Comment bien choisir sa contraception ?

09 juillet 2019
La contraception permet d'éviter une grossesse non désirée. Le choix de la méthode et son efficacité reposent sur une bonne connaissance du corps de la femme. La prescription d’un moyen de contraception est réalisée par un médecin ou une sage-femme.

Comprendre la contraception

Les méthodes de contraception, qu’elles soient hormonales, mécaniques ou naturelles, agissent sur le cycle menstruel de la femme afin d'empêcher la survenue d'une grossesse.

Le cycle menstruel est composé de 2 phases séparées par l’ovulation :

  • La phase folliculaire prépare à l’ovulation. Au cours de cette phase, l’hormone folliculo-stimulante (FSH), fabriquée par l’hypophyse, stimule les follicules ovariens pour qu’ils produisent un mature. Elle favorise également la sécrétion par les follicules des œstrogènes qui agissent sur l’épaississement de la utérine et la consistance de la . Les variations sur la durée du cycle se situent au cours de cette phase.
  • L’ovulation est provoquée par une augmentation du taux d’hormone lutéinisante (pic de LH), sous l’action des œstrogènes, entraînant la rupture du follicule et la libération de l’ovule mature qui se déplace dans les jusqu’à l’utérus.
  • La phase lutéale est la période située entre l’ovulation et l’apparition des règles. Après l’ovulation, le follicule transformé en corps jaune produit de la qui contribue à renforcer la utérine en vue de la .

Si l’ovule n’est pas fécondé, il ne s’implante pas dans l'utérus. Le corps jaune s' et le taux de diminue brutalement dans un contexte de faible production d'œstrogènes. En conséquence, la couche superficielle de la utérine se détache et s’élimine. Ce sont les règles qui signent le début du cycle suivant.

La durée d’un cycle, en moyenne de 28 jours, varie selon les femmes de 23 à 35 jours. Les éventuelles variations de la durée du cycle ont lieu, le plus fréquemment, au cours de la phase folliculaire. La durée de la phase lutéale, plus constante, est généralement comprise entre 12 et 16 jours.

La durée de vie d’un est de 24 heures et celle des spermatozoïdes de trois à cinq jours. Ainsi, la période de , en dehors de toute contraception, se situe dans les quelques jours précédant l’ovulation et jusqu’à 24 heures après.

Avec qui parler de contraception ?

La première consultation : une consultation dédiée à la prescription de la contraception

Chaque femme, chaque couple choisit son mode de contraception pour une efficacité optimale. Seul un médecin ou une sage-femme peut prescrire la contraception adaptée.

Avant toute prescription, le professionnel de santé s’assure, par un entretien et un examen clinique et gynécologique avec frottis du col de l'utérus à partir de 25 ans, qu’il n’existe pas de contre-indication au moyen de contraception choisi. Il ne faut pas oublier de communiquer toutes les informations sur sa santé ou celle de ces apparentés proches (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, diabète, troubles de la coagulation, migraine, IST...), sur ses habitudes de vie (tabagisme), et aussi sur ses pratiques sexuelles.

Chez la jeune fille, l’examen gynécologique est le plus souvent programmé pour une consultation ultérieure.

Si une contraception hormonale est choisie, un bilan sanguin est prescrit d'emblée ou de manière différée, comportant au minimum un dosage du cholestérol, des triglycérides et de la glycémie. Des examens de la coagulation sanguine sont prescrits en présence de facteurs de risque de maladie thrombo-embolique (phlébite par exemple).

Lors de cette consultation, le médecin ou la sage-femme informe le couple sur les différentes méthodes de contraception, leurs avantages et inconvénients, leur efficacité, la prévention des IST, les possibilités d'aide au sevrage tabagique...

La loi facilite l’accès à la contraception des mineures

 
Les jeunes filles mineures qui hésitent à parler de contraception à leurs parents peuvent se rendre dans le centre de planning familial le plus proche de chez elles. Des médecins sont à leur disposition pour les informer, leur parler de sexualité et, éventuellement, leur prescrire un moyen de contraception.

Pour faciliter l'accès à la contraception des jeunes filles mineures âgées de 15 à 18 ans, la loi instaure également :

  • Le tiers-payant sur la part obligatoire prise en charge par l’Assurance Maladie pour les consultations réalisées par un médecin ou une sage-femme ainsi que pour la pose, le changement ou le retrait d’un contraceptif. Cette dispense d’avance des frais sur la part obligatoire est également valable pour les examens de biologie médicale nécessaires.
  • La délivrance gratuite en pharmacie, sur prescription médicale, des contraceptifs remboursables tout en garantissant le secret.

Les consultations de suivi

Le médecin fixe la périodicité des consultations de suivi en fonction du mode de contraception choisi. Lors de chaque consultation, le choix est évalué et la méthode de contraception est changée si nécessaire.

Les contraceptifs oraux peuvent être prescrits pour une durée de 12 mois et sont délivrés par le pharmacien pour une durée de 3 mois.

Pour permettre la poursuite d’un traitement par pilule contraceptive prescrit par un médecin ou une sage-femme, il est possible, dans certaines conditions, de s’adresser à un infirmier ou à un pharmacien :

  • les infirmiers peuvent renouveler les prescriptions de pilules contraceptives datant de moins d’un an, pour une durée maximale de 6 mois ;
  • les pharmaciens peuvent effectuer des dispensations supplémentaires de pilules contraceptives, pour une durée maximale de 6 mois, si la prescription du médecin ou de la sage-femme date de moins d’un an.

Il est ensuite indispensable de consulter un médecin ou une sage-femme pour obtenir une nouvelle prescription.

Contraception et prévention des IST

La meilleure contraception est celle que la femme (ou le couple) choisit et dont elle a compris le fonctionnement. Il faut choisir sa contraception selon son mode de vie, sa personnalité, ses problèmes de santé et ses pratiques sexuelles. Ce n'est qu'à ces conditions que l'efficacité pratique se rapproche de l'efficacité théorique (Indice de Pearl).

Le choix de la contraception ne peut pas être séparé de la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), y compris le VIH. Seul le préservatif masculin ou féminin protège des infections sexuellement transmissibles (IST). Aucun autre moyen de contraception ne protégeant des IST, le préservatif peut être utilisé, si nécessaire, en association avec d’autres méthodes contraceptives.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Méthodes contraceptives : focus sur les méthodes les plus efficaces disponibles. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 5 février 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Contraception : prescriptions et conseils aux femmes. Fiche mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 5 février 2019].