Le diagnostic, le traitement et l'évolution de la constipation

06 juin 2018
Le plus souvent, le médecin traitant diagnostique les causes de la constipation par l'interrogatoire et l'examen clinique. Il prescrit des règles hygiéno-diététiques et si nécessaire un laxatif. La constipation évolue en général vers la guérison.

Le diagnostic de la constipation

Votre médecin traitant vous interroge sur vos habitudes de vie, les facteurs en cause dans votre constipation, le retentissement sur votre vie quotidienne et sur les médicaments que vous prenez.

Le plus souvent, l’examen clinique est suffisant pour poser le diagnostic de constipation et pour en trouver l'origine.

Si votre médecin recherche une maladie particulière, il peut vous demander de faire des examens complémentaires.

Le traitement de la constipation de l'adulte

Dans la constipation habituelle, ne relevant pas d’une maladie particulière, votre médecin vous prescrit des règles hygiéno-diététiques. Il peut être amené à modifier un traitement en cours si l'un des médicaments est en cause dans la survenue de la constipation.

Si nécessaire et après échec des mesures hygiéno-diététiques, votre médecin vous prescrit un traitement par laxatifs.

Votre médecin vous propose un traitement médical adapté à votre situation et à votre état de santé : il existe des contre-indications à l’utilisation de certains laxatifs.

On distingue principalement en fonction de leur moyen d'action :

  • les laxatifs osmotiques (macrogol, lactulose, lactitol, , magnesium hydroxyde) qui ramollissent les selles en attirant de l'eau dans l'intestin ; ils sont souvent utilisés en première prescription. Ils agissent après un ou deux jours d’utilisation. Ils peuvent être responsables de douleurs et ballonnements abdominaux ;
  • les laxatifs de lest (ispaghul, ispaghul-séné, gomme de sterculia, psyllium) qui augmentent de volume en présence d'eau et modifient la consistance des selles. Ils nécessitent de boire beaucoup pour être actifs. Il faut souvent plusieurs jours pour qu’ils agissent bien. Ils ont peu d’effets indésirables ;
  • les laxatifs lubrifiants (paraffine liquide, ispaghul-paraffine, paraffine-hydroxyde de sodium, docusate de sodium) qui facilitent l'émission des selles en facilitant le glissement et en ramollissant le contenu de l'intestin. Ils agissent en moins de 3 jours mais peuvent être responsables de suintements au niveau de l’anus ;
  • les laxatifs stimulants (bisacodyl, dérivés du séné, picosulfate de sodium) qui augmentent la motricité intestinale. Ils agissent en quelques heures. Ils doivent être prescrits médicalement sur une courte durée en raison de leurs effets secondaires en usage à long terme : accoutumance et diminution du taux de potassium dans le sang en raison de la perte digestive ;
  • les laxatifs par voie rectale : suppositoires ou lavements (glycérine, glycérol, bisacodyl, tartrate acide de potassium-bicarbonate de sodium, -citrate de sodium-laurilsulfoacétate de sodium, docusate de sodium, dihydrogénate de sodium- hydrogénophosphate de sodium, acide cholique). Ils déclenchent un besoin d’aller à la selle par stimulation en quelques minutes.

Si vous constatez des effets indésirables secondaires à votre traitement, il est possible de les atténuer. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Une rééducation périnéale peut être nécessaire dans certains cas de constipation.

Dans les constipations relevant d’une maladie, le traitement est d’abord celui de la cause.

L'évolution de la constipation

L’évolution dépend du type de constipation rencontrée.

La constipation cesse.

Une constipation passagère disparaît, le plus souvent, en même temps que sa cause (voyage, prise de médicament), ou grâce à une bonne hygiène alimentaire.

La constipation chronique, bien traitée, évolue également vers la guérison.

Lorsque la constipation est la conséquence d’une affection particulière, son amélioration passe par le traitement de la maladie en cause.

La constipation se complique.

En l’absence de prise en charge, des complications peuvent survenir.

Les efforts répétés de poussée peuvent aggraver :

D'autres complications peuvent apparaître, en particulier chez la personne âgée :

  • une (arrêt des gaz et de selles) ;
  • une incontinence anale (émission involontaire de gaz ou de selles) ;
  • une rétention urinaire (impossibilité d'uriner alors que la vessie est pleine) due à l'accumulation de selles dures dans le rectum qui comprime les voies urinaires ;
  • une ulcération rectale responsable de rectorragies.

Attention aux abus de laxatifs

Si vous abusez de certains laxatifs vous risquez des complications dues :

  • à l'accoutumance qui augmente le phénomène de constipation, plutôt que de le régler ;
  • à la perte de capacité de votre tube digestif à absorber les (due à l'accélération de la vitesse de passage des aliments dans le tube digestif) ;
  • à la perte d'eau, de vitamines et de sels minéraux (en particulier le potassium) par les selles, surtout si les laxatifs sont associés aux (utilisés par exemple en cas d'hypertension artérielle).
Sources
  • Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE). Conseil de pratique constipation. Site internet : SNFGE. Paris ; 2018 [consulté le 24 mai 2018]
  • Worldgastroenterology organisation (WGO). Constipation. Site internet : WGO. Milwaukee (USA) ; 2010 [consulté le 24 mai 2018]
  • Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE). Prise en charge du syndrome de l'intestin irritable. Site internet : SNFGE. Paris ; 2016 [consulté le 24 mai 2018]
  • National Health Service (NHS). Constipation. Site internet : NHS choices. Londres ; 2017 [consulté le 24 mai 2018]