Symptômes, diagnostic et évolution de la cholécystite aiguë

08 juin 2017
De fortes douleurs abdominales et un état fiévreux sont parfois le signe d’une cholécystite aiguë. Après la consultation médicale, une échographie abdominale et d’autres examens confirment le diagnostic.

Les symptômes

La cholécystite aiguë se manifeste par divers symptômes :

  • La colique hépatique : c’est une douleur abdominale soudaine, puis de plus en plus forte, qui peut durer plusieurs heures. Elle siège dans le creux de l’estomac ou sous les côtes, du côté droit, irradiant vers l’épaule et l’omoplate. Elle peut également dans certains cas être transfixiante et atteidre le dos. Elle est augmentée par la respiration.
  • Une fièvre supérieure à 38,5 °C : elle s’accompagne souvent de frissons.
  • Des nausées.

La consultation médicale et les examens complémentaires

La consultation médicale

En présence de ces symptômes, la consultation médicale est urgente.

Le médecin traitant palpe l' du patient dans l’espace situé sous les côtes, du côté droit. Si ce geste provoque une douleur qui bloque l’inspiration, le médecin évoque une cholécystite aiguë et demande alors des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic.

Les examens complémentaires radiologiques

Ces examens sont réalisés en urgence afin de ne pas retarder la prise en charge thérapeutique.

L'échographie abdominale est l’examen le plus approprié pour confirmer la présence d’une cholécystite aiguë. L’association de deux constats permet de poser le diagnostic :

  • le passage de la sonde de l’échographe sur l’abdomen en regard de la vésicule déclenche une douleur qui bloque l’inspiration,
  • l’examen révèle la présence de calculs dans la vésicule biliaire, un épaississement des parois de la vésicule biliaire et la présence d'un peu de liquide autour de la vésicule biliaire.

 L’échographie fait également le point sur l’état de la vésicule et des canaux biliaires.

L'écho- est utile dans certains cas. Cette échographie spécifique est réalisée lors d’une digestive haute. L’endoscope est introduit par la bouche. Cet examen permet d'étudier de plus près la vésicule et le .

Le scanner ou l'IRM ne sont nécessaires que dans les formes compliquées de cholécystite aiguë.

Les analyses sanguines

Elles montrent des signes biologiques d’inflammation et d’infection (élévation de la CRP ou/et une augmentation des globules blancs de type polynucléaires neutrophiles). Les tests hépatiques sont le plus souvent normaux. Une hémoculture peut être faite à la recherche d'un germe dans le sang.

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L’évolution de la cholécystite aiguë

En cas de cholécystite aiguë, le traitement chirurgical et médical assure le plus souvent une guérison en deux semaines environ.

Cependant, la maladie peut évoluer vers des complications si le traitement ne démarre pas suffisamment tôt :

L'angiocholite est une infection aiguë et grave de la voie biliaire principale (le cholédoque). Les calculs formés dans la vésicule en sortent par le canal cystique puis arrivent dans le cholédoque qu'ils obstruent. Le cholédoque fusionnant avec le canal de Wirsung en provenance du avant de s'aboucher dans le tube digestif, il y a alors un risque grave de aiguë c'est-à-dire d'inflammation du .

L’angiocholite se manifeste par des douleurs abdominales, une fièvre élevée et un ictère (jaunisse). Elle impose une hospitalisation d’urgence, la mise sous antibiotiques et l’ablation de la vésicule, par ou par laparotomie (ouverture large de la paroi abdominale, sous les côtes).

L’inflammation de la paroi de la vésicule biliaire peut entraîner sa perforation. Si l' de liquide purulent se constitue autour de la vésicule, c'est un abcès péri-vésiculaire. Si le contenu vésiculaire se déverse dans la cavité de l’abdomen, le (membrane tapissant la cavité abdominale et les organes) est infecté à son tour. C'est la péritonite biliaire.

Abcès péri-vésiculaire et péritonite biliaire nécessitent un traitement en urgence.

La maladie évolue "à bas bruit" : elle se manifeste par des nausées à répétition et des vomissements. Cette situation nécessite une ablation de la vésicule biliaire sous , sans qu’il y ait urgence à intervenir.

Il faut noter que, compte tenu de la prise en charge rapide de la cholécystite aiguë, les complications aiguës sont devenues rares de nos jours.

Sources
  • Rebibo L,  Sabbagh C, Mauvais F,  Regimbeau J M. Traitement chirurgical de la cholécystite aiguë lithiasique. EMC - Techniques chirurgicales - Appareil digestif 2016;11(1):1-17 [Article 40-925]
  • Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE). Infection des voies biliaires principales. Site internet : SNFGE. Paris ; 2006 [consulté le 8 juin 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Guide du bon usage des examens d'imagerie médicale. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (Paris) ; 2005 [consulté le 8 juin 2017]
  • Payen JL, Muscari F. La cholécystite aiguë lithiasique, diagnostic, critère de gravité, traitement. Site internet : Association française de formation médicale continue en hépato-gastro-entérologie. Paris ; 2011 [consulté le 8 juin 2017]