La consultation et le traitement des cervicalgies aiguës

22 août 2017
L’examen du médecin traitant est en général suffisant en cas de cervicalgies aiguës. Cependant, des examens complémentaires sont utiles dans certaines situations (« coup du lapin », récidive des douleurs, résistance au traitement…)

La consultation pour cervicalgie aiguë

Le médecin examine son patient et détermine avec lui :

  • les circonstances de la douleur et ses horaires ;
  • le trajet que suit la douleur ;
  • l’intensité de la douleur et l’efficacité des antalgiques (paracétamol, AINS ou aspirine) éventuellement pris ;
  • les muscles qui sont contractés ;
  • le niveau de gêne dans les mouvements ;
  • la gêne professionnelle ;
  • les symptômes associés (sensations vertigineuses, maux de tête…)

Si le médecin porte le diagnostic de cervicalgie aiguë commune, il est inutile de faire des examens complémentaires.

Cependant, après un traumatisme ("coup du lapin", par exemple), des examens radiologiques peuvent être prescrits pour vérifier l'absence de fracture(s) ou d'autres lésions.

En dehors du contexte traumatique, un bilan radiologique est indiqué :

  • si la douleur et la raideur sont intenses d'emblée ;
  • dans un second temps, en cas :
    • de résistance au traitement médical bien respecté,
    • d'aggravation clinique.

Des radiographies sont également justifiées avant la réalisation d'un geste local (mobilisation du rachis...)

Selon la situation, le médecin peut juger utile de prescrire d'autres examens (scanner, IRM...) s'il existe des signes évoquant une maladie à l'origine des troubles (spondylarthrite ankylosante...)

Le traitement

En cas de cervicalgies aiguës, le médecin peut prescrire à son patient en plus des recommandations pratiques concernant son mode de vie :

  • des médicaments pour soulager la douleur : en première intention il s'agit le plus souvent de paracétamol ou d'un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). Si le soulagement est insuffisant, le médecin peut prescrire un antalgique destiné à traiter des douleurs plus intenses : l'association paracétamol/codéine, le tramadol et l'association paracétamol/tramadol peuvent notamment être utilisés. En cas de contractures musculaires douloureuses, des peuvent également être prescrits ;
  • un collier cervical en mousse qui peut être utile de manière provisoire au début lorsque les douleurs sont les plus intenses. Il n'est pas gardé plus d'une semaine en général en raison du risque d'accoutumance et d'amyotrophie des muscles du cou en cas de port prolongé ;
  • quelques séances de kinésithérapie si nécessaire (massages, mobilisations, exercices actifs).

Différentes techniques peuvent être utilisées en kinésithérapie :

  • l' , les et les infrarouges semblent avoir un effet positif lorsqu'ils sont associés à d'autres méthodes de kinésithérapie. En revanche, leur utilisation de manière isolée n'a pas été évaluée ;
  • le et la magnétothérapie (technique utilisant des aimants à visée antalgiques) ne sont pas recommandés ;
  • les tractions vertébrales réalisées par un professionnel compétant, en 'absence de contre-indications, peuvent être bénéfiques à court terme ;
  • le massage doit être utilisé avec d'autres techniques de kinésithérapie. Il ne doit pas constituer à lui seul la base du traitement ;
  • les techniques de mobilisations actives ou passives et les techniques de contracté-relâché sont recommandées ;
  • les manipulations vertébrales cervicales font l'objet d'une formation spécifique. Elles sont efficaces à court terme et lorsqu'elles sont associées à d'autres traitements. Les effets secondaires liés aux manipulations sont peu fréquents, mais peuvent être graves. Elles doivent donc être précédées d'un examen médical et réalisées en respectant les nombreuses contre-indications. Les manipulations sont en particulier contre-indiquées dans les six semaines suivant un traumatisme ("coup du lapin", par exemple).
Prise en charge de la kinésithérapie dans la cervicalgie aiguë commune

Au-delà de 15 séances de rééducation d’un épisode de cervicalgie aiguë « commune », l’accord préalable du médecin conseil de l’Assurance Maladie est nécessaire avant de poursuivre la rééducation.

