La contraception hormonale : pilule, patch, anneau vaginal et implant

10 mars 2017
Il existe différentes formes de contraceptifs hormonaux : pilule, patch, anneau vaginal, implant, utilisables en l’absence de contre-indications. Ces dispositifs contiennent des hormones synthétiques bloquant généralement l’ovulation.

La pilule contraceptive est œstroprogestative ou microprogestative

La pilule contraceptive, méthode contraceptive la plus utilisée en France, est la première méthode proposée.

Il existe deux types de pilules contraceptives : les pilules combinées œstroprogestatives et les pilules microprogestatives.

La pilule est efficace en l'absence d'oubli, mais attention : elle ne protège pas des infections sexuellement transmissibles (IST).

La durée de la prescription est de 12 mois maximum. Cependant, pour ne pas interrompre la prise de pilule contraceptive, les infirmiers peuvent renouveler les prescriptions de pilules contraceptives datant de moins d’un an, pour une durée maximale de 6 mois ; les pharmaciens peuvent également effectuer des dispensations supplémentaires de pilules contraceptives, pour une durée maximale de 6 mois, si la prescription du médecin ou de la sage-femme date de moins d’un an.

Certaines pilules sont remboursées à 65 %, d'autres ne le sont pas. Elles sont gratuites pour les mineures et les non-assurées sociales dans les centres de planning familial.

La loi facilite l’accès à la contraception des mineures

Pour faciliter l'accès à la contraception des jeunes filles mineures âgées de 15 à 18 ans, la loi instaure :

  • Le tiers-payant sur la part obligatoire prise en charge par l’Assurance Maladie pour les consultations réalisées par un médecin ou une sage-femme ainsi que pour la pose, le changement ou le retrait d’un contraceptif. Cette dispense d’avance des frais sur la part obligatoire est également valable pour les examens de biologie médicale nécessaires.
  • La délivrance gratuite en pharmacie, sur prescription médicale, des contraceptifs remboursables tout en garantissant le secret.

Il existe plusieurs générations de pilules œstroprogestatives qui diffèrent selon la dose d'œstrogènes et la nature du qu’elles contiennent. Selon le type de pilule, la prise quotidienne peut durer 21 jours ou 28 jours.La contraception œstroprogestative est associée à une augmentation du risque thrombo-embolique qui s'accroit avec l'âge (plus de 35 ans) et le tabagisme. Ce risque est majoré avec les pilules de 3ème et 4ème génération ; ces pilules ne sont donc pas recommandées en première intention.

La contraception œstroprogestative nécessite :

  • un suivi médical régulier, au moins une fois par an ;
  • des règles d'utilisation strictes : le traitement pris quotidiennement, à heure régulière, doit être commencé le premier jour des règles et ne doit pas être oublié. La prise de la pilule ne doit pas être décalée de plus de 12 heures (en cas d'oubli, il est nécessaire de suivre les indications pour le "rattrapage" et en cas de doute, il faut penser à la contraception d'urgence le plus vite possible).

Certaines pilules œstroprogestatives sont remboursées à 65 %, d'autres ne le sont pas.

Les pilules microprogestatives contiennent une seule hormone faiblement dosée. Il en existe deux sortes :

  • Les pilules contenant du lévonorgestrel qui épaississent les sécrétions cervicales empêchant le passage des spermatozoïdes. Avec ces pilules, les règles apparaissent toutes les 4 semaines.
  • Les pilules contenant du désogestrel qui suppriment l’ovulation. Avec ces pilules, les règles disparaissent.

Les pilules microprogestatives peuvent être utilisées chez les femmes présentant des contre-indications aux pilules combinées œstroprogestatives (risque thrombo-embolique amplifié après 35 ans et en cas de tabagisme). Elles se présentent sous forme de plaquettes de 28 comprimés et doivent être prise quotidiennement, à la même heure, sans période d’arrêt.

La pilule microprogestative est bien tolérée et est très efficace en dehors de tout oubli. La prise de la pilule progestative doit donc être rigoureuse : en cas de retard de plus de trois heures pour les pilules contenant du lévonorgestrel et de 12 heures pour les pilules contenant du désogestrel suivre les indications pour le "rattrapage" et, en cas de doute, pensez à la contraception d'urgence.

La pilule progestative n'est pas remboursée par l'Assurance Maladie.

