au-delà des 3 heures, vous devez prendre les mêmes précautions qu'après un oubli de pilule supérieur à 12 heures. Dans ce cas, pensez à la contraception d'urgence.

L'implant contraceptif progestatif

L’implant contraceptif est un bâtonnet de quatre centimètres de long et 2 mm de diamètre contenant un . Il agit en bloquant l’ovulation.

Il est inséré sous la peau du bras par un médecin ou une sage-femme à l’aide d’une aiguille spéciale et peut être retiré à n’importe quel moment. Il a une action de longue durée avec une efficacité de trois ans, sans risque d'oubli.

Il ne protège pas contre les infections sexuellement transmissible (IST).

En dehors d’une visite de contrôle conseillée à 3 mois, il ne nécessite pas de suivi médical particulier.

Ce contraceptif est prescrit en seconde intention lorsqu’il existe des contre-indications aux pilules combinées oestroprogestatives ou en cas de difficultés à respecter les règles strictes de prise de la pilule.

Il est pris en charge à 65 % par l'Assurance Maladie.

Attention, une augmentation du poids peut diminuer l’efficacité de ce contraceptif. Si vous êtes en surpoids, il est conseillé de changer l'implant plus tôt, au bout de 24 à 30 mois.

Les progestatifs injectables

Leur durée d’action est de 3 mois. Les injections du par voie intramusculaire doivent être faites à intervalles réguliers par un médecin, une infirmière ou une sage-femme.

Leur indication est limitée aux cas où il n’est pas possible d’utiliser d’autres méthodes contraceptives.

Compte tenu des risques potentiels (thrombose veineuse, diminution de la densité minérale osseuse, prise de poids) et de leurs effets secondaires fréquents (irrégularité des règles...), leur utilisation est limitée dans le temps.

Les progestatifs injectables sont remboursés par l'Assurance Maladie.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Méthodes contraceptives : focus sur les méthodes les plus efficaces disponibles. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 5 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Contraception chez la femme adulte en âge de procréer. Fiches mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 5 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Contraception hormonale orale : dispensation en officine. Fiche mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 5 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Contraception estroprogestative transdermique ou vaginale : dispensation en officine. Fiche mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 5 février 2019]