Cet accord est également nécessaire à partir de la 31e séance, si 30 séances pour cervicalgie commune ont été prises en charge dans les 12 mois précédents.

La place du repos dans la cervicalgie aiguë

En cas d'activité professionnelle du patient, un arrêt de travail n’est pas toujours nécessaire.

Les situations bénignes ne nécessitent en général pas d’arrêt de travail.
Si le médecin prescrit du repos, la durée de l'arrêt de travail est adaptée au type d'emploi et à l'importance des symptômes. Le médecin tient compte de :

  • la nature du travail. Si le travail est sédentaire, l’interruption de travail n’est pas systématique. Si le travail est physique avec notamment port de charges lourdes au-dessus de la tête, ou si le travailleur exécute des mouvements répétés de flexion-extension du cou, l'arrêt est adapté à la lourdeur du travail (de 3 à 15 jours en moyenne) ;
  • l'âge et la condition physique de la personne concernée ;
  • l’intensité de la douleur et la réponse au traitement ;
  • la durée et les conditions de transport.

Les activités répétitives avec port de charges lourdes (notamment au-dessus de la tête) doivent être évitées pour ne pas aggraver les symptômes et prévenir les récidives. 

Pour faciliter la reprise du travail, une consultation précoce du médecin du travail permet si nécessaire, la mise en place d'une adaptation ou d'une modification temporaires du poste de travail.

En cas de travail sédentaire, une attention particulière doit être accordée au bon positionnement du poste de travail, notamment de la chaise, du bureau, du clavier, de l’écran d’ordinateur et de l’éclairage. Si nécessaire, une adaptation ergonomique du poste de travail peut être envisagée

L'évolution des cervicalgies aiguës

En fonction des personnes, les cervicalgies évoluent plus ou moins favorablement.

Les cervicalgies communes guérissent habituellement en quelques jours.

Les "coups du lapin" bénins guérissent souvent plus lentement et généralement sans laisser de séquelle.

Les récidives de cervicalgies aiguës sont possibles. Lorsque cela arrive, il est utile de rechercher une mauvaise position, prise sans y prendre garde de façon prolongée, par exemple, dans le milieu professionnel ou durant les loisirs.

Lorsque les douleurs de la nuque persistent depuis au moins six mois, on parle de "cervicalgies chroniques". La principale cause est l'arthrose des vertèbres cervicales.

Cependant, plus de la moitié des personnes qui présentent une arthrose cervicale sur les radiographies ne manifestent pas de douleurs.

Certains facteurs psychologiques et sociaux peuvent également ralentir l’évolution vers la guérison (tensions professionnelles, tensions familiales, forte inquiétude face à la douleur…)

De même, certaines personnes en raison de leur profession sont plus exposées aux cervicalgies chroniques. En effet, les postures prises au travail (par exemple, maintenir une position fixe de la tête et du cou plus de 20 heures par semaine) peuvent participer à la survenue des cervicalgies chroniques. 10 % des salariés seraient concernés, notamment ceux qui travaillent sur un écran d'ordinateur. Les cervicalgies chroniques font partie des troubles musculosquelettiques.

Sources
  • Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM). Prise en charge des douleurs de l’adulte modérées à intense - Mise au point. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2011 [consulté le 22 août 2017]
  • Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés. Arrêt de travail. Cervicalgie non spécifique, après avis de la HAS. Paris ; 2010 [consulté le 22 août 2017]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Rééducation dans les cervicalgies non spécifiques sans atteinte neurologique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 22 août 2017]
  • Roux C-H, Bronsard N. Cervicalgie commune et névralgies cervicobrachiales. EMC - Appareil locomoteur 2016;11(2):1-17 [Article 15-831-A-10]