Modifier ses habitudes de vie avant d'être enceinte

19 octobre 2021
Afin de vivre votre grossesse dans les meilleures conditions possibles, il convient de faire le point sur vos habitudes de vie. Alimentation, activité physique, environnement, produits toxiques… Tour d’horizon des bonnes pratiques.

Alimentation en vue d’une grossesse

Pensez à avoir une alimentation équilibrée

Pour bien se développer pendant la grossesse, le fœtus a des besoins bien particuliers. Y répondre passe notamment par une alimentation variée. Si vous avez un projet de grossesse, c’est le moment d'équilibrer vos repas et de cesser de consommer de l’alcool, très dangereux pour le fœtus dès sa conception.

Si vous êtes végane ou végétalienne, il faut compenser les éventuels manques pour bébé par des supplémentations sous forme de médicaments ou de compléments alimentaires. Il est important de faire le point dès le projet de grossesse avec un médecin pour qu’il vous en prescrive si besoin.. Ne prenez pas d’initiatives personnelles en matière de compléments alimentaires avant la mise en route d’une grossesse.

Si votre médecin ou votre sage-femme vous a prescrit de la vitamine B9, n'oubliez pas de la prendre. En effet, l’acide folique (vitamine B9), appelé aussi folates, joue un rôle important dans le bon développement du système nerveux de l’embryon. Il est essentiel à la croissance du bébé.
Les apports nécessaires en folates peuvent être fournis par l'alimentation quotidienne dans les fruits et légumes frais ou en conserve ou surgelés (épinards, cresson, mâche, melon, noix, pois chiches, châtaignes, pissenlit, levure), mais sont globalement insuffisants.

Limitez la consommation de produits alimentaires contenant des substances chimiques (additifs, pesticides…)

Adoptez quelques habitudes :

  • adoptez une alimentation variée ;
  • limitez les produits ultra transformés et cuisinez « maison » ;
  • lavez et épluchez les fruits et légumes ;
  • si vous le pouvez, préférez les aliments ayant un label bio (surtout ceux qui ne peuvent pas être épluchés).

Limitez le risque infectieux lié à une contamination des aliments 

Désormais, prenez des mesures pour éviter :

Consulter l'article " Alimentation et grossesse "

Maintenir une activité physique régulière

L'activité physique est favorable à la santé, même pendant la grossesse.

Avant la grossesse, si vous êtes en surpoids, augmentez votre niveau d’activité physique et suivez les conseils diététiques qui vous sont donnés.

Si vous avez d’importants problèmes de poids : obésité, grande maigreur (éventuellement dans le cadre d’une anorexie mentale), votre médecin vous propose une prise en charge adaptée.

Tabac, drogues : arrêter les produits toxiques avant d’être enceinte

Avant la mise en route d’une grossesse, c’est le moment de se faire aider pour arrêter de fumer. C’est le moment aussi de supprimer le tabagisme passif pour vous préserver pendant votre grossesse mais aussi pour la santé de votre futur nourrisson. En intérieur, une partie des substances de la fumée du tabac est absorbée par la moquette ou les tapis, les tissus, les papiers peints. Ils sont ensuite libérés dans l’air. Pendant la grossesse et avec l’arrivée de votre enfant, c’est zéro tabac.

Si vous prenez des substances addictives (cannabis et autres drogues), demandez de l'aide pour y mettre fin.

Améliorer son environnement avant une grossesse

Votre environnement en vue d'une grossesse : pensez à améliorer la qualité de l’air intérieur de votre domicile

Plusieurs gestes simples permettent d’améliorer la qualité de l'air intérieur.

Ventiler et aérer son domicile

  • Renouveler l’air évacue les polluants, les virus et l’humidité. N’oubliez pas d’ouvrir plusieurs fois par jours les fenêtres, été comme hiver.
  • Ne bouchez pas les aérations prévues et nettoyez-les régulièrement.
  • Maintenez une température idéale qui se situe entre 18°C et 22°C selon les pièces.