Prendre la pilule efficacement : les bons réflexes
  • Pour ne pas oublier de prendre la pilule, choisissez une heure qui vous convienne et associez la prise à un geste quotidien (petit-déjeuner, brosse à dents...)
  • Soyez vigilante si vous partez à l'étranger (décalage horaire), si vous vous trompez de sens de prise des comprimés sur la plaquette, si vous vous trompez d'heure, etc.
  • Pour les plaquettes de 21 comprimés, commencez le premier jour des règles, poursuivez pendant 21 jours, arrêtez sept jours puis reprenez 21 jours, et ainsi de suite.
  • Pour les plaquettes de 28 comprimés, la prise est continue (il n'y a pas d'arrêt).

IMPORTANT : en cas de doute ou après un oubli de pilule, pensez à la contraception d'urgence ou faites un test de grossesse 21 jours après l'oubli.

Le patch contraceptif à hormones œstroprogestatives

Le patch contraceptif que l’on colle soi-même sur la peau agit en délivrant un combiné d’hormones oestroprogestatives en continu. Il doit être renouvelé chaque semaine durant 3 semaines. La quatrième semaine, en l'absence de patch et donc de diffusion hormonale, les règles surviennent.

Aussi efficace que la pilule contraceptive, le patch contraceptif diminue le risque d'oubli par rapport à la pilule.

Il ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST).

L'utilisation du patch contraceptif nécessite :

  • un suivi médical régulier au moins une fois par an ;
  • une bonne connaissance des modalités d'utilisation des patchs est indispensable pour éviter des erreurs de manipulation.

Le patch contraceptif n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie.

L'anneau vaginal à hormones œstroprogestatives

L'anneau vaginal est un anneau souple qui contient un combiné d’hormones oestroprogestatives qui diffusent à travers la paroi vaginale au contact de l’humidité et de la chaleur du vagin et passent dans le sang. Il agit en bloquant l’ovulation.

Ce dispositif est à placer soi-même dans le vagin, comme un tampon, et à laisser en place pendant trois semaines. Au début de la quatrième semaine, l'anneau est retiré, ce qui provoque l'apparition des règles.

Bien utilisé, il est aussi efficace que la pilule contraceptive et diminue le risque d'oubli par rapport à la pilule.

Il ne protège pas contre les Infections Sexuellement Transmissibles (IST).

Ce dispositif contraceptif est prescrit en seconde intention en raison de la manipulation qu’il nécessite.

L'utilisation d'un anneau vaginal nécessite un suivi médical régulier car l'anneau contient un oestroprogestatif, de forme similaire aux pilules de 3ème et 4ème générations.

L'anneau vaginal n'est pas pris en charge par l'Assurance Maladie.

Utiliser efficacement l’anneau vaginal : les bons réflexes

Lors de sa première utilisation, sans contraception hormonale antérieure, l’anneau vaginal doit être inséré le 1er jour des règles.

L’anneau vaginal conserve son efficacité durant 4 semaines maximum, pensez à en remettre un nouveau en place après la semaine durant laquelle il a été retiré.

L’anneau vaginal peut être expulsé (après un rapport sexuel, par exemple). Dans ce cas, il doit être remis en place dans les 3 heures qui suivent pour conserver son efficacité. Au-delà des 3 heures, vous devez prendre les mêmes précautions qu'après un oubli de pilule supérieur à 12 heures. Dans ce cas, pensez à la contraception d'urgence.

L'implant contraceptif progestatif

L’implant contraceptif est un bâtonnet de quatre centimètres de long et 2 mm de diamètre contenant un . Il agit en bloquant l’ovulation. Il est inséré sous la peau du bras par un médecin ou une sage-femme à l’aide d’une aiguille spéciale et peut être retiré à n’importe quel moment. Il a une action de longue durée avec une efficacité de trois ans, sans risque d'oubli.

Il ne protège pas contre les infections sexuellement transmissible (IST).

En dehors d’une visite de contrôle conseillée à 3 mois, il ne nécessite pas de suivi médical particulier.

Ce contraceptif est prescrit en seconde intention lorsqu’il existe des contre-indications aux pilules combinées oestroprogestatives ou en cas de difficultés à respecter les règles strictes de prise de la pilule.

Il est pris en charge à 65 % par l'Assurance Maladie.

Attention, une augmentation de la prise de poids peut diminuer l’efficacité de ce contraceptif. Si vous êtes en surpoids, il est conseillé de changer l'implant plus tôt, au bout de 24 à 30 mois.