Nettoyer son domicile sans le parfumer

Pour nettoyer notre intérieur, privilégiez des produits adaptés, avec un label environnemental, limitez-en l’usage et aérez pendant et après leur utilisation. Utilisez des ingrédients traditionnels, moins agressifs pour l’environnement et la santé, sans y ajouter d’huiles essentielles : vinaigre blanc, savon noir, bicarbonate de soude… Pour dépoussiérer, utilisez des serpillières, des chiffons microfibres ou un aspirateur pour éviter de remettre en suspension dans l’air une partie des poussières.

L’utilisation des parfums mais aussi des huiles essentielles est déconseillée pendant la grossesse.

En période d’été, n’utilisez pas de répulsifs à moustiques, ni de produits chimiques pour tuer les moustiques (bombes, aérosols, diffuseurs électriques).

Vérifier ses appareils de chauffage et canalisations

  • Faites vérifier vos appareils de chauffage, de cuisson ou d’eau chaude fonctionnant au gaz, au bois, au charbon, à l'essence, au fuel ou à l'éthanol pour éviter l’intoxication au monoxyde de carbone.
  • Si vous habitez dans un immeuble ancien, vérifiez que vos canalisations ne sont pas en plomb en cause dans le saturnisme, très dangereux chez la femme enceinte.

Travaux et aménagement de la chambre de bébé : attention

  • Ne prévoyez pas de travaux dans votre domicile pendant votre future grossesse. De nombreux produits toxiques sont émis.
  • Prenez des précautions pour la chambre de votre futur enfant. Il est important de finaliser l’aménagement de la chambre de votre enfant bien avant sa naissance et de l’aérer souvent pour évacuer les polluants émis lors de la réalisation d’éventuels travaux.

Projet de grosssesse : limitez le contact avec les perturbateurs endocriniens.

Un perturbateur endocrinien est une substance, qui altère la production de certaines hormones et, de ce fait, induit des effets néfastes dans un organisme intact ou chez sa progéniture.

Certaines de ces substances peuvent perturber la reproduction et nuire à la fertilité ou perturber le développement du fœtus.

De nombreuses substances chimiques synthétiques sont considérées comme perturbateurs endocriniens. Les plus connues sont :

  • les parabènes contenus dans certains produits d’hygiène ;
  • le bisphénol A dans certains articles en plastique, revêtements internes des boîtes de conserve ;
  • les phtalates présents dans le plastique mou ;
  • des pesticides comme la chlordécone ;
  • des retardateurs de flamme dans les meubles rembourrés ;
  • des composés perfluorés dans certaines casseroles antiadhésives ;
  • du Triclosan dans des déodorants ou des dentifrices.

Il existe aussi des perturbateurs endocriniens d’origine naturelle comme les phytoestrogènes présents notamment dans le soja ou certaines huiles essentielles.

Ces substances pénètrent dans l’organisme en mangeant, en respirant ou par contact avec la peau. Le niveau de danger de ces substances est très variable.

Les études menées auprès de la population ont montré une augmentation de certaines maladies (cancers, troubles neurodéveloppementaux, hormonaux ou immunitaires…) et une diminution de la fertilité et des anomalies du développement du fœtus.

Au quotidien, diminuez votre exposition aux perturbateurs endocriniens en étant vigilante sur votre alimentation ou l’usage des produits du quotidien (entretien, produits de beauté…) Pensez-y lorsque vous faites vos courses !

  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français. Examen prénuptial ECN 2018. 3ème édition Elsevier Masson
  • Haute Autorité de santé. Consultation préconceptionnelle. Site internet : HAS Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 30 septemre 2021]
  • Santé publique France. Perturbateurs endocriniens. Site internet : Santé publique France. Saint Maurice (France) ; 2019 [consulté le 30 septemre 2021]
  • Centre de référence sur les agents tératogènes Hôpital Trousseau. Site internet : CRAT. Paris ; 2018 [consulté le 30 septemre 2